Bégay : « Clubs et entrepreneurs : on ne lâchera pas, gardez le cap »

  • Patrice Bégay, Directeur exécutif de BPIFrance
    Patrice Bégay, Directeur exécutif de BPIFrance BPI France
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Patrice Bégay, Directeur exécutif de BPIFrance, revient sur la crise sanitaire provoquée par le Coronavirus et qui impacte le monde du rugby comme le monde de l'entreprenariat. 

Expliquez-nous le détail du dispositif de prêt à taux 0 % que la Banque publique d’investissement propose aux entreprises pour faire face à la crise ?

Tout d’abord, je dois vous dire que nous venons de vivre la plus longue semaine depuis très longtemps. Une semaine pour préparer le plan extrêmement ambitieux d’aide aux entreprises porté par Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie et des Finances, avec le concours de la Fédération Bancaire Française et de Bpifrance. En une semaine, les choses se sont concrétisées. Je dois saluer la performance et l’engagement de toutes les banques en France, qui sont mobilisées sur le terrain. Ensemble, nous avons réussi à mettre en place une infrastructure qui permettra d’aider les entreprises. La plateforme a tenu face aux volumes pourtant considérables. Comme l’a rappelé Emmanuel Macron, le Président de la République un double défi, sanitaire et économique, est devant nous. La France a tous les atouts pour surmonter ce défi : elle dispose d’infrastructures de qualité, d’une puissance publique d’un grand professionnalisme et peut compter sur ses forces vives comme notamment les entrepreneurs, leurs salariés et leurs partenaires banquiers.

Qu’en est-il concrètement ?

Le Prêt Garanti par l’État (PGE) est ouvert à tous, PME, TPE, artisans ou indépendants. Ils ont droit à un prêt d’un montant pouvant aller jusqu’à 25 % du chiffre d’affaires annuel. Il est accordé par la banque, avec le concours de Bpifrance et la garantie de l’État. L’entreprise peut demander le remboursement immédiat ou l’étaler sur cinq ans. Dans la pratique, les entreprises intéressées doivent se rendre à leur banque qui étudiera leur demande, et se connecter ensuite sur le site de Bpifrance pour obtenir un numéro de dossier unique qui devra être au banquier. On peut cumuler les prêts.

Y a-t-il d’autres opportunités ?

Oui, l’offre de prêt « Rebond », une mesure exceptionnelle Covid-19. Elle doit permettre aux entreprises qui rencontrent des difficultés conjoncturelles de renforcer leur trésorerie et cela en partenariat avec les Régions qui font également un travail extraordinaire sur le terrain. Le montant du prêt « Rebond » est au plus, égal au montant des fonds propres et quasi fonds propres de l’emprunteur (de 10 000 à 300 000 €) d’une durée de 7 ans, dont 2 ans de différé d’amortissement en capital et amortissement financier du capital. Il y a aussi pour d’autres besoins, le prêt « Atout ». Je vous recommande pour ces prêts Bpifrance, de vous rapprocher du chargé d’affaires Bpifrance dans votre région.

On vous sent déterminé…

Très. Nous mettons tout en œuvre pour aider les entreprises au milieu de la crise qu’engendre le Coronavirus. C’est une priorité absolue et ce pourquoi je prône l’union sacrée. Tout le monde doit pousser ensemble, derrière ce même objectif : sauver les entreprises et les salariés. Pour cela, j’ai un principe : la santé avant tout, la production malgré tout et le bon sens par-dessus tout.

Vous parlez des entreprises, mais ces dispositifs sont également ouverts aux clubs professionnels. Certains présidents de Top 14 ou de Pro D2 ont-ils déjà activé les solutions proposées ?

Ces dispositifs s’adaptent à toutes les entreprises et donc aux clubs de rugby à partir du moment où ils sont constitués en société. Toutes les entreprises françaises, tous les Français qui exercent une activité indépendante, ont plus jamais besoin que de l’écoute et de conseils de leurs partenaires dont leurs banquiers. Reporter des échéances de prêt ou accorder à un professionnel un Prêt Garanti par l’État pour soulager sa trésorerie sont des actions tout simplement vitales pour tous les partenaires de nos clubs, artisans, commerçants, professions libérales, PME industrielles ou micro-entrepreneurs. Donc, il est important d’aller voir votre banque habituelle pour le Prêt Garanti par l´État.

Des Fédérations ou Ligue se sont-elles rapprochées de vous ?

Je vous le redis : toutes les entreprises du monde sportif peuvent être intéressées. Pour moi, il est déjà l’heure de penser à la reprise. Ces derniers jours, j’ai longuement échangé avec des actionnaires ou des présidents de fédérations, ligues ou clubs qui sont nos partenaires dans le rugby, le basket, le football, le hand, le hockey, le water-polo ou le volley et même des personnalités terrain fortes et engagées en Région comme Lilla Merabet et Jean-Paul Omeyer, Vices-Président sur le Grand Est. J’ai entendu leurs questions, leurs problématiques et leurs inquiétudes. J’ai pu mesurer à quel point la situation pouvait être grave dans certaines circonstances. Ce sont parfois des pans entiers du sport amateur, et même professionnel, qui menacent de s’effondrer. Sans aide, cela va être très compliqué.

Êtes-vous inquiet pour l’après ?

Je suis d’une nature optimiste. La situation est assez terrible et les excès de certains clubs remontent à la surface. Je félicite le travail des clubs, des institutions, de l’Etat, de toutes les Régions, des collectivités, villes ou partenaires privés. Toutes les mesures que nous prenons ensemble doivent servir les territoires et répondre aux besoins vitaux qui font jour. L’engagement de chacun va nous permettre de rebondir et, une fois de plus, les énergies créatrices sont en région.

Un mot sur le sportif : faut-il, selon vous, reprendre le Top 14 et le Pro D2 afin de terminer la saison actuelle  ?

Tout dépendra évidemment de la durée du confinement. Mon principe, et j’y reste attaché, c’est la santé d’abord. Il y a des millions de vies à sauver. C’est notre priorité. Regardons ce qui se passe chez nos amis espagnols, italiens ou ailleurs, pensons aux joueurs et aux supporters. La santé d’abord ! S’il faut arrêter la saison, faisons-le. On aura tout le temps de se retrouver tous ensemble, dans quelques mois, autour des terrains. Ne brûlons pas les étapes et respectons ce qui est demandé par l’État ou les Régions.

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