Andreu, la vie de château

  • Benjamin Andreu et son épouse ont racheté une bâtisse en ruine dans le Médoc pour relancer une activité viticole. Les premières vendanges sont prévus pour cet automne.
    Benjamin Andreu et son épouse ont racheté une bâtisse en ruine dans le Médoc pour relancer une activité viticole. Les premières vendanges sont prévus pour cet automne.
Publié le / Mis à jour le

Ancien demi de mêlée passé par les trois clubs de Bordeaux, Benjamin Andreu s’est lancé comme défi professionnel de produire un vin bio, en plein milieu d’un terroir réputé dans le monde entier : le Médoc.

Pour produire un vin bio d’appellation Médoc, Benjamin Andreu a choisi la vie de château ! Un beau cadeau d’anniversaire pour celui qui, ce vendredi, fête ses 43 ans. Son ancienne vie de rugbyman pro lui a permis - notamment par son passage dans les trois entités rugbystiques de l’agglomération bordelaise, le CABBG, le SBUC et l’Union Bordeaux-Bègles, dont il sera le premier capitaine - de se faire un début de réseau dans le monde viticole. Il cherche alors une opportunité. Son pécule en poche (quelques centaines de milliers d’euros), il va mettre à profit son passage au Pays Médoc Rugby (Fédérale 1) comme entraîneur-joueur, club issu de la fusion de Lesparre et de Pauillac, pour tisser des relations avec un terroir tourné quasi exclusivement vers la culture de la vigne.

Il y a un peu plus de quatre ans, il acquiert ce qu’il reste du domaine de Boyentran, une ancienne belle bâtisse en ruine, et ses 5 hectares de vignes arrachées, qui bénéficiait autrefois de la prestigieuse AOC Médoc. Tout est à reconstruire. "C’est le défi d’une vie, un vrai projet familial. J’ai rangé les crampons, posé le ballon ovale et je me suis d’abord attelé à rendre vivable la maison. Comme on dit, il y a un vrai potentiel mais surtout des travaux", témoigne-t-il. Puis en 2018, il replante les vignes. "La coopérative Uni-Médoc m’a beaucoup aidé, en détachant aussi un technicien pour m’apprendre le métier. J’ai un Brevet de technicien agricole, des parents paysans mais dans les céréales et l’élevage laitier. J’ai dû apprendre un métier. Mes voisins, qui sont viticulteurs, m’ont aussi enseigné les ficelles."

Tant et si bien qu’en septembre, à la troisième feuille, il vendangera pour la première fois le produit de son travail et le fera mettre en bouteille pour vinification. "Le monde du vin est très contrôlé. J’ai choisi de produire en bio et il y a toute une charte à respecter mais cela me va. Ce sont les valeurs que nous avons avec mon épouse Lucie. Le projet va devenir réalité, détaille-t-il, avec beaucoup d’enthousiasme. Depuis trois ans, nous n’avons pas compté nos heures. Nous sommes partis de loin ! La maison ressemblait davantage à un tas de pierre. Nous n’étions pas les seuls à croire en nous mais pas loin. C’est en train de devenir réalité." Pour le nom, Benjamin Andreu n’a pas tranché. Reprendre la dénomination Château Boyentran ? "On me dit qu’avoir un Y dans le nom, c’est compliqué. Je suis encore dans une phase d’écoute et de conseil." Château Andreu ? "Mon cousin Marc est plus connu que moi. Je n’ai pas de notoriété." La décision n’est pas prise, tout comme le dessin de l’étiquette.

La fête des escargots

On devrait donc très vite retrouver ses bouteilles en bonne place dans les réceptions d’après-match des clubs de rugby du Bordelais. "Pourquoi pas ? Je garde un œil sur ce que fait l’UBB. C’était d’ailleurs très bien avant la crise sanitaire." Retourne-t-il à Chaban-Delmas ? "Pas assez à mon goût. Mais j’ai pu m’y rendre pour le match face à Agen. J’ai pu croiser Christophe Laussucq avec qui j’étais en concurrence au CABBG et qui est aussi installé dans le Médoc." L’ex-doublure promet un bel avenir à l’Agenais : "Il semble entraîner comme il était sur un terrain, avec passion." L’intéressé lui souhaite le meilleur en retour : "Bonne chance et j’espère que l’on va vite se retrouver pour déguster de futurs grands crus."

Mais avant ça, Benjamin Andreu doit solutionner la problématique du moment : "Avec le climat de cette semaine, les escargots sont en train de manger ma vigne." Une preuve aussi que la non-utilisation de produit phytosanitaire est une bonne chose pour la nature.

 

Voir les commentaires
Sur le même sujet
Réagir