Laurent Thuery (Stade toulousain) et la passion des fraises

  • Laurent Thuéry pose avec les fraises qu’il fait pousser du côté de Clairac, dans le Lot-et-Garonne.
    Laurent Thuéry pose avec les fraises qu’il fait pousser du côté de Clairac, dans le Lot-et-Garonne. DR / DR
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Membre du staff du Stade Toulousain depuis 2015 et sacré champion de France l’année dernière, Laurent Thuéry mène, en parallèle de sa carrière rugbystique, une activité de fraisiculteur à Clairac, dans le Lot-et-Garonne.

Depuis toujours, la vie de Laurent Thuéry a balancé entre trois villes, entre trois départements : Agen et le Lot-et-Garonne où il est né en décembre 1988, Valence-d’Agen et le Tarn-et-Garonne, ville qui l’a vu faire ses débuts rugbystiques avec l’Avenir valencien, et Toulouse, préfecture de la Haute-Garonne. Il a été formé comme rugbyman dans la seconde avant de rejoindre la troisième pour intégrer l’équipe Espoir et devenir international chez les jeunes. Après un détour de deux saisons à la Section paloise en Pro D2, il a retrouvé son Avenir valencien où il évolua pendant six années supplémentaires (2012 à 2018) et en devint même le capitaine. Depuis 2015, il refréquente toutefois avec assiduité la Ville Rose, date à laquelle il a intégré le staff rouge et noir en tant qu’analyste vidéo de la touche, avant de prendre du galon et de travailler sur le secteur de la défense avec William Servat la saison dernière, l’année du dernier sacre des Toulousains.

Mais parallèlement à cette carrière rugbystique, il en est une autre qui le lie profondément à ses origines lot-et-garonnaises et à ses terres. Car quand il n’est pas entraîneur de rugby, Laurent Thuéry est fraisiculteur. Un métier qu’il n’imaginait pas exercer dans ses jeunes années même s’il possède une certaine cohérence avec son parcours. "J’ai grandi dans les fruits et légumes", lance-t-il en préambule. Fils d’un père arboriculteur et d’une mère travaillant dans l’import-export de fruits et légumes, Laurent Thuéry n’était encore qu’un simple joueur de l’Avenir valencien quand cette opportunité se présenta : "C’était en 2014. Cette opportunité de reprise s’est présentée et j’ai décidé d’y aller. Je n’avais pas de formation, alors j’ai appris le métier sur le tas, même si je connaissais déjà pas mal de choses et que l’équipe était en place avec un chef de culture et des ouvriers agricoles." Autre élément qui rassure, sa mère le suit dans sa démarche : elle commercialisera via sa société les fraises de son fils.

"J’aime cette notion de cultiver la terre, de nourrir les gens"

Mais surtout, sa démarche avait pour lui du sens : "J’ai d’abord songé à assurer mes arrières en préparant l’après-carrière, mais cela me fait aussi du bien d’avoir cette exploitation à côté du rugby, cela permet de s’ouvrir. Et puis j’aime cette notion de cultiver la terre, de nourrir les gens. Cela me correspond. Je trouve que c’est un métier honorable de faire de bons produits." Quatre ans après avoir pris les commandes de l’exploitation, celle-ci se porte très bien : Laurent Thuéry dispose de 11 hectares de serres installées sur 45 hectares de terres et produit environ 400 tonnes de fraises à l’année. "Une taille respectable", selon l’intéressé, qui s’y rend une à deux fois par semaine depuis son domicile, situé à Montauban. Et il retrouve dans son activité de fraisiculteur de nombreux parallèles avec l’entraînement rugby : "La gestion des hommes, l’esprit d’équipe, la poursuite d’objectifs, les embûches, les défis…"

Au bonheur  des fraises
Au bonheur des fraises - DR

L’un de ses défis est justement de pratiquer une agriculture raisonnable et responsable : "Nous essayons de trouver de nouvelles manières de faire. Nous avons mis en place un label de production répondant à un cahier des charges appelé Global CAP, un programme à Haute Valeur Environnementale (HVE). Par exemple, notre station d’irrigation est pilotée par ordinateur, afin de pratiquer un arrosage efficient, et pas simplement efficace." Sur un terrain comme sous une serre, l’entraîneur toulousain est toujours en quête d’excellence…

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