Lambey : « Un club aura son nom gravé sur le Brennus »

  • Felix LAMBEY of Lyon during the European Rugby Champions Cup, Pool 1 match between Lyon and Benetton Treviso on December 7, 2019 in Lyon, France. (Photo by Romain Biard/Icon Sport) - Felix LAMBEY - Matmut Stadium - Lyon (France)
    Felix LAMBEY of Lyon during the European Rugby Champions Cup, Pool 1 match between Lyon and Benetton Treviso on December 7, 2019 in Lyon, France. (Photo by Romain Biard/Icon Sport) - Felix LAMBEY - Matmut Stadium - Lyon (France) Icon Sport / Icon Sport
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Le co-capitaine du Lou voit ces phases finales comme une opportunité. Même si certains points le laissent perplexe...

Quel regard portez-vous sur ce projet de phases finales en août ?

Je suis un peu partagé. D’un côté je suis content car ces phases finales pourraient nous permettre de finaliser cette belle saison pour nous. De l’autre, je m’interroge. Comment cela va se faire ? Dans quel état physique serons-nous ? Avec du public ou sans ? Est-ce que le titre sera aussi beau que d’habitude ? Après, cela me donne quand même un espoir car en tant que deuxièmes du championnat, c’est une saison où nous sommes susceptibles d’aller chercher quelque chose.

Espérez-vous que ce scénario soit validé par le Ministère ?

Je ne suis pas médecin et je ne peux pas dire si l’on sera capables ou même autorisés à jouer des matchs de haut niveau. Il n’en reste pas moins que si on m’en donne la chance, j’ai très envie de la saisir et d’essayer d’aller chercher le titre. Ce serait fantastique pour le club.

Dans quel état de forme physique vous trouvez-vous en ce moment ?

(il souffle) Je suis un peu dans l’inconnu... Je m’entraîne, je fais des choses différentes et je cours pas mal. Donc je pense avoir toujours le souffle et l’endurance. Ce qui m’inquiète, c’est le plan musculaire. Je suis inactif une bonne partie de la journée et même si je fais de la musculation, je ne dispose que de quatre haltères, d’un poids de 20 kgs et un assault-bike donc c’est assez limité. Je ne peux pas vraiment travailler avec de lourdes charges sur les muscles inférieurs, avec des squats chargés par exemple.

Selon vous, de combien de temps auriez-vous besoin pour vous sentir prêt à rejouer ?

Pour moi, ce que l’on vit est encore pire que des vacances. Il nous faudrait une présaison complète.

Pire que des vacances ?

Oui, dans le sens où l’on est beaucoup plus actif en vacances qu’en ce moment: généralement on se balade, on visite des lieux, on bouge, on s’entretient... on se dépense, quoi ! J’estime qu’il nous faudrait environ six semaines de travail avant de rejouer.

Ces phases finales impliqueraient aussi de jouer avec les effectifs de la saison prochaine, ce qui signifie que vous perdriez toute votre troisième ligne avec les départs de Gill et Fearns, ainsi que la retraite de Puricelli...

Oui, et l’on perdrait aussi Jean-Marcellin Buttin à l’arrière... Au delà de perdre tous ces bons joueurs, je suis aussi et surtout très déçu pour eux. Bien qu’ils aient participé à toute la saison et ne pourraient pas vivre ces phases finales avec nous. Et ça, c’est très dur.

Comment intégrer les recrues en un temps record ?

C’est vrai que cela risque d’être particulier pour eux. Arriver dans un club et jouer un titre sur deux matchs... Il va falloir qu’ils prennent conscience de l’importance de ces rencontres. Ce sera une préparation particulière, c’est sûr. J’imagine que l’on sera focalisé à 100% sur ces phases finales, que l’on ne parlera que de ça. C’est une situation inédite.

Vous pourrez, en revanche, compter sur le retour de Mathieu Bastareaud...

Oui et c’est une excellente nouvelle. Après, j’espère déjà qu’il arrivera à prendre l’avion pour nous rejoindre. Mais avec la retraite de Julien Puricelli, on a besoin d’un nouveau mec devant qui possède beaucoup d’expérience, de charisme. Je suis très heureux de son retour, c’est vraiment une bonne chose.

Comment entretenez-vous le lien au sein de l’équipe ?

On a divisé l’équipe en trois ou quatre groupes pour faire des activités, car à cinquante, tout devient plus compliqué. Avec les applications visio, on se retrouve en ligne pour s’entraîner entre nous mais aussi avec des supporters. On a fait de la pâtisserie, une dégustation de vin est également prévue. Cela nous permet de garder le contact entre nous ainsi qu’avec nos supporters et partenaires. Eux aussi en ont besoin.

Ne sera t-il pas difficile, sur le plan psychologique, de trouver la hargne pour disputer ces phases finales ?

Cela ne m’inquiète pas. On va faire une grosse préparation pendant laquelle on ne pensera qu’à ça tous les jours. On est conscient des efforts que l’on a fait pour en arriver là. Cette place de deuxième, on l’a méritée. Ce qui m’inquiète davantage, c’est l’après...

C’est-à-dire ?

L’équipe championne n’aura qu’une semaine pour rebondir après son titre. Un titre, c’est un moment important dans une carrière, cela se respecte et cela se savoure. Mais là, les finalistes n’auront qu’une semaine avant de réattaquer la saison suivante. Et quand on sait l’importance des débuts de saison... Mais on ne peut pas tout avoir. Il faudra faire des concessions. Physiquement, ce sera dur. Mais mentalement, on y sera. Si on nous donne cette opportunité, on la saisira. Bien sûr, certains diront que ce titre n’a pas la même valeur qu’un autre, mais qu’importe. Un club aura quand même son nom gravé sur le Brennus... Et puis, cette place en demie, on ne l’a pas volée.

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