Le Japon tente une rafle

  • Le deuxième ligne George Kruis (Saracens), très proche de s'engager avec les Panasonic WildKnights.
    Le deuxième ligne George Kruis (Saracens), très proche de s'engager avec les Panasonic WildKnights. PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport / PA Images / Icon Sport
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Les clubs du Premiership n’ont pas perdu espoir de finir leur saison pour ne pas perdre l’argent des télés. En attendant, le Japon commence à rafler les joueurs disponibles.

Le championnat anglais n’en mène pas large. On rappelle qu’il n’a pas encore perdu l’espoir de terminer sa saison, a priori fin août, selon une formule qui reste à déterminer. On sait que les clubs d’outre-Manche font le maximum pour offrir des matchs à leur diffuseur BT car ils craignent comme la peste de ne pas toucher les droits télé prévus dans leur budget. Selon le Daily Mail, ils comptent fermement sur cet argent et, toujours selon le quotidien londonien, le Premiership se retrouvera seul au monde, c’est-à-dire l’unique compétition professionnelle à finir la saison 2019-2020. À noter cependant que la Ligue celte et le Super Rugby n’ont pas encore annoncé la fin des haricots, les deux championnats n’étant encore qu’officiellement suspendus. Mais des rumeurs d’arrêt "à la française", à "la japonaise" ou à l’"américaine" commencent à circuler. On dit même que le Leinster serait sacré champion celte, en raison de son parcours sans faute jusque-là (treize victoires en treize matchs).

Burns, Goode et bientôt Kruis ?

D’où cette impression que les Anglais veulent terminer coûte que coûte l’exercice en cours, y compris en jouant deux matchs par semaine, pourquoi pas à Twickenham et sa capacité à attirer les foules et les recettes juteuses. Les clubs se verraient même enchaîner avec la saison prochaine sans la moindre coupure. En attendant, le rugby anglais assiste à un phénomène relativement nouveau pour eux : la fuite des talents au Japon. On a appris cette semaine le départ de l’ouvreur de Bath, Freddy Burns (5 sélections) vers les Toyota Shokki Shuttles. Alex Goode, l’arrière de Saracens (21 capes), devrait l’imiter bientôt pour une sorte de prêt de la durée du purgatoire du club en deuxième division. On sait depuis quelques semaines qu’un autre Saracens, le deuxième ligne international George Kruis (46 sélections) est très proche des Panasonic WildKnights. Un autre deuxième ligne moins connu, Charlie Matthews (Wasps) est aussi sur le point de prendre l’avion pour l’Orient. Beaucoup d’observateurs estiment que d’autres joueurs en fin de contrat pourraient les imiter, surtout si les clubs continuent à mettre le frein à main sur le recrutement à cause de l’incertitude économique.

Mais la situation concerne aussi le pays de Galles, avec le cas Hadleigh Parkes : le centre d’origine kiwi des Scarlets (29 sélections) arrive en fin de contrat. La WRU et sa franchise ne lui proposeraient qu’un an supplémentaire alors que les Panasonic WildKnights seraient plus généreux. Un tel départ signifierait la fin de sa carrière internationale au nom de la fameuse règle des 60 sélections pour les exilés.

Les équipes japonaises et leurs moyens énormes semblent donc au-dessus des contingences économiques des "pauvres" équipes européennes. À méditer.

Jérôme PRéVôT
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