August : « S’il y a obligation d’être en National pour accéder au Pro D2, Dax ira ! »

  • Bebnoît August
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Président de Dax L’ancien talonneur explique clairement la position de son club par rapport au projet de division Nationale et évoque au passage les projets d’avenir de l’USD.

 

L’US Dax est-elle pour ou contre le projet de division « Nationale » ?

Nous sommes contre, dans le timing, mais pour, dans le futur. Elle n’était pas prévue cette saison, mais je pense qu’à terme, si nous restons à soixante clubs en Fédérale 1, c’est une division qui a besoin de voir le jour. Tous les présidents se sont précipités en disant « oui, on y va » et maintenant, ils attendent de voir comment ça se passe… La première réponse que j’ai donnée à Bernard Laporte était que je n’étais pas pour la création de cette division, mais que s’il y a obligation d’être en National pour accéder au Pro D2, Dax y ira ! Maintenant, il faut savoir sur quels critères va s’appuyer la sélection des clubs pour participer à l’éventuelle Nationale. Est-ce que ce sera une division fermée sur invitation ? Quels vont ensuite être les critères de qualification ? Y aura-t-il des relégations ? Les équipes espoirs suivront-elles aussi ? On attend et on a envie d’avoir ces informations.
 

On imagine que c’est compliqué de se projeter, aujourd’hui…

C’était déjà compliqué de se projeter avec soixante clubs et une poule régionale, alors avec la crise qu’on traverse actuellement… Et puis on a depuis peu cette option qui fait que pour moi, président de Dax, on se dirige vers des déplacements à Bourg-en-Bresse, Narbonne, Massy, Suresnes, Nice… Ça change de Saint-Jean-de-Luz, Oloron ou Tyrosse et je parle, là, des distances, pas de la qualité du rugby. Ensuite, il n’y a pas que le coût des déplacements qui rentre en compte. Il y a aussi le fait d’avoir des ressources pour structurer son centre de formation. Il y a trois ans, Dax est descendu de Pro D2 et je peux vous garantir qu’il y a des ressources, comme les droits télé, qui ne sont plus là. Le département et la région baissent leur participation et c’est logique puisqu’on ne fait plus partie du rugby pro.
 

Quel serait l’impact, de ce projet, sur le recrutement ?

On parlait de disparité par rapport aux poules régionales, mais il n’y en a pas vraiment. L’année dernière, la nôtre était hétérogène et nous avions des matchs serrés tous les week-ends, et pourtant nos joueurs s’entraînaient tous les jours. Après, c’est vrai que certaines rencontres étaient peut-être un peu moins relevées. L’année prochaine avec cette éventuelle division, tous les matchs seraient de haut niveau et au lieu d’avoir trois très bons piliers, il m’en faudrait six. Il faudrait également trois neuf de bon niveau, des joueurs en plus et ça aurait un impact sur le budget.
 

Dax était deuxième de sa poule avant l’arrêt du championnat. La saison était-elle, jusque-là, satisfaisante ?

Elle a été en demi-teinte. Le début de saison a été compliqué. La première année, nous avions fait une très bonne saison en Fédérale 1 et nous n’avions pas de poule régionale. Là, sur les matchs aller, on s’est rendu compte que quand on joue des derbies, il faut montrer d’autres valeurs. On a mis un petit moment à les mettre en œuvre parce que notre équipe était jeune. C’est une politique qui est voulue. À partir du mois de décembre, nous avons été invaincus jusqu’à ce nul à Nantes avant l’arrêt du championnat. Nous étions sur une phase ascendante et en bonne position pour jouer les phases finales.
 

L’USD est descendue de Pro D2 en 2018. Vous êtes-vous fixé un délai pour retrouver cette division ?

Non. Nous voulons remettre le club en ordre de bataille, essayer de bien figurer dans les compétitions que l’on joue. Nous voulons miser sur les jeunes, le centre de formation et donner envie à tous les gamins que l’on a depuis l’école de rugby de jouer à Dax. Sur notre première année en Fédérale, dix-sept jeunes ont joué en équipe une. Ils sont encore sous contrat, ils sont restés, ils ont franchi un palier. Nous faisons de gros efforts sur notre centre de formation et nous allons essayer de le garder agréé même en Fédérale. Nous tentons de développer là-dessus, parce que c’est ma philosophie et nous avons ce devoir. On va essayer de rendre le club pérenne, déjà en Fédérale 1, puis essayer de retrouver le monde pro assez rapidement. Si la montée veut venir, elle viendra et on s’y accrochera. On ne fera pas n’importe quoi.
 

Frédéric Tauzin n’entraînera plus Dax l’an prochain. Pourquoi ?

Ça a été un accord commun. Fred avait fait deux très bonnes années, il avait apporté sa touche. J’étais allé le chercher parce que nous avions la même philosophie. Il a eu une opportunité de revenir chez lui, notamment pour une reconversion professionnelle. Il ne pouvait pas la manquer et il est reparti vers ses premiers amours à Anglet. De notre côté, on ne repartira pas sur un projet tout neuf, mais avec un nouvel entraîneur, oui.
 

Le nom de Jack Isaac circule pour prendre sa suite…

Jack fait partie d’une liste de trois ou quatre noms qu’on a, oui.
 

Quid de Jean-Frédéric Dubois ?

Il n’en fait pas partie, non. Stéphane Barbéréna restera entraîneur des avants. Emmanuel Magnien prendra en charge le centre de formation et gardera le secteur de la mêlée.
 

Qu’en est-il des joueurs ?

Nous allons nous renforcer au niveau des premières lignes. J’ai eu l’accord d’un gaucher, d’un droitier et d’un troisième ligne centre. Avec la période actuelle, on ne peut pas communiquer parce que tout va vite dans ce milieu et je préfère que les choses soient bien ficelées et signées avant d’annoncer les noms.
 

Selon nos informations, les noms d’Elvis Lévi et de Pieter-Jan van Lill ont circulé pour potentiellement intégrer votre équipe… Confirmez-vous ?

Ils font partie des joueurs qu’on pourrait éventuellement contacter, oui. Nous allons garder une énorme ossature de jeunes et je suis à la recherche de garçons expérimentés qui seraient capables de les tirer vers le haut. On sait que les supporters sont souvent avides d’avoir beaucoup de noms. On a l’impression qu’il n’y a qu’ailleurs que ça recrute, mais pour l’instant, on ne sait pas dans quelle division on va jouer. On ne sait pas quand la saison va reprendre. Il va y avoir des joueurs qui resteront sur le carreau. Plutôt que de se précipiter, nous préférons faire les choses bien comme il faut et je vous garantis que nous aurons une équipe très compétitive la saison prochaine.

Propos recueillis par Pablo Ordas
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