La fierté toulonnaise malgré tout

  • Les Z'acrau du RCT, groupe de supporters du club toulonnais lors de la demi-finale de légende contre Clermont en 2010
    Les Z'acrau du RCT, groupe de supporters du club toulonnais lors de la demi-finale de légende contre Clermont en 2010 Jean Paul Thomas / Icon Sport / Jean Paul Thomas / Icon Sport / Jean Paul Thomas / Icon Sport
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Les Varois n’avaient plus vécu ça depuis dix-sept ans et Les plus jeunes découvraient même les phases finales. Mais c’était finalement le début de la nouvelle vague toulonnaise...

« C’est la plus belle défaite du club. Et c’est je crois, la plus belle ambiance que j’ai vécue autour d’un match de rugby, le stade de Saint-étienne y est pour beaucoup à cause de son effet « caisse de résonance ». » Membre du club des « Z’acrau » Fabien Lahache a dégainé les superlatifs pour commémorer cette demi-finale de légende, même si elle a fini dans le camp des vaincus. « Si je ressentais de la colère après le coup de sifflet final à cause de l’erreur d’arbitrage ? Evidemment. Si l’essai de Zirakashvili avait été refusé, il n’y aurait jamais eu de prolongations... » Peut-être que finalement, cette défaite méritait d’être vécue tant le suspense y fut exaltant. Il faut aussi bien rappeler le contexte pour les supporters varois : « C’était le grand retour du RCT en phases finales. Toute une génération, celle de 20-25 ans, n’avait jamais vécu ça. La billetterie avait été prise d’assaut, se remémore Manu Bielecki, président des « Z’acrau ». On se vivait comme des revenants face à l’ogre clermontois. Il faisait très froid ce jour-là, il y avait du brouillard. Clairement, les Auvergnats étaient chez eux et ça nous excitait de les affronter. » Lui aussi a pesté sur l’essai clermontois : « J’ai vu tout de suite qu’il n’y était pas, j’étais juste en face, j’ai hurlé mais la vidéo n’est jamais venue. Mais je ne vais pas contester la qualité des Clermontois, ils étaient peut-être plus homogènes que nous. »

Après dix-sept ans de disette, Fabien et Manu avaient conscience de vivre le début d’une énorme vague : « On se rendait compte que le pari Wilkinson était en train d’être gagné et qu’il n’était pas venu chez nous en préretraite comme certains le craignaient. Mourad Boudjellal était récompensé de son audace. Bien sûr, avant le match, on s’était fait chambrer par les Clermontois sur la question de nos joueurs étrangers, la patte Mourad. Ils nous faisaient remarquer qu’ils faisaient jouer plus de Français formés chez eux. » Mais les Varois venus d’ailleurs commençaient à tracer leur sillon : « Je me souviens du match énorme de Van Niekerk, qui avait du sang toulonnais dans les veines. Il était arrivé chez nous presque oublié, après qu’un club anglais l’ait refusé pour des raisons médicales. On s’extasiait tous du talent de Sonny Bill Williams capable de tenir le ballon à une main, sa grande spécialité. Il l’a encore prouvé cet après-midi-là. » Manu a vu la gorge nouée l’ultime course vaine de Lovobalavu : « C’est sûr qu’il doit encore y penser puisqu’il s‘est fait aussi rattraper sur l’essai de Malzieu. Mais c’était un bon soldat, bon défenseur, avec de très bons appuis mais peut-être une vitesse de pointe un peu limitée. » Lui aussi a souffert du cloisonnement à Geoffroy-Guichard. « On n’a pas pu voir les joueurs après mais ils avaient fait l’effort de rester longtemps sur le terrain pour nous saluer. Le seul avec qui on a pu discuter, ce fut paradoxalement le demi de mêlée Pierre Mignoni, ancien de Clermont. Je le connaissais personnellement. » L’un des acteurs de la montée en puissance du RCT pour qui cette partie fantastique était un point de départ.

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