Le rugby fou des réseaux !

  • Nans Ducuing
    Nans Ducuing DR / DR
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    Le rugby fou des réseaux !
  • Sur les réseaux sociaux, Nans Ducuing, l’international bordelais redouble d’originalité pendant le confinement. Comme à son habitude, l’Australien Matt Giteau n’est pas en reste alors que Laurent Cardona se lance dans un sketch plein d’autodérision et Jean-Pierre Elissalde nous gratifie de petites facéties. Photos personnelles
    Sur les réseaux sociaux, Nans Ducuing, l’international bordelais redouble d’originalité pendant le confinement. Comme à son habitude, l’Australien Matt Giteau n’est pas en reste alors que Laurent Cardona se lance dans un sketch plein d’autodérision et Jean-Pierre Elissalde nous gratifie de petites facéties. Photos personnelles
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Alors que le rugby est à l’arrêt pour son volet sportif, ses acteurs s’en donnent à cœur joie pour divertir leurs réseaux sociaux, sur lesquels ils redoublent d’inventivité. De tout temps, le rugby a cultivé cet esprit de dérision, avec des ambianceurs de belle tenue dans chaque vestiaire où il est de bon ton de ne pas se prendre trop au sérieux. En manque de contenu pour animer leur communauté de supporters, les clubs sautent sur l’occasion et trouvent là un peu de communication positive.

C’est le rayon de soleil du rugby français actuel. Notre coin de ciel bleu, nos bulles de plaisir. De quoi parle-t-on ? Des réseaux sociaux et de la présence plutôt réussie des acteurs de l’ovalie. Eux qui nous livrent des messages, souvent des vidéos, sans autre prétention que d’amuser la galerie. En maintenant ainsi le contact, ils nous ramènent finalement à l’essentiel. Et ça fait du bien.

Nous sommes loin des maladresses commises par les cousins du football, par exemple, quel que soit le canal de communication avec lequel ils jonglent. Nous sommes loin des commentaires acerbes de Jean-Michel Aulas sur Twitter ou des "lives" insultants de Karim Benzema sur Instagram à propos de son ancien coéquipier en équipe de France, Olivier Giroud. Nous sommes à des années-lumière des "stories" surréalistes qui racontent le confinement de Neymar dans sa villa au Brésil ; un lieu qui ressemble à un parc d’attractions où l’on piétine allègrement le principe de distanciation sociale… En comparaison, le monde ovale est plutôt pertinent et bienveillant. D’ordinaire ultraconservateur (souvenez-vous de la récente affaire Marler, ou du scandale qu’avait déclenché Jaco Peper, l’arbitre du quart de finale de Coupe du monde France – Galles, en posant au milieu des supporters gallois), le rugby "profite" du confinement pour développer une image positive et gonfler sa cote de sympathie sur les "RS" (traduisez réseaux sociaux).

En mode "Autodérision "

Chez les joueurs, nombreux se sont mobilisés pour venir en aide financièrement aux hôpitaux ; ils n’ont pas tous mis la main au porte-monnaie mais ont lancé des cagnottes. Dès la suspension du Top 14, certains autres ont partagé quelques images (toujours courtes) des séances de sport qu’ils s’infligeaient à leur domicile, manière d’inciter les gens à rester chez eux. Quelques-uns, enfin, ont chassé l’ennui en jouant sur la case humoristique, grâce à des petits films scénarisés et totalement décalés. L’oscar du meilleur acteur revient au Bordelais Nans Ducuing. Avec un vrai talent, l’arrière de l’UBB régale sa communauté et celle de son club. Il perpétue ainsi la tradition des rugbymen joyeux drilles, parfaits enfants de la balle.

Plus inattendu, les arbitres ont fait preuve d’une belle autodérision. Le jeune Johan Pechard, qui officie chez les féminines, a réalisé un sketch sur un arbitrage d’éternuements pas conformes avec les gestes "barrière". Son aîné, Laurent Cardona a écrit, filmé et joué un film de trois minutes diffusé sur Facebook où il parodie les commentateurs télé d’un match de Top 14 et où il est lui-même acteur de son propre rôle d’arbitre. Savoureux. " J’ai appelé Marc Lièvremont et je lui ai envoyé le film, pour avoir son avis. Je me moquais aussi de lui… Il a été très sympa et a bien compris que ce n’était que de l’humour" témoignait Laurent Cardona, ce mercredi. L’homme au sifflet nous a avoué "consommer" pas mal de réseaux sociaux en ce moment. Il juge ses pairs inspirés. "L’état d’esprit de notre sport transpire sur ces vidéos. C’est artisanal, mais toujours bienveillant. Et le plus souvent très drôle, je trouve."

Les clubs aussi ont perçu que les plateformes étaient un moyen de conserver un lien avec leurs supporters. Du coup, ils encouragent leurs joueurs à se mettre en scène, dans des situations de leur quotidien. Et à partager avec le plus grand nombre leur vie en confinement. Ce mouvement n’est pas limité au monde professionnel. Les amateurs aussi y vont de leurs challenges, parfois loufoques. Ainsi, les éducateurs de l’école de rugby de Saintes (Charentes) ont lancé à leurs jeunes joueurs le défi de passer un drop entre des poteaux fabriqués en papier toilette, pieds nus. À charge pour eux de partager les tentatives en vidéos. De telles initiatives se multiplier. "Si elles peuvent nous faire sourire quelques secondes par jour, c’est gagné" tranche Laurent Cardona. Un bel exemple à suivre…

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