Angleterre : ne pas perdre le magot de BT Sport

  • Premiership - Brad Barritt (Saracens) contre les Leicester Tigers
    Premiership - Brad Barritt (Saracens) contre les Leicester Tigers PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport
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On phosphore énormément outre-manche. Un passage à treize avec les Saracens reste du domaine de l'informel. Mais les clubs ne veulent surtout pas perdre la manne de BT Sport. Priorité des priorités.

Le championnat anglais n'est guère plus avancé que le Top 14, excepté sur un plan. On est sûr que Newcastle jouera la saison prochaine en première division . Pour le reste, les spéculations vont bon train. Selon nos informations, des discussions ont même imaginé que le prochain Premiership pourrait se jouer à …. treize avec maintien des Saracens (un comble), tout ça parce que de la D2 professionnelle serait dissoute, faute de moyens. On passerait donc de l'élite au rugby amateur. Tout ceci a été évoqué avec une certaine prudence et de façon informelle, mais ça souligne à quel point les clubs anglais se sentent au bord du gouffre.

On n'en est pas encore là. Pour l'instant, la compétition est suspendue jusqu'au 26 avril, mais tout porte à croire que le confinement en Grande-Bretagne sera prolongé. Mais on sent chez les clubs anglais une impatience de reprendre la compétition le plus tôt possible même si ça doit être à huis-clos. La plus grande crainte, c'est que BT Sport le diffuseur du championnat, ne revoit son contrat à la baisse. Le rugby lui a enlevé onze semaines de retransmissions et les relations ne sont pas les mêmes que celles de Canal + et du Top 14. Il a déjà fait des remises à ses abonnés pour compenser l'absence de sport en direct sur ses antennes. On sait que les chaînes payantes sont aussi en pleine souffrance, avec des abonnés et des annonceurs qui s'en vont. Même le mastodonte Sky serait en difficulté. En 2018, BT a signé pour 140 millions de livres (159 millions de livres).

Une première solution a été examinée : offrir à BT un grand événement fin août pour déterminer le champion 2020, une sorte de mini tournoi à quatre sur un seul lieu : Twickenham forcément. Bon côté : BT n'aurait pas trop de frais à engager pour mettre en scène sa réalisation. Mauvais côté : les douze clubs ne seraient pas impliqués, même si on peut penser que les quatre (?) autres feraient un geste pour partager la recette.

Autre option : organiser une coupe à élimination directe en septembre, pour offrir une mini compétition à BT sport, tout en retardant le début de la saison 2020-21. Cette fois, les douze clubs seraient impliqués. Cette quête du soutien de BT explique pourquoi la RFU et PRL ne veulent pas annoncer la fin de la saison actuelle. Elles conservent encore l'espoir de la prolonger d'une façon ou d'une autre, mais tout le monde s'est fait à l'idée qu'il sera difficile de reprendre l'entraînement avant le 1er juillet, vu les mesures sanitaires, non seulement le confinement mais aussi l'interdiction des rassemblements. Il faudrait alors reprendre le 1er juillet et organiser une vraie pré-saison.

On rappelle que les clubs ont déjà décidé des baisses de salaires et même des congés sans solde dans le cas de Newcastle. Steve Landsdown, président-propriétaire de Bristol a commenté : « Nous savions que notre modèle était fragile, comme le football d'ailleurs mais à un degré moindre. Nous payons de gros salaires, compensés par les dépenses des supporteurs aux guichets et dans nos boutiques et par les droits télévisés. Quand soudainement, vous n'avez plus de match, les gens et les télés n'ont plus de raisons de vous payer. Notre situation, c'est que nous n'avons plus de revenus depuis début mars. Dans toutes les autres affaires dans lesquelles je suis impliqué, nous avons des sources de revenus récurrentes qui permettent de limiter les dégâts, même en temps de crise. A nous de nous creuser la tête pour trouver une autre façon de faire. »

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