Toulon-Bègles 1991 : ce que Laporte en disait

  • Bernard Laporte (président de la FFR) nous raconte son match contre Toulon lorsqu'il joué avec Bègles en 1991
    Bernard Laporte (président de la FFR) nous raconte son match contre Toulon lorsqu'il joué avec Bègles en 1991 Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Bernard Laporte était bien sûr un acteur du sulfureux Toulon-Bègles de 1991. Il était le demi de mêlée et capitaine du CABBG, qui sera champion de France quelques semaines plus tard.

Bernard Laporte a témoigné de ce fameux huitième de finale, notamment dans son autobiographie : « Au bout de mes rêves » sortie en 2003 aux Éditions Robert Laffont« Je sais que c’est un match qui a marqué les esprits et qui fait beaucoup parlé », explique le futur président de la FFR. « On était jeunes, on commençait à être un petit peu connus, on était arrogants. On avait des résultats. On était costauds. Toulon véhiculait les images du combat, de la férocité, etc. que les journalistes nous attribuaient à nous. Donc il y a eu une opposition. Les Toulonnais ne voulaient pas qu’on prenne ces valeurs et ces vertus..... Et donc il y a eu un véritable combat, un véritable affrontement. »

En tant que capitaine, Laporte eut donc le privilège d'être le premier à éprouver l'accueil des Toulonnais. « Je retrouve Eric Champ dans le vestiaire de l’arbitre. Là, je comprends qu’il va se passer quelque chose de pas ordinaire, comme un raz de marée. Durant plusieurs minutes, il me fixe de son regard noir, impavide. Aucune trace d’amour dans ses yeux ! Pas un mot, pas un geste ; il ne lorgne même pas le lancer de pièce et je suis persuadé qu’il n’écoute pas davantage le discours de l’arbitre. » A l'évocation du match, Laporte ne joue pas les matamores. « Pour la première fois de ma vie – la dernière aussi – j’ai eu peur sur un terrain, confessa-t-il. Ce n’est pas une peur physique, c’est plus grave. Un sentiment désagréable m’envahit à la pause. Je me rends compte qu’il n’y a plus de limites, de règles. Ça dépassait le raisonnable. J’ai vu des coups de pied dans la tête de joueurs qui sont horribles à voir. Il y a eu des agressions verbales, des agressions physiques, des choses qui sont tout sauf ce que doit être un match de rugby. »

Mais il y a eu un match de retour à Musard. Bernard Laporte s'en souvient très bien. « On a vécu une semaine de folie Il n’y avait plus de places dès le lundi midi. On savait que ça allait être énorme. On était partis se mettre au vert et pour nous, c’était des grands moments. On est arrivés avec l’idée de les défoncer tellement ils nous avaient mal à l’aller. On se disait : « non, non, ils ne vont pas arrêter notre ascension ». Les Girondins s'imposent 22-6, sans coup férir, dans un match sans aucun incident. La FFR avait dépêché trois arbitres internationaux pour encadrer ce match, une compagnie de CRS aussi avait fait le déplacement. « Nous revêtons une autre dimension, conclut Laporte.  Nous ne faisons plus seulement peur. A ce moment, la route vers le sacre s’ouvre. » 

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