Le médical face à l’économie

  • Paul Goze, devra à l'instar d'Emmanuel Macron (à une échelle beaucoup plus importante), trouver le juste équilibre concernant la reprise du championnat, avec l'évolution des mesures sanitaires mises en place dans le pays.
    Paul Goze, devra à l'instar d'Emmanuel Macron (à une échelle beaucoup plus importante), trouver le juste équilibre concernant la reprise du championnat, avec l'évolution des mesures sanitaires mises en place dans le pays. / Icon Sport
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À la lueur de l’alarmant rapport médical présenté mardi aux présidents des clubs professionnels, la LNR devra adopter la juste mesure pour ne pas se retrouver en péril financièrement.

"Le Comité Directeur tient à rappeler que la protection de la santé et de la sécurité des joueurs, des membres des encadrements, du public et de tous les acteurs du rugby professionnel constitue la priorité et le prérequis à toutes les décisions qui seront prises sur les championnats." Cette déclaration, c’est le préambule du dernier communiqué de presse de la Ligue Nationale de Rugby à l’issue du Comité Directeur qui s’est déroulé mercredi matin. "Une petite musique" pour reprendre une expression du président Paul Goze qui est, peu ou prou, la même mélodie à chaque prise de parole de l’institution ces dernières semaines. Une façon comme une autre de tenter de masquer la volonté coûte que coûte de trouver une issue aux millésimes 2019-2020 du Top 14 et de Pro D2. Depuis le début de la crise liée à la pandémie qui sévit, le rugby professionnel français s’illustre par son aveuglement à chercher des solutions afin de réduire l’impact économique.

Un protocole de reprise très lourd

Seulement, le rapport médical de 49 pages rédigé par les médecins des clubs professionnels sous la direction de Bernard Dusfour (président de la commission médicale de la LNR) et Sylvain Blanchard (Racing 92) est passé par là. Le protocole de reprise préconisé est lourd. Très lourd (lire par ailleurs). En gros, il prévoit quinze semaines de préparation avant la moindre rencontre. Vous comprendrez aisément que le premier scénario d’une phase finale autour de la mi-juillet, imaginé par la LNR et rêvé par certains présidents, n’avait aucune chance de se réaliser. Mais quid du second au mois d’août ? Paul Goze se raccroche à cet espoir de phase finale façon "matchs amicaux de pré-saison" pour satisfaire Canal + et remplir les caisses de la LNR. Une posture somme toute légitime tant la déflagration financière s’annonce forte. Parce que c’est bien là que se situe la problèmatique : ce rapport est purement médical. Jamais, il ne prend en considération la sphère économique du rugby français.

À son échelle, Paul Goze est dans la même situation que le Président de la République Emmanuel Macron. Si ce dernier n’avait écouté que les préconisations des chercheurs ou autres scientifiques, jamais il n’aurait demandé à son gouvernement d’orchestrer le "déconfinement" à compter du 11 mai. Tout comme il n’aurait pas rouvert les "Ehpad" pour visiter nos aînés qui meurt aussi d’ennui. "Tout sera question d’équilibre", glisse un président de Top 14 pour revenir au rugby. Et ce sera à Paul Goze et son Comité Directeur de trouver la juste mesure.

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