Premiership : vers une perte de valeur ?

  • Ellis Genge, le pilier de Leicester, montre la voie à suivre et a pris la tête de la révolte des joueurs qui estiment ne pas avoir été bien défendus et qui souhaiteraient que les principaux acteurs soient davantage consultés. Photo Icon Sport
    Ellis Genge, le pilier de Leicester, montre la voie à suivre et a pris la tête de la révolte des joueurs qui estiment ne pas avoir été bien défendus et qui souhaiteraient que les principaux acteurs soient davantage consultés. Photo Icon Sport Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Les dirigeants de la première division espéraient renégocier à la hausse leurs droits télé, avant que la crise du coronavirus n’éclate. Et redoutent, Aujourd’hui, une dévaluation.

Certaines fins de contrat tombent plus mal que d’autres. Les dirigeants du championnat anglais de première division, le Premiership, le savent. Car s’ils ne sont pas encore arrivés au terme de leur contrat avec BT Sport, l’actuel diffuseur qui possède les droits jusqu’au terme de la saison prochaine, ils se trouvent néanmoins dans une situation délicate. En effet, leur engagement - qui courait sur six saisons - prévoyait une fenêtre de renégociation exclusive avec BT mais celle-ci est aujourd’hui passée, sans qu’un accord ait été trouvé.

En parallèle, la presse anglaise a révélé que le directeur général du Premiership avait entamé des négociations avec Sky Sport, concurrent de BT, mais celles-ci n’ont pas été plus fructueuses. Résultat, le Premiership se retrouve le bec dans l’eau, au moment où la crise du coronavirus pénalise lourdement son économie. D’ailleurs, non content de redouter une baisse drastique dans une renégociation forcée, les clubs redoutent également une réduction de la subvention d’environ 30 millions d’euros qu’ils reçoivent de la Fédération anglaise…

Ellis Genge propose un nouveau syndicat de joueurs

Ces mêmes clubs ont d’ailleurs déjà opéré des réductions de salaires. Et si les joueurs les ont acceptées dans l’ensemble, la manière dont les choses se sont déroulées a interpellé le pilier international anglais de Leicester, Ellis Genge, qui proposé aujourd’hui de créer un nouveau syndicat de joueurs, plus indépendant que la Rugby Player Association (RPA), financée par le Premiership : "Je crois que nous avons été très mal conseillés sur toute cette affaire. Des joueurs ont été sommés de signer ces nouveaux contrats, au rabais, en ayant à peine le temps de les consulter. Sur tous ces aspects, nous n’avons pas bien été représentés. L’idée n’est pas de remplacer RPA, à proprement parler. Ils font un super boulot sur la protection des joueurs et leur accompagnement au quotidien en temps normal. C’est juste que RPA ne peut pas mordre la main qui le nourrit."

L’idée a fait son chemin et Genge s’est alors lancé dans le projet d’une structure collective, financée par des fonds privés et indépendants du rugby. "Et ça avance. Nous suscitons l’intérêt de pas mal de monde dans le secteur privé. In fine, nous serions mieux représentés sur nos droits commerciaux. Je me dis qu’il est peut-être temps de secouer tout ça, de remettre les joueurs au centre du jeu et de défendre beaucoup mieux leurs intérêts."

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