Marti : « On ne peut pas effacer cette saison ! »

  • Laurent Marti
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CORONAVIRUS - Malgré la tempête, le président de l'UBB garde son sang-froid. Il fait un point sur la situation des clubs professionnels de rugby et sur les perspectives qui s'offrent à eux.

On vous a entendu tenir des propos alarmistes en parlant du « bord du gouffre ». Peut-on refaire un point sur les dommages de l'épidémie de coronavirus sur le fonctionnement d'un club de Top 14 ?

C'est facile à comprendre. Si vous mettez bout à bout tous les manques à gagner, il y a de quoi s'inquiéter. Je pense au recettes guichets, aux recettes de la buvette, aux prestations offertes aux VIP, au merchandising. Imaginez tout l'argent qu'on va perdre ou plutôt qui ne rentrera pas . J'allais oublier les recettes des quarts de finale européens à domicile et les recettes liées à ceux qui vont continuer les phases finales de la Coupe d'Europe. Pour les clubs comme par exemple l'UBB, Toulouse, La Rochelle qui sont dans l'économie réelle, le coup peut-être très très dur.

On suppose que vos réserves ne suffiraient pas à surmonter ça...

Evidemment, et il faut ajouter une chose. Que vont dire nos abonnés et nos partenaires ? Ils nous ont versés de l'argent en avance pour vivre des matchs qui sont en suspens et qui n'auront peut-être jamais lieu. Mais je le reconnais, de ce point de vue-là, les premières réactions sont plutôt favorables.

Mais la LNR va prendre des mesures financières pour vous aider, non ?

Oui mais à mon avis, la LNR ne pourra pas tout compenser en redistribuant l'argent mis de côté dans ce qu'on appelle la caisse de blocage, financée par les recettes des demies et de la finale du Top 14. Il ne faut pas se faire d'illusions.

Pouvez-vous nous rappeler les mesures que vous avez prises pour votre club ?

Nous sommes en chômage partiel, les joueurs et le staff ne devaient plus venir au club à partir de lundi. Ils ne sont plus salariés du club officiellement.

Quel est l'avantage de cette solution ? L'Etat va -t-il payer une partie du salaire des joueurs ? On voit le chiffre de 84 pour cent circuler. C'est l'conomie que vous allez faire ?

Non, il faut comprendre une chose : cette mesure permet aux clubs d'économiser en gros les charges sociales qui pèsent sur chaque salaire. Pour les joueurs, ça ne change pas grand-chose finalement.

Une réunion de la LNR est prévue mercredi. Quelle décisions va-t-elle générer ?

Je ne sais pas si on doit s'attendre à des décisions spectaculaires ou décisives. Imaginez que deJsts mesures de confinement soient décidées (la discussion a eu lieu lundi après-midi, NDLR) Je pense que nous allons parler des dates butoirs et des différents scénarios possibles.

Justement, parlons du sportif. Qu'est ce qui se dessine au sujet de l'épilogue de ce Top 14, dont votre club est premier ?

J'ai une conviction. On ne peut pas, on ne doit pas effacer cette saison. Trop de matchs ont été joués (17, NDLR). Quelque-chose doit en ressortir. Après, il faudra examiner les intérêts de tous les clubs selon leur position au classement. Après, si on ne peut vraiment plus jouer , et bien on ne jouera plus. Mais j'espère qu'il n'y aura pas des thèses comparables à celles défendues par Jean-Michel Aulas en football qui veut geler la saison en cours, c'est à dire la considérer comme une saison blanche. L'équité sportive me semble encore une valeur qu'on doit respecter même si je pense bien sûr à la situation sanitaire et au contexte économique.

Est ce que votre expérience de chef d'entreprise vous sert dans une situation comme celle-ci ?

Oui quand on se lance dans les affaires et qu'on prend des responsabilités, la première chose qu'on apprend, c'est que des coups durs, on en vit tous les jours. Alors, on s'accroche, sinon on s'effondre.

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