• Éric de Cromières (président de Clermont)
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Top 14

Cacophonie, risques et péril

Alors que l’entente cordiale et l’unité de façade entre les clubs de Top 14 avaient été édictées en règles, les premières tensions publiques sont apparues depuis le week-end dernier.

Depuis le début, le mot d’ordre, pour les clubs de Top 14, est d’avancer groupés. Les présidents, réunis par téléphone il y a deux semaines, ont choisi d’adopter une position commune et, malgré les opinions divergentes, de renvoyer une image d’unité. L’alliance fut plutôt harmonieuse au départ même si les débats et lobbyings ont fait rage en aparté. Mais l’union déclarée s’est fissurée le week-end passé. S’il n’est plus président de Toulon, Mourad Boudjellal a mis ces tensions en lumière en invitant sur Twitter le manager de l’Union Bordeaux-Bègles Christophe Urios, qui avait donné sa formule préférentielle pour la fin de saison dans L’Équipe, "et les autres [à] juste fermer vos gueules sur le problème de la reprise du Top 14." Quelques jours plus tôt, le nouveau directeur sportif de Montpellier, Philippe Saint-André, s’était aussi positionné et avait été repris de volée par… Urios ! La sortie de Boudjellal a également valu une réaction du président d’Agen Jean-François Fonteneau toujours sur Twitter : "Notre cher Mourad, que j’aime parfois pour ses bons mots, a la mémoire courte."

Coup de gueule de De Cromières

En coulisses, nombreux sont ceux qui se sont offusqués des divers positionnements déclarés, motivés pour beaucoup par l’intérêt personnel et non collectif. "C’est presque indécent face à la situation", nous confiait un dirigeant de club à ce sujet. Surtout, ce début de cacophonie faisait voler en éclat l’entente et les promesses initiales. Alors le président de Clermont Éric De Cromières s’est à son tour insurgé sur le site internet de son club en début de semaine : "Les présidents travaillent et cherchent des solutions. Ce qui n’est pas admissible, c’est de lire les avis de personnes qui ne sont pas présidents de club et se permettent de donner leur avis. Je pense notamment à Philippe Saint-André ou Christophe Urios. Les présidents font attention à ne pas exprimer leur avis, ce ne sont pas à leurs adjoints de s’exprimer sur le sujet. Philippe Saint-André est dans son club depuis une quinzaine de jours, je ne vois pas ce qu’il a à dire et à quel titre il le fait." Saillie là aussi virulente, destinée à rappeler les rôles édictés : "Il n’est pas question d’un combat de coqs ni d’intérêts égoïstes de chaque club mais d’une cause commune pour terminer cette saison de la meilleure des manières. Laissons travailler les présidents de clubs, entre eux, ils sont assez raisonnables et conscients de ce qu’ils portent qui va bien au-delà d’une simple saison sportive. Les coachs peuvent, et c’est le cas ici en tout cas, donner leur avis en interne, mais je pense qu’ils devraient s’abstenir de le faire de manière publique." Cela n’a pas suffi à ramener à la raison quand chacun souhaitait peser dans la balance. Et ces désaccords, exprimés ici et là, ont trouvé un écho lors de la réunion de mercredi soir (voir ci-dessus). La cohésion est-elle vraiment impossible ?

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