Masoe : « Jʼaurais aimé finir sur une autre note au Racing »

  • Chris MASOE, entraîneur de la défense du Racing 92 depuis trois saisons
    Chris MASOE, entraîneur de la défense du Racing 92 depuis trois saisons Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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Entraîneur de la défense du Racing 92 depuis trois saisons, lʼancien all black a appris quʼil ne serait pas conservé au sein du staff francilien. Un coup dur qui ne lʼempêche pas de vouloir rebondir le plus rapidement possible, après deux mois dʼun confinement pas évident à gérer...

Comment vous portez-vous, après deux mois de confinement ?

Ça va… Je vis en appartement mais nous avons la chance dʼavoir un jardin en bas de lʼimmeuble, ce qui a permis à tout le monde de se dégourdir régulièrement les jambes… Honnêtement, comme pour tout le monde, les quatre premières semaines se sont plutôt bien passées, et les quatre dernières ont été un peu plus compliquées. Cette période a au moins eu le mérite de nous faire profiter de la famille, ce quʼon ne fait pas vraiment dʼhabitude quand on est à fond dans le rugby. 

 

On sait que le confinement a été respecté à la lettre en Nouvelle-Zélande. Lʼa-t-il aussi été à Paris ?

Plutôt moyennement, non ? (il se marre) Jʼai beaucoup échangé avec ma famille en Nouvelle-Zélande, et là-bas, ça nʼa pas été la même chose. Certes, cʼest un plus petit pays, mais les mesures là-bas ont été prises très rapidement et surtout, les gens se sont respectés les uns les autres en se confinant très strictement. Il y a seulement eu 21 ou 22 décès, un seul ces dernières semaines… La Première Ministre Jacinda Ardern a été très réactive et les gens très disciplinés. Le rugby va même pouvoir reprendre à partir de juin, dans une compétition où les provinces néo-zélandaises de Super Rugby vont se rencontrer entre elles plusieurs fois. Ici, on en est loin… Vous savez comment sont les Parisiens, le confinement nʼa pas été respecté de la même manière ! (sourire) Je vous avoue que je crains un peu pour les prochaines semaines car contrairement à ce que beaucoup de gens semblent penser, ce nʼest pas fini ! La santé est ce quʼil y a de plus important, cela vaut bien quelques efforts.

 

En ce qui vous concerne, on a surtout appris hier que le Racing 92 ne comptait pas vous conserver au sein de son staff… Est-ce vrai ?

Oui… Cʼest très dur, parce quʼavec le coronavirus, le timing nʼétait pas vraiment idéal. Je mʼy attendais un peu, car je sais quʼil y a une grosse pression financière qui pèse sur les clubs en ce moment, mais ça a été évidemment une grosse déception pour moi.

 

La nouvelle a dû être rude à encaisser...

Cʼest comme ça. Jʼespérais vraiment faire au moins une saison supplémentaire avec le Racing. Je me suis vraiment éclaté depuis trois ans dans ce rôle dʼentraîneur de la défense, jʼavais construit me semble-t-il une excellente relation avec les joueurs, ce que je crois essentiel dans ce sport. Jʼai essayé de leur transmettre mon goût du combat, un esprit de partage, une rage de vaincre. Nous nous étions bâti au fil des années une identité, une culture. Cʼest dommage que ça sʼarrête comme ça, mais bon... Jʼaime toujours le rugby, et il y a dʼautres clubs en France. Jʼespère avoir une opportunité de démontrer que je peux faire du bon boulot ailleurs. 

 

La saison de Top 14 est terminée, mais celle de Coupe dʼEurope ne lʼest pas encore. Imaginez vous voir le Racing soulever le trophée sans vous dans quelques mois ?

(il rigole) Cʼest sûr que ce serait terriblement frustrant ! Je ne suis pas certain que cela serait très juste de terminer une saison avec les effectifs des saisons suivantes, mais bon, business is business… Et puis, ce nʼest pas vraiment mon affaire. Le coronavirus est arrivé, et cʼest quelque chose qui a affecté le monde entier. Aujourdʼhui, il faut simplement trouver les solutions pour en sortir. Et en ce qui me concerne, je préfère rester concentré sur ce que je peux maîtriser. Alors, si la Coupe dʼEurope peut se terminer et que le Racing arrive à la remporter, ce sera tant mieux pour lui.

 

Malgré la déception, on ne vous sent pas aigri…

Jʼai adoré ces saisons au Racing, vraiment. Jʼaurais juste aimé quʼelles se terminent sur une meilleure note. Avec Laurent Travers, on se connaît depuis plus de dix ans. Nous avons vécu de bons et de moins bons moments, mais jʼai adoré travailler avec lui. Même si la fin nʼest pas idéale, jʼespère au moins quʼil en a été de même de son côté.

 

Avez-vous dʼores et déjà des opportunités pour entraîner ailleurs ?

Non, je nʼen ai pas pour le moment. Quand je vous disais que ce nʼétait pas le bon timing, cʼest aussi parce que tous les clubs ont leur propres difficultés, et que tous les staffs techniques sont pratiquement bouclés de partout. Mais ce nʼest pas grave, je pense que cʼest tout de même possible.

 

Quʼallez-vous faire ces prochaines semaines ? Rester sur Paris, déménager à Toulon ?

Toulon, ce serait formidable, non ? Mais je ne sais pas si ils auront besoin de moi. Non, pour lʼinstant, je vais rester sur Paris et je me donne jusquʼau mois de juillet pour prendre une décision, si je continue à rester en France ou pas. Ce qui est certain, cʼest que jʼadore ce pays depuis douze ans que jʼy habite désormais. Et que jʼai toujours envie de gagner. Cʼest ce que je recherche depuis toujours au travers du rugby, et cela nʼest pas prêt de me quitter. 

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