La FFR débloque 35 millions d'euros pour sauver le rugby français

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    La FFR débloque 35 millions d'euros pour sauver le rugby français Midi Olympique
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En pleine crise du Coronavirus et avec de lourds impacts économiques à craindre pour le rugby français, professionnel comme amateur, la FFR s'apprête à enclencher un plan Marshall de sauvetage. A la clé, 35 millions d'euros qui devront venir en aide au rugby français.

C'est une action d'une ampleur sans précédent que s'apprête à lancer la FFR. Un véritable plan Marshall du rugby, à l'image de ce qu'avaient mis sur pied les Américains après la seconde guerre mondiale pour relancer l'économie de l'Europe de l'ouest. En pleine crise du Coronavirus et alors que le rugby français est sous la menace, à tous ses étages, de lourdes pertes économiques, la FFR devrait annoncer dans les heures qui viennent un plan de sauvetage à hauteur de 35 millions d'euros.

Une première mesure phare avant le déclenchement d'une série de réunions de crise, dès ce lundi, où Laporte et son équipe fédérale veulent associer aux réflexions des représentants de la LNR et des présidents de club professionnel, sous la forme d'un comité d'orientation stratégique. Le début d'une union sacrée ? La situation, d'extrême urgence, l'impose. L'effort, en tout cas, est sans précédent. Et tous les clubs devraient en profiter, du plus petit au plus gros. En voici le détail.

Suppression des prélèvements pour cette fin de saison

Alors que les compétitions du rugby sont à l'arrêt, emmenant son économie avec elles, tous les clubs restaient soumis aux prélèvements mensuels de la FFR pour cette saison 2019-2020. Ce ne devrait plus être le cas à compter du mois d'avril et sans report de ces cotisations à plus tard, la Fédération tirant un trait pur et simple sur ces revenus pour ne pas reporter à demain les difficultés d'aujourd'hui. Un manque à gagner approchant la dizaine de millions d'euros pour la FFR, qui laisse cet argent à disposition des clubs.

La « caisse de blocage » redistribuée

Parmi les montages financiers qui existent dans les arcanes financières de l'institution fédérale, on trouve une « caisse de blocage », mise en réserve pour venir en aide aux clubs en difficulté pour assurer le transport de leurs équipes en fin de saison. Cette « caisse », en réalité un compte bancaire, contient aujourd'hui près de 4 millions d'euros. Lesquels seront reversés et répartis dans les prochains jours entre les différents clubs du rugby amateur français.

La licence 2020-2021 au seul profit des clubs

Chaque saison, la somme « péage » collectée auprès de chaque licencié FFR pour pouvoir s'inscrire dans un club est ensuite répartie entre le club et sa fédération. Ce ne sera pas le cas la saison prochaine (2020-2021). Pour participer à la relance économique de ses clubs affiliés, la FFR leur laissera l'intégralité de la somme versée par le licencié. Un manque à gagner de l'ordre de 15 millions d'euros pour l'institution fédérale.

La LNR exemptée de sa réversion de solidarité

Au titre de la solidarité que se doit d'avoir le monde professionnel pour les clubs amateurs, une réversion annuelle de la LNR vers la FFR avait été actée et insérée dans la dernière convention 2018-2023 signée entre les deux parties. Elle prévoyait un versement à la fin de chaque saison, pour un montant total de 22 millions d'euros sur la période (4,4 millions d'euros par an). Pour cette saison 2019-2020, la FFR fera sans. Soit 4,4 millions d'euros sur lesquels pourront compter la LNR et ses clubs affiliés, dans une situation de crise qui n'épargne évidemment pas les structures professionnels.

La Tournée en Argentine vraisemblablement annulée

Avant même d'en savoir plus sur les volontés de la LNR et sa possible demande d'utiliser le mois de juillet pour terminer ses championnats de Top 14 et Pro D2, Bernard Laporte devrait plaider, ce lundi à World Rugby, l'annulation de la tournée du XV de France en Argentine. Ce n'est pas la plus rentable des annonces à venir mais, symboliquement, elle marque une prise de conscience très nette de la situation critique dans les sphères fédérales.

Alors que des clubs sont en menace de faillite, il aurait été difficilement accepté dans l'opinion public du rugby que les Bleus passent trois semaines en Amérique latine, avec tous les coûts que cela impose. Si World rugby est souverain sur ce dossier et aura le dernier mot, il semble peu probable que l'instance suprême s'oppose à cette annulation de la tournée, au regard de la situation sanitaire actuelle.

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