Vision d’avenir

  • Jeudi, Bernard Laporte a rencontré le Premier ministre Édouard Philippe, pour évoquer la situation du rugby français. Le patron du rugby français est ressorti de Matignon avec une perspective, enfin rassurante.
    Jeudi, Bernard Laporte a rencontré le Premier ministre Édouard Philippe, pour évoquer la situation du rugby français. Le patron du rugby français est ressorti de Matignon avec une perspective, enfin rassurante. Icon Sport / Icon Sport / Icon Sport
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L'édito d'Emmanuel Massicard. Enfin. Oui, enfin. Nous devrions rejouer au rugby en septembre. L’information est à prendre avec ce qu’il faut de prudence et au conditionnel. Mais, si tout va bien d’ici au mois de juin, l’État devrait en effet autoriser la pratique pour la rentrée. Jeudi, Bernard Laporte a rencontré le Premier ministre Édouard Philippe, pour évoquer la situation du rugby français. Le patron du rugby français est ressorti de Matignon avec une perspective, enfin rassurante.

C’est un coup de sifflet libérateur, s’il se confirme, la fin de l’urgence sanitaire. Un retour aux émotions partagées, qui nous font tant défaut depuis ce confinement inhumain qui rétrécit nos vies, limita nos contacts, le bruit à l’entour et le champ de l’horizon. Bref, c’est un retour à la saveur, au plaisir et à la vie collective, autour de ces stades devenus sinistres à force de vide. C’est tout bonnement la promesse d’un sourire.

Nous n’en sommes pas encore là. C’est vrai, rien n’est encore gagné. Mais au moins, l’objectif est visible. D’un coup, il y a un but devant nous. Concret. Une cible à atteindre et un chemin pour guider nos pas. Depuis jeudi, l’avenir a repris corps et le présent est devenu plus léger. Moins sombre, même s’il n’en reste pas moins difficile.

Après tant de palabres à la Ligue et entre les clubs, de scénarios catastrophes et d’options sans cesse repoussées, nous y voyons donc un peu plus clair désormais. Quand ? En septembre, on vous dit. Patientez encore pour tout connaître du « comment », du « pourquoi » et du « avec qui ». Pour l’heure, réjouissons-nous de la perspective qui s’ouvre.

Surtout, le rugby français va pouvoir se projeter dès lors que l’avis gouvernemental sera devenu réalité. Cela répondra à la nécessité d’avancer et de s’inventer un avenir différent. Voilà tout le mérite de ces périodes de crise, qui viennent rebattre les cartes et dessinent souvent des lendemains différents. Notre sport n’y échappe pas. Nos dirigeants l’ont bien compris, eux qui tentent de transformer la contrainte en opportunité(s). Qui cherchent le rebond sur tous les terrains.

Il en va ainsi du politique, en cette année électorale qui exacerbe les discours et crispe les prises de position. Il en va aussi des structures, avec des idées qui fusent comme jamais. Au chapitre, ne vous étonnez pas de voir se concrétiser des choses qui, hier, étaient impensables. Un exemple ? La future division « National » (ou « Pro 12 »), tel un pont-levis entre les mondes professionnels et amateurs. Si l’idée dormait dans les cartons, Laporte a su en faire une opportunité qui pourrait finalement redynamiser l’ensemble du rugby fédéral. Surtout, il répond favorablement à la demande de ses clubs phares

Autre phénomène majeur pour demain, le rugby a su vivre sans terrain, et sans compétition. Il a repris vie dans la cité, s’est engagé sur de nombreux fronts solidaires. Il s’est ouvert aux autres, a pris sa communication en mains. La tendance ne devrait pas s’inverser à nouveau, avec le besoin des clubs de retrouver une place forte et d’offrir un retour sur investissement à leurs partenaires. Là encore, les opportunités seront nombreuses pour qui osera casser les codes.

On verra donc en septembre, à la rentrée. Quand on aura repris le chemin des terrains et de la compétition. Il faudra savourer l’instant et prendre son souffle pour vivre un début de saison surchargé entre championnats, Coupes d’Europe et XV de France… On jouera au rugby. Ne nous en plaignons pas.

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