Des phases finales sous conditions : épisode 3, sportivement, quelle pub pour le rugby ?

  • Baptiste Couilloud (Lyon) lors de la demi-finale contre Clermont lors de la saison 2018-2019
    Baptiste Couilloud (Lyon) lors de la demi-finale contre Clermont lors de la saison 2018-2019 Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Si elles constituent d’ordinaire la meilleure publicité possible pour le Top 14, les demi-finales 2020 risquent malheureusement d’échapper à la règle, pour des questions d’ordre technique.

Il n’est un secret pour personne que ses phases finales incarnent le joyau du rugby français. Mieux, depuis que la LNR eut l’idée de les regrouper en un lieu unique, les demi-finales constituent depuis quelques saisons le meilleur vecteur de communication du Top 14. Ce qui pourrait malheureusement ne pas être le cas cette année, où il s’agira d’attaquer le menu de la saison par le dessert...

Pourquoi ? Tout d’abord pour des raisons purement rugbystiques… Les matchs de début de saison sont généralement très faibles d’un point de vue technique, entre ballons tombés et fautes répétés. Logique, , puisque tout professionnels qu’ils soient, les joueurs ont besoin de digérer le longues coupures qui permettent certes de régénérer les corps, mais font perdre quelques réflexes et autres repères. Alors, peut-on décemment attendre des joueurs du Top 14 qu’ils évoluent à leur meilleur niveau et rendent un spectacle convenable, qui plus est au mois d’août, lorsque les rencontres se disputeront dans des conditions caniculaires ?

Et puis, il faut aussi évoquer l’aspect de la préparation physique. Malgré toute la meilleure volonté du monde, il semble inévitable que les rugbymen se présenteront loin de leur état de forme optimal. Jamais en effet les préparateurs physiques n’ont eu à gérer une coupure aussi longue (deux mois et demi en cas de reprise de l’entraînement à la fin du confinement le 11 mai), qui plus est sédentaire, les joueurs confinés n’ayant pu s’infliger ni séances de course dignes de ce nom, encore moins de musculation, l’intégralité des joueurs professionnels ayant inévitablement subi une énorme perte de masse musculaire… Pas idéal, vous en conviendrez, en matière de prévention des blessures, certains spécialistes avançant dès aujourd’hui qu’il faudrait "quatre ou cinq mois" de préparation pour ramener les joueurs à leur meilleur niveau. D’autant qu’on ignore, encore aujourd’hui, dans quelles conditions sanitaires les joueurs pourront reprendre l’entraînement ! Autant d’inconnues qui constituent qu’on le veuille ou non un cocktail explosif, entre faible niveau technique et risques de blessures accru, susceptible de générer in fine une vraie contre-publicité aux yeux du grand public.

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