Arnald : « La fin justifie les moyens »

  • Pierre ARNALD - 31.01.2016 - Toulon / Stade Francais - 14e journee de Top 14
    Pierre ARNALD - 31.01.2016 - Toulon / Stade Francais - 14e journee de Top 14 Jean Christophe Magnenet / Icon / Jean Christophe Magnenet / Icon
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« Le rugby vit au-dessus de ses moyens, mais paradoxalement… il en a les moyens. Offrir des salaires à plus d’un million d’euros annuel pour un joueur, ça peut choquer. Mais le rugby doit être attractif. Pour ça, il faut des joueurs qui brillent. Pourquoi le football ou la NBA sont attractifs ? Parce qu’il y a des joueurs très bien payés, qui se paient de belles voitures… Et ça fait rêver les gens. C’est malheureux à dire, mais si tu ne gardes pas ces stars, tu ne fais pas rêver. On a besoin de ces têtes d’affiche pour faire rayonner le rugby. La fin justifie donc les moyens.

Alors certes, quand une crise comme celle-ci intervient, on peut se poser la question. Mais Jacky Lorenzetti, Mohed Altrad ou encore le Docteur Wild n’auront aucune difficulté à "remettre au pot" après cette crise. Ce qui serait dangereux, c’est que ces investisseurs se retrouvent en difficulté. Or, ce ne sera pas le cas. Lorenzetti, Altrad et Wild sont suffisamment solides pour absorber la crise. Toutefois, il y a deux castes de clubs dans le rugby français. Certains, comme le Racing 92, Montpellier ou le Stade français ne sont pas dans une économie réelle. C’est vrai aussi dans le football. Quand un état est propriétaire d’un club, il n’est pas dans une économie réelle. Mais, face à une telle crise, c’est finalement une force. Dès lors que l’actionnaire est suffisamment solide, le club n’est pas en danger. Des clubs comme le Racing 92, Montpellier, le Stade français ou encore Biarritz, Nevers ou même Rouen en Pro D2 sont sur ce modèle. Ils n’ont pas d’assise forte à l’échelle des partenaires locaux, ils se reposent sur un actionnaire principal puissant. C’est pourquoi ces clubs-là traverseront cette crise sans difficulté. Déjà en temps normal, ces clubs sont en vie grâce à un mécène. Ils ne vivent pas dans la même économie que les autres. Pour eux, rien ne changera. Et puis, il y a des clubs comme Pau, Clermont, Toulouse, Bordeaux-Bègles qui sont dans une économie réelle. Ce sont ces clubs qui vont être les plus impactés. Mais à mon avis, il n’existe pas forcément de risque majeur. Ces clubs-là vont trouver des capitaux pour renforcer leur structure. J’en suis convaincu. Ce sont des clubs que j’appelle des "Trophy assets", des clubs où il y a une forte reconnaissance sociale. Des investisseurs vont afficher leur intérêt pour entrer au capital. Évidemment, cela peut changer le pouvoir des clubs. Un exemple ? Au Stade toulousain, l’association est le décideur le plus puissant mais elle pourrait perdre un peu de son pouvoir. Lors de la dernière crise subie par ce club, l’association n’a pas voulu abandonner un peu de ce pouvoir. Elle a préféré vendre des droits marketing pour dix ans. Cette fois, peut-être qu’elle sera contrainte d’accepter de nouveaux actionnaires. Et Fiducial, par exemple, ne rêve que d’investir davantage au Stade toulousain. Si l’association n’a pas le choix, Fiducial pourrait prendre un peu plus de pouvoir en même temps qu’il sauve le club. Cet exemple vaut pour beaucoup d’autres cas, en France. »

Propos recueillis par Arnaud Beurdeley
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