Jauzion, l'agriculteur moderne

  • Légende du Stade Toulousain et du XV de France, Yannick jauzion, s'est maintenant lancé dans la production de ginseng.
    Légende du Stade Toulousain et du XV de France, Yannick jauzion, s'est maintenant lancé dans la production de ginseng. - Dave Winter / Icon Sport
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Ancien trois-quarts centre international depuis la fin de sa carrière professionnelle en 2013, Yannick Jauzion s’est lancé, avec "jardins d’occitanie", dans la production de ginseng. Une aventure à la fois éthique et éco-responsable, qui répond à la demande des consommateurs d’aujourd’hui.

Comment en êtes-vous arrivé à vous intéresser à la production de ginseng et à investir dedans à la fin de votre carrière sportive ?

Déjà, en tant que joueur professionnel au Stade toulousain, il m’arrivait, comme mes coéquipiers, de prendre des produits à base de ginseng. À titre personnel, je trouvais cela intéressant car j’appréciais les effets que cela me procurait. Ensuite, deux entrepreneurs de Toulouse ont eu l’idée de pouvoir cultiver du ginseng. Ils m’en ont fait part et, au vu de mon expérience et de mon cursus dans le milieu agricole, notamment à l’école de Purpan (à Toulouse, N.D.L.R.), il m’a semblé que c’était séduisant pour ma reconversion de me lancer dans ce projet. "Jardins d’Occitanie" est le premier producteur européen de ginseng, donc c’est une aventure forcément passionnante, même s’il existe évidemment des barrières dans ce genre de filières. En tout cas, tout est parti de là me concernant.

Vous parliez de votre parcours et votre cursus dans le milieu agricole. Quel est-il exactement ?

Je dois déjà rappeler que mes parents ont une exploitation agricole dans le Tarn. J’ai donc décidé par la suite de postuler à l’école d’ingénieur agricole de Purpan, après le Baccalauréat. Je l’ai intégrée, puis j’ai mené de front ma carrière de rugbyman et l’école pendant trois années. Derrière, il est vrai que je n’ai pas directement utilisé le diplôme d’ingénieur agricole car je poursuivais ma carrière de sportif de haut niveau. Mais il me semblait pertinent d’avoir une formation différente de ceux qui ont fait les sports-études ou autres. Je me doutais que cela me servirait un jour.

Vos racines agricoles vous aident-elles dans votre activité aujourd’hui ?

Oui, c’est évident. De manière générale, le milieu agricole est très formateur, notamment en termes de valeurs et d’apprentissage de la vie. C’est un milieu qui me plaît, un milieu de passionnés avant tout. Même si les conditions sont parfois difficiles, avec par exemple les aléas de la météo, les gens sont heureux et fiers d’exercer ces métiers.

Vous avez évoqué tout à l’heure les effets que le ginseng vous procurait quand vous étiez joueur de rugby. Pouvez-vous préciser lesquels ?

Globalement, le ginseng est un tonifiant. Puis cela joue sur l’immunité et les fonctions cognitives. Il y a également tout un tas d’effets quand on l’associe avec d’autres plantes. En clair, c’est une plante adaptogène dont on parle, puisque les effets sont justement assez variés. On appelle aussi ça la racine de la longévité. Je connaissais donc ce produit et, lorsqu’on a m’a proposé de participer à ce projet, j’étais bien sûr convaincu et je me disais que cela pourrait être intéressant pour moi, et notamment pour valoriser mon diplôme d’ingénieur agricole.

À travers cette voie, vous avez donc choisi de vous lancer sur un produit très naturel et votre production est d’ailleurs bio…

Tout à fait. De toute façon, on le cultivait en bio mais on ne le vendait pas forcément en bio au début. Mais, quand on observe et qu’on se rend compte que les consommateurs veulent voir l’appellation bio sur le produit, on s’adapte. Nous avons donc effectué les démarches pour cela. On fait par exemple du désherbage manuel ou mécanique.

Cela s’est-il accompagné d’une forme de prise de conscience écoresponsable de votre côté ?

Oui, c’était un peu dans l’air du temps et il faut avouer que les mentalités évoluent sur ce sujet. On doit donc les accompagner à notre échelle. Voilà aussi pourquoi on fait des produits propres et qu’on essaye, à travers notre marque de fabrique à "Jardins d’Occitanie", de se démarquer des produits qui viennent de l’Asie. Ceci autant sur les méthodes culturales que l’on maîtrise car c’est nous qui les faisons, que sur les façons de transformer le produit. Il est propre et c’est, à mon sens, plus intéressant de travailler ainsi. Cela participe de notre éthique et donc d’un engagement écoresponsable. Certains consommateurs le souhaitent et il faut les écouter. Nous ne sommes par exemple par sur des extraits de ginseng mais plutôt sur le broyage d’une racine où on conserve tout. On tente de mettre cela en avant. Quand on va sur les salons, on apporte nos propres racines fraîches pour les faire goûter. Je trouve que c’est enrichissant comme démarche.

Insistez-vous aussi sur l’aspect local de la production ?

Oui, et je crois que c’est aussi un sujet important dans la société aujourd’hui. Il est vrai qu’on réalise des produits à base de ginseng pur mais on fait aussi des mélanges avec d’autres plantes et, en l’occurrence, on travaille uniquement avec des producteurs et des partenaires qui sont dans le coin. On n’essaye pas d’aller chercher des plantes qui sont en Amérique du Sud ou autres, même si on peut le faire.

À quel public vous adressez-vous ?

Toutes formes de publics. Les personnes du troisième âge sont intéressées pour la vitalité et l’immunité. Les chefs d’entreprise en ont besoin car ils sont surmenés à droite à et à gauche. Puis les sportifs forcément, qui sont dans une optique de performance. C’est assez général et c’est bien de pouvoir s’adresser à beaucoup de monde.

Sentez-vous que la demande, dans le milieu sportif, a évolué ?

Il est certain que ça évolue. Les joueurs essayent d’optimiser leurs performances, pas forcément individuellement mais aussi par le biais de l’équipe dans laquelle ils jouent. Or, ils regardent effectivement ce qui pourrait compléter au mieux leur alimentation et je sais, pour en avoir discuté avec certains d’entre eux, qu’ils se rendent compte que les produits protéinés classiques, ça va un moment… Ils sentent bien qu’il y a besoin d’autre chose de plus pointu. Cela va dans le sens de la volonté du commun des mortels mais les sportifs sont les premiers à prendre des vitamines et des fortifiants.

Cette tendance à se tourner de plus en plus vers des produits naturels, la sentiez-vous déjà quand vous jouiez encore ?

Pas vraiment. C’est surtout vrai depuis cinq ou six ans, notamment parce qu’il y a eu une forme de médiatisation qui allait avec. À mon époque, je ne ressentais pas forcément de mon entourage de sportif le besoin d’avoir des produits naturels. Mais disons que c’est justement une évolution positive.

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