Johnston : « Si tu fais n'importe quoi, je me fâche et Botha, c'était le pire »

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    Jonhston : « Si tu fais n'importe quoi, je me fâche et Botha, c'était le pire » Icon Sport / Icon Sport
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Après quinze années en Top 14, Census Johnston (39 ans) raccroche les crampons. L’occasion, pour lui, de revenir sur la particularité d’un championnat qui lui a "appris à se défendre"...

Vous venez d’annoncer la fin de votre carrière. Cette décision a-t-elle été difficile à prendre ?

Oui et non. Je ne pouvais pas poursuivre jusqu’à 50 ans, non plus… Au départ, j’étais censé faire une saison supplémentaire à Bayonne, en tant qu’entraîneur de la mêlée. Mais je vais finalement tirer un trait sur le rugby dès aujourd’hui.

Est-ce ferme et définitif ?

Oui, c’est terminé. Je n’irai même pas jouer en division amateur. Je vais rester à Anglet et m’occuper, à distance, du développement de ma marque de vêtements (Frontrow, N.D.L.R.). J’attends aussi mon passeport français. J’espère avoir ce bonheur très vite !

Vous avez passé dix-huit ans dans le rugby français. Qu’en retenez-vous ?

Quand j’ai débarqué de Nouvelle-Zélande, j’avais 20 ans. J’ai découvert le rugby français à Coarraze-Nay, un petit club du Béarn…

Et ?

C’était le meilleur endroit pour grandir. La Fédérale 1, c’est la guerre et là-bas, j’ai vraiment appris à me défendre. Sur chaque mêlée, le deuxième ligne d’en-face te lançait un énorme coup de poing et ça partait dans tous les sens. J’ai pris un sacré nombre de cartons. Avant que je quitte Ponsonby (son club d’Auckland, N.D.L.R.), les gens m’avaient dit : "Tu vas voir ! Ils sont fous dans le rugby français ! Ils se battent tout le temps !"

Ce n’est pas le cas en Nouvelle-Zélande ?

Bien sûr que non ! (rires) Disons que le rugby amateur m’a aidé à devenir un homme. Je suis un garçon gentil. Mais si tu fais n’importe quoi, je me fâche…

Cela vous est-il arrivé en Top 14 ?

Oui, une fois. C’était avec Bakkies Botha, à Toulon. Lui, c’était le pire. À Mayol, il faisait n’importe quoi, franchement : un coup de genou, un coup de tête… Sur un ruck, il s’en était pris violemment à William (Servat). À mon entrée, je me suis dit : "Il faut que ça cesse." J’ai pris mon carton jaune au bout d’une minute…

Vous nous avez dit un jour, au Racing, que vous aviez mal vécu votre fin d’aventure à Toulouse. Pourquoi ?

Quand Guy (Novès) a quitté le club en 2015, j’ai vraiment eu du mal à repartir. Je n’avais plus envie, voilà tout. Je crois que j’ai fait une sorte de dépression et j’ai bien failli tout arrêter d’un coup. Quelques mois plus tard, j’ai retrouvé au Racing l’envie de jouer au rugby.

Était-ce la première fois que cela se produisait ?

Non. En 2013, on a perdu un quart de finale à la maison, contre le Racing (16-21). Je m’étais fait "dépoutrer" (sic) en mêlée, j’ai eu honte. Après ça, j’ai baissé la tête pendant des mois.

Combien de sélections comptez-vous avec les Samoa ?

60. Le rugby samoan souffre énormément depuis quelques mois. Les joueurs ne veulent plus aller en sélection.

Pourquoi ?

Dans le meilleur des cas, tu reçois 70 euros par jour. Dans le pire des cas, tu n’es même pas payé. Il n’y a pas assez de matchs et pas assez d’argent. Si je devais choisir aujourd’hui, je choisirais l’équipe de France.

Census Johnston, ici avec Bayonne pour sa dernière saison, aura passé 18 ans dans le rugby français.
Census Johnston, ici avec Bayonne pour sa dernière saison, aura passé 18 ans dans le rugby français. - Icon Sport - Icon Sport

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