Australie : accord conclu entre fédération et syndicat

  • Kurtley Beale of the Waratahs during the 2019 Super Rugby match between Bulls and Waratahs at the Loftus Versveld Stadium, Pretoria on the 04 May 2019 Photo : PA Images / Icon Sport
    Kurtley Beale of the Waratahs during the 2019 Super Rugby match between Bulls and Waratahs at the Loftus Versveld Stadium, Pretoria on the 04 May 2019 Photo : PA Images / Icon Sport PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport
Publié le / Mis à jour le

En Australie, la fédération et le syndicat représentant les joueurs ont fini par trouver un accord concernant les baisses des salaires. Mais bon nombre d’autres dossiers brûlants se trouvent sur le bureau de la présidente raelene castle, qui est elle de plus en plus isolée...

Après un peu moins de deux semaines de négociations, un accord a été trouvé entre le syndicat des joueurs professionnels australiens (Rupa) et Rugby Australia (RA) sur le paiement des salaires des joueurs alors que le rugby est frappé de plein fouet par la crise du covid-19. Cet accord porte sur six mois ou jusqu’à ce que les compétitions puissent reprendre après la suspension imposée par les mesures gouvernementales sur les distanciations sociales et les restrictions de déplacement (fermeture de frontières internationales et entre états). L’accord démarre avec effet rétroactif au 1er avril et forcera les clubs à amortir les salaires de ce mois d’avril sur cinq mois.

Cet accord tient sur trois points principaux : d’abord, la réduction moyenne des salaire à hauteur de 60 % sur six mois (soit jusqu’au 30 septembre 2020) pour les cent quatre-vingt-douze joueurs sous contrat avec la Fédération australienne. Ensuite, sur le salaire minimum de 1 500 dollars australiens (soit 1 000 €), payables tous les quinze jours, ce qui correspond à l’allocation gouvernementale de soutien. Et enfin, il a été acquis que le Rupa et les fédérations membres seront impliquées dans les futures discussions autour de la structure de la saison, des compétitions et du calendrier

Des bons de sortie pour quelques internationaux

Enfin, toujours dans l’optique d’alléger au maximum sa masse salariale, Rugby Australia devrait autoriser certains de ses internationaux à effectuer une pige à l’étranger pour une période de six mois entre 2021 et 2023. Les joueurs concernés sont Michael Hooper, Kurtley Beale, Rob Simmons, Tevita Kuridrani, Matt To’omua, Dane Haylett-Petty et Marika Koroibete. Les responsables fédéraux souhaiteraient toutefois que les joueurs optent pour des clubs de Premiership anglais ou de Top League japonais, les deux destinations recommandées par l’association de joueurs. Quid du cas de Kurtley Beale, qui s’est engagé avec le Racing ? On l’ignore…

à l’annonce de la signature de cet accord intérimaire, Raelene Castle, directrice exécutive de RA, a tenu à remercier les joueurs : "Face aux conditions exceptionnelles auxquelles nous sommes confrontés, je tiens à remercier les joueurs, au nom de toute la communauté du rugby, pour leur coopération et leur aide pour trouver un accord qui permettra de protéger le futur à long terme du rugby en Australie. Je tiens à rappeler que ces mesures ne sont que temporaires et seront revues dès que la situation le permettra." D’autre part, le syndicat des joueurs et la Fédération vont coopérer pour mettre en place des programmes de soutien aux joueurs pour leur bien-être en ces temps difficiles.

La fédération en cessation de paiement ?

Maintenant que cet accord est conclu, Rugby Australia va pouvoir solliciter World Rugby pour obtenir un prêt afin de garantir sa pérennité. La présidente Castle va également pouvoir se concentrer sur la conclusion d’un accord sur les droits de diffusion pour les cinq prochaines saisons, tout en sachant que le flou le plus total entoure toujours le futur du Super Rugby, ainsi que celui des autres compétitions internationales. Les restrictions de voyage et les coûts sans doute exorbitants des vols internationaux une fois les frontières rouvertes vont amener à une refonte des compétitions. Malheureusement, la Fédération n’a aucun contrôle sur des compétitions qui sont gérées par World Rugby ou la Sanzaar, surtout au moment où la situation financière du rugby australien est catastrophique.

8th March 2019, AAMI Park, Melbourne, Australia; Super Rugby, Rebels versus Brumbies; Tevita Kuridrani of the Brumbies moves the ball out of defence .
Photo : Actionplus / Icon Sport
8th March 2019, AAMI Park, Melbourne, Australia; Super Rugby, Rebels versus Brumbies; Tevita Kuridrani of the Brumbies moves the ball out of defence . Photo : Actionplus / Icon Sport

En effet, la question de la cessation de paiement se pose à l’heure où l’on murmure que les pertes atteindraient environ 5,5 millions d’euros sur l’exercice de 2019. Mais si certains estiment qu’une mise en cessation de paiement permettrait de repartir à zéro afin de reconstruire, une telle décision aurait aussi des conséquences catastrophiques. Ainsi, tous les contrats de sponsors seraient annulés et, dans les circonstances actuelles, n’auraient que très peu de chance d’être renouvelés. Rugby Australia, qui se trouve déjà en bien mauvaise position, serait aussi incapable de négocier des droits de diffusion. Les franchises du Super Rugby plieraient bagage et le rugby ne serait plus reconnu par World Rugby s’il n’y a pas d’administration en place. On comprend donc pourquoi Raelene Castle avait besoin de cet accord avec les joueurs et aura besoin de l’argent de World Rugby…

Jacques Broquet avec Simon Valzer
Voir les commentaires
Réagir