Vers une vague de chômage chez les joueurs

  • Rémi Grosso (Clermont) contre La Rochelle
    Rémi Grosso (Clermont) contre La Rochelle Icon Sport - Icon Sport
Publié le , mis à jour

De très nombreux joueurs vont se retrouver sur le marché à l’issue de la saison. La crise du Covid 19 a stoppé tous les recrutements. Ceux qui ne trouveront pas d’employeur pourraient voir leurs allocations chômage baisser de 30 % après six mois. Pour beaucoup de trentenaires, cette saison avortée combinée à la crise sanitaire va signifier une retraite de leur carrière sportive.

Ce n’est pas encore une urgence sanitaire et, vu les conditions actuelles, peu de joueurs osent l’exprimer ouvertement. "Je ne pense pas que cela soit le bon moment pour parler de cela. Plus tard, quand la situation aura changé…", répondait un international en puissance à notre demande d’entretien cette semaine. La plupart sont conscients qu’évoquer leur cas particulier et leur salaire largement supérieur à celui des Français pourraient être très mal pris en cette période, où le pays vit sa plus grave crise depuis des décennies.

Seulement, l’avenir pour les joueurs en fin de contrat n’est pas réconfortant. Au contraire, c’était bien l’année où il ne fallait pas se retrouver sur le marché, quel que soit le poste, le statut ou même l’âge. De très grands joueurs se retrouveront bientôt sans club. Des étrangers comme Messam, Parisse, Toeava ou Savea mais aussi des Français du calibre de Hugo Bonneval, Gillian Galan ou Rémy Grosso (qui, avant le début du confinement, était en contacts avancés avec le Lou ; en photo ci-contre). Tous les clubs de Top 14 ont mis le pied sur le frein. Si le MHR s’activait encore cette semaine, notamment à la signature du pilier de l’Usap Enzo Forletta, son nouveau directeur sportif Philippe Saint-André prévenait : "Nous allons avoir dix-sept départs ou joueurs sous contrat non renouvelés. Dans l’autre sens, on prendra entre six et huit recrues. Grand maximum."

Une période de mutation élargie

Tous les clubs se sont lancés dans des mesures d’économie drastiques et, pour la première fois à cette époque de l’année, le recrutement n’est plus une priorité. "Les présidents font leurs comptes. Ils veulent d’abord assurer la pérennité de leur structure. Aucun club ne verra ses postes triplés. Le marché est à l’arrêt depuis un mois et les joueurs en fin de contrat, qui n’avaient pas de contact il y a un mois, n’en ont pas plus aujourd’hui", analyse l’agent sportif Laurent Quaglia.

La Ligue a d’ores et déjà réagi et offert une bouffée d’air frais, en prolongeant la durée du marché d’au moins une quinzaine de jours. La période des mutations, qui débutera le 1er mai et qui devait s’achever le 30 juin, est prorogée jusqu’au 15 juillet pour permettre aux clubs de Top 14 et de Pro D2 de disposer d’une plus grande latitude dans la constitution de leurs effectifs, annonce ainsi un communiqué. La LNR se réserve par ailleurs la possibilité d’ajuster de nouveau, si besoin, cette date de clôture des mutations en fonction des décisions qui seront adoptées sur les compétitions. Le téléphone sonnera-t-il ? C’est une question à plusieurs dizaines de milliers d’euros.

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