Baisse des salaires : l’inévitable couperet

  • L’horizon ne s’éclairicit pas vraiment pour le rugby tricolore. Les instances ont beau multiplier les réunions et consultations, rien de très concret n’est pour l’instant sur la table des négociations.
    L’horizon ne s’éclairicit pas vraiment pour le rugby tricolore. Les instances ont beau multiplier les réunions et consultations, rien de très concret n’est pour l’instant sur la table des négociations. / Sportsfile / Icon Sport
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Les championnats professionnels sont à l’arrêt depuis plus d’un mois en raison de la propagation du coronavirus pertes chaque semaine, les clubs sont privés de recettes et perdent des dizaines voire des centaines de milliers d’euros mesures. En parallèle de toutes les négociations sur la reprise des compétitions et les futurs championnats, plusieurs décisions fortes sont en réflexion pour préserver l’économie du rugby. Les salaires des joueurs, le principal poste de dépense des clubs de Top 14 et Pro D2, sont forcément concernés. Reste à voir dans quelles proportions.

En cette inédite période de crise "socio-économico-sanitaire", tous les sujets ou presque donnent lieu à divergences entre les présidents : les conditions de reprise de la saison, les modalités d’accession ou encore les formules des championnats pour l’avenir. Mercredi dernier, pendant les trois heures de leur visioconférence, les dirigeants du rugby pro hexagonal ont débattu et se sont même écharpés sur ces épineuses thématiques.

Une question a, en revanche, mis tout le monde d’accord : celle des salaires. Toutes les parties prenantes se sont rejointes sur la nécessité de revoir à la baisse les rémunérations des acteurs de ce jeu. Comment pourrait-il en être autrement quand, chaque semaine, le rugby professionnel français voit des millions d’euros s’envoler ; quand les budgets sont d’ores et déjà annoncés à la baisse à court et moyen terme ; quand la question même de la survie de clubs fonctionnant sans mécène se pose, en toile de fond ? En ces temps de vache maigre, l’effort tient de la logique, de la raison voire de la survie.

La Ligue 1 va décider cette semaine

Il suffit de jeter un coup d’œil autour pour finir de se convaincre de l’utilité de la mesure, par-delà le symbole. Des vedettes de la NBA au Barça de Leo Messi en passant par les rugbymen anglais, la majorité des sportifs d’élite ont acté ou discutent de l’allègement contraint de leur feuille de paie.

En Ligue 1 de football, le processus doit être validé dans les jours à venir : "Nous allons avoir une réunion la semaine prochaine pour valider un accord que l’UNFP (le principal syndicat de footballeurs professionnels français, N.D.L.R.) a négocié avec les représentants et qui permettra de montrer que les joueurs auront une action très importante au niveau des salaires, déclarait, en milieu de semaine dernière, Philippe Piat, son président. Nous voulons bien que les joueurs participent à des réductions momentanées ou définitives de salaire mais cela ne doit pas être l’unique variable d’ajustement des problèmes financiers du football. "

Définir une position commune

En Top 14, où le salaire chargé des rugbymen représentait 54 % des charges d’exploitation des clubs (63 % pour l’ensemble des frais de personnel), en 2017-2018, les rémunérations constituent un levier évident à activer pour aider tout ce petit monde de traverser la tempête. Dans ces colonnes, ici même, lundi dernier, Robins Tchale-Watchou avait ouvert la voie à cette éventualité : "Les joueurs, comme l’ensemble des acteurs du rugby professionnel, contribueront aux efforts à faire pour préserver notre écosystème", avait avancé le président de Provale, le syndicat des joueurs. Du côté des représentants des clubs, la réflexion est engagée en coulisses, depuis quelques semaines. Avec un but : définir une position commune avant d’arriver à la table des négociations.

A compter de ce lundi, les premières réunions paritaires doivent se tenir pour parvenir à un consensus. Avec des impératifs de temps. Le championnat est arrêté depuis plus d’un mois et nul ne sait quand il reprendra ses droits. En attendant, le rugby professionnel vit plus que jamais au-dessus de ses moyens.

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