Le « re-Tours » aux sources

  • Thibault Dubarry, qui évoluait à Anglet cette saison, va retrouver sa région natale à l’issue d’une carrière bien remplie. Photo DR
    Thibault Dubarry, qui évoluait à Anglet cette saison, va retrouver sa région natale à l’issue d’une carrière bien remplie. Photo DR
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Thibault Dubarry, troisième ligne d’Anglet - L’ancien joueur de Brive, du Racing ou de Biarritz va redécouvrir le plaisir pur du rugby en Fédérale 3 à Tours, où tout avait commencé.

« Dubarry, un champion de France à l’UST. » Jeudi dernier, Tours a fièrement annoncé sa première recrue pour la saison prochaine. Avec une légitime satisfaction : le club de Fédérale 3 va accueillir dans ses rangs un joueur d’élite au CV épais, fort d’un Bouclier de Brennus, décroché en 2016, et d’une centaine de rencontres dans l’élite. à 32 ans, le troisième ligne, joueur d’Anglet cette saison, s’apprête à refermer un chapitre et à en ouvrir un autre, auprès des siens : « C’est un projet de vie plus que de rugby. Avec ma femme, on s’est dit que ce serait peut-être le moment de changer de région pour vraiment se consacrer à l’après-rugby. » Naturellement, l’idée d’un retour en Touraine, où tout a commencé, est arrivée sur la table des discussions : « Ma famille est de Chartres, celle de Carole est de Tours. C’est là-bas que j’avais joué lors de mes années de lycée car il y avait les meilleurs joueurs de la région. Quand on rentrait, j’allais voir les matchs de l’équipe car ça reste mon club de cœur. J’avais toujours dit aux dirigeants : « Je ne peux pas le garantir mais j’aimerais bien revenir porter le maillot. » J’ai fini par leur envoyer un mail : « J’ai envie de rentrer. Je pourrais jouer ou filer un coup de main. Si vous pouviez m’aider pour les démarches au niveau du boulot… » Tout le monde était gagnant. » Le troisième ligne va ainsi alterner entre rugby amateur et études avec, à l’horizon, une reconversion comme professeur de sport : « C’est le très bon compromis pour nous. Cela va me faire du bien à la tête de prendre le sac, de jouer pour le plaisir, de retrouver des copains de l’époque. Il y a des mecs qui vont en Fédérale pour prendre de l’argent car ils en ont besoin. Moi, j’ai eu la chance de bien gagner ma vie. J’ai juste envie de m’amuser encore. »

"le corps avait suffisamment ramassé"

Une deuxième petite carrière, après la grande, va commencer : « J’ai arrêté le rugby professionnel il y a un an. Le corps avait suffisamment ramassé. Et on ne voulait plus trop bouger. J’ai continué quelques mois en Fédérale 1 avec Anglet mais c’est rapidement devenu contraignant, avec les études et notre petite fille qui venait d’arriver. » Le champion de France espoirs 2009, avec le CABCL, se retourne avec plaisir et sans grand regret sur la dizaine d’années passées sous les projecteurs. Avant son retrait à 31 ans : « Il n’y a pas d’amertume. J’aurais peut-être dû faire plus l’effort au Racing mais bon… Après, une fois que l’on a été en haut, selon mon point de vue, c’est dur de retrouver la même exigence ensuite. Il y avait une telle recherche d’excellence au Racing. Derrière, à Biarritz, il y avait aussi du bon travail d’effectué mais il y avait trop de paramètres qui n’étaient pas maîtrisés. J’ai notamment l’impression que l’on n’a pas donné toutes les clés qu’il aurait fallu à Gonzalo Quesada. Ma motivation a diminué. Des gars arrivent à la garder et à pousser jusqu’à 35 ans. Moi, je ne voulais pas tirer jusqu’au bout, à aller batailler pour un contrat à droite et à gauche. » Son destin devait s’écrire autrement. Avec ce retour aux sources, en bord de Loire, pour joliment boucler la boucle.

Vincent BISSONNET
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