On persiste, et on signe

  • Anthony Bouthier (Montpellier) contre Gloucester
    Anthony Bouthier (Montpellier) contre Gloucester Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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L'édito de Léo Faure... Que n’a-t-on pas entendu et lu, cette semaine ? Et que n’avions-nous pas fait en consacrant, ce lundi, nos quatre premières pages aux discussions qui entourent les qualifications européennes et, nouveauté du genre, l’hypothèse d’un boycott discuté par les dirigeants des clubs français pour obtenir ce qu’ils souhaitent vraiment : qualifier huit clubs.

Cela éviterait de porter l’estocade financière à Bordeaux-Bègles, Toulon, La Rochelle, Clermont, Toulouse ou Montpellier. Parmi ces clubs, il y aurait effectivement deux « morts » si les principes de qualification en restaient là, avec six élus. Deux condamnés à plus d’austérité encore la saison prochaine, alors que les finances sont déjà promises à grande souffrance. Deux injustices, surtout, quand tous les intéressés sont légitimes à réclamer leur présence sur la scène du prochain bal continental.

Pour s’éviter pareil scénario, les clubs français ont donc eu cette idée bienvenue et qui fait consensus : réclamer huit sièges à l’EPCR, pour ne faire que des heureux chez les prétendants déclarés à l’Europe. Problème : jusqu’ici, la porte est toujours fermée. Et les présidents du Top 14 peuvent bien démentir, depuis lundi, on valide de notre côté chaque ligne, chaque mot de ce dossier. Mercredi dernier en réunion, ils ont évoqué un boycott des compétitions en ultime recours. Avec une formule à la carte : un retrait des phases finales en cours, de l’édition 2020-2021 ou les deux.

Plus de détails, sur le sujet. Il fut amené sur la table par Pierre-Yves Revol, dont le club n’a pourtant rien à gagner dans l’affaire mais qui, depuis le départ, tient une place centrale de modérateur dans les discussions. Sa proposition a été débattue et plusieurs clubs, dont Clermont et Toulouse, en danger sur ce dossier, ont fait savoir leur position de principe en faveur d’un tel scénario, s’il s’avérait nécessaire. Le sujet est également porté par la LNR, contrairement à ce qu’affirment tous les démentis, qu’ils soient proclamés dans les salons ou les médias. C’est ici que se trace la ligne de fracture entre information et communication.

Pourquoi, alors, une telle négation chez nos dirigeants ? La position leur est inconfortable, il faut leur reconnaître, avec des négociations qui se poursuivent et des stratégies qu’il conviendrait de garder pour soi. En l’état, la menace de boycott autour de laquelle ils discutent ne sera nécessaire que si les championnats anglais et celtes reprennent. Ce qui était encore jugé plausible, il y a deux semaines. Mais chaque jour que le soleil se lève éteint un peu plus cet espoir, outre-Manche.

Si les dirigeants de Premiership anglaise et de Pro 14 celte venaient, comme en France, à déclarer la fin de leur championnat, le problème pourrait se régler rapidement et sans boycott : le format à 24 clubs, qu’importe son découpage dès lors qu’il qualifie huit clubs de chaque championnat, aurait des allures d’aubaine et pourrait vite faire consensus. Fin des tensions, plus de menace.

En revanche, si l’un ou l’autre de nos voisins européens venait mettre son veto sur ce schéma à 24 clubs, les Français se retrouvaient coincés. Boycott, alors ? On persiste et on signe : c’est le scénario envisagé et discuté, cette semaine encore. À ce sujet, la LNR donnait d’ailleurs rendez-vous « dans 15 jours avant de voir si on sort l’artillerie lourde ». On devrait bientôt savoir. 

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