Damien Michel, la relance de l’en-but

  • Pour faire face à la pénurie de blouses et de masques en milieu hospitalier, l’entreprise du président d’Antony Métro 92 s’est muée en atelier de couture pour équipements de protection. Photo DR
    Pour faire face à la pénurie de blouses et de masques en milieu hospitalier, l’entreprise du président d’Antony Métro 92 s’est muée en atelier de couture pour équipements de protection. Photo DR / Guillaume GRANDIN
  • Damien Michel, la relance de l’en-but
    Damien Michel, la relance de l’en-but
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À la tête d’une entreprise spécialisée dans l’événementiel, le président d’Antony Métro 92, Damien Michel, a su la réinventer pour lui permettre de faire face à la crise du Covid-19, tout en jouant un rôle sanitaire majeur en fabriquant blouses et masques pour les hôpitaux du Sud francilien.

S’il passera la main à l’issue de la saison après trente-cinq ans de bons et loyaux services à la tête de l’Antony Métro 92 qu’il a mené jusqu’en Fédérale 2, Damien Michel demeure statutairement l’actuel président du club, en attendant la traditionnelle AG de fin de saison. Toutefois, ce n’est pas à ce titre que l’on souhaitait mettre en avant l’homme fort du club des Hauts-de-Seine, mais bien en raison de ses initiatives professionnelles face à la crise du Covid-19, qui illustrent à merveille le dynamisme du milieu rugbyphile francilien…

Ou comment une entreprise spécialisée dans l’événementiel s’est retrouvée à fabriquer 700 000 masques pour la population du Grand Paris Sud, évitant au passage le chômage partiel pour ses employés, et peut-être bien pire… "Le début de l’histoire, il est tout simple, s’amuse Damien Michel, entre deux textos destinés à passer une commande de gel hydroalcoolique. J’ai des amis médecins à l’APHP, et tout ce que je voulais savoir, c’était dans quelle mesure il était possible de leur venir en aide pour faire face à la crise sanitaire. Avec CIDI, nous avons donc lancé quelques initiatives, comme la mise à disposition et le montage de tentes pour créer une salle de sports, à l’Hôpital Saint-Antoine de Paris. Mais nous voulions faire plus, alors nous avons décidé de nous rapprocher de l’Agglomération en leur demandant de la même manière comment nous pouvions aider. Le constat était simple : nous avions du matériel, des couturières, un savoir-faire en matière de confection. Il suffisait de nous dire quoi faire… C’est ainsi que l’agglomération nous a mis en relation avec l’Hôpital Sud Francilien."

700 000 masques en fabrication

Le vrai point de départ d’une reconversion réalisée en un temps record, qui vit l’entreprise changer totalement ses chaînes de production, comme une réponse à la crise sanitaire et économique. "Nous travaillons dans l’événementiel, à l’origine, un secteur où il n’y a plus du tout de travail… Toute l’entreprise était au chômage partiel, il a donc fallu se réinventer. Dans un premier temps, nous nous sommes lancés dans la fabrication de blouses pour l’Hôpital Sud Francilien puis très vite, l’hôpital s’est retrouvé en pénurie de matière première pour les fabriquer. Nous avions des stocks mais comme on n’était pas très sûr de nous, des membres du personnel de l’hôpital sont venus pour effectuer des tests d’imperméabilité. À notre grande satisfaction, nos matières premières se sont révélées presque de meilleure qualité que celle dont l’hôpital disposait jusque-là. "

Un premier succès qui en a précipité d’autres, avec une commande de 700 000 masques passée par l’agglomération Grand Paris Sud afin d’équiper la population. "Comme pour les blouses, nous nous sommes renseignés auprès de la Direction générale de l’Armement, qui certifie la qualité des équipements, pour qu’elle nous donne le cahier des charges, et nous sommes passés à la phase de fabrication." En président fin connaisseur des ficelles de son jeu, Damien Michel le savait peut-être mieux qu’un autre : les ballons de récupération sont toujours les meilleurs à jouer. Même très loin de l’en-but adverse…

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