Le cœur sur la main de l’entente Biars-Bretenoux

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    Le cœur sur la main DR / DR
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Face aux difficultés pour se procurer des masques au début du déconfinement, l’école de rugby lotoise a décidé de piocher dans sa caisse.

À l’heure où l’on voit pulluler les opérations de com’ qui n’en finissent plus de remercier la terre entière de continuer à consommer malgré la crise du coronavirus, il est agréable de souligner une initiative totalement désintéressée. Celle-ci vient de la part d’une école de rugby celle de l’entente Biars-Bretenoux, située dans le Lot (46) et qui regroupe 141 enfants. Bien qu’elle soit rattachée au club seniors Rugby Club Biars-Bretenoux-Vayrac, qui évolue en Honneur, l’école de rugby est gérée de façon totalement indépendante par ses dirigeants, qui ont eu un geste d’une générosité rare. "Nous avons rapidement vu qu’il était délicat d’obtenir des masques pour le déconfinement, pose son président Younès Elhani, tant pour s’en procurer que pour en acheter, car le coût n’est pas négligeable pour les familles. Rendez-vous compte : pour retourner à l’école, les enfants ont besoin de quatre masques par jour qu’ils portent par tranche de deux heures… Pour certaines familles, c’est ingérable. Alors nous avons décidé d’utiliser tout l’argent que nous avons "économisé" par le biais de l’annulation de cette saison pour offrir deux masques lavables et réutilisables à chacun des 260 licenciés du club." Un geste d’autant plus honorable que si elle a fait des économies, l’école de rugby de Biars-Bretenoux s’est trouvée privée de sa principale source de revenu, son tournoi annuel (le trentième du nom) qui regroupe plus de 1 600 minots de la région…

"Les enfants sont fiers"

"Nous n’avons pas voulu vendre ces masques, même pas à prix coûtant pour nous rembourser. Nous voulions les offrir, point" insiste Younès Elhani, au club depuis 2010 et président de l’école de rugby depuis 2015. Le budget fut rapidement déterminé. "3 640 euros", précise le dirigeant, qui a eu la bonne idée de faire travailler une entreprise locale, la société voisine Sport’R, pour laquelle travaille un ancien joueur de l’équipe fanion, le troisième ligne Benjamin Guiral qui fut sacré champion de France de Fédérale 2 en 2010 avec Blagnac. Cerise sur le gâteau, la société a personnalisé ces masques aux couleurs du club, faisant d’eux le nouvel objet de désir de ses chères petites têtes blondes, ainsi qu’une façon positive de communiquer autour de l’école de rugby. "Chaque jour, je reçois des mails de parents qui me demandent quand les masques vont arriver, car les enfants sont impatients de les mettre pour aller à l’école, sourit le dirigeant. Ils sont fiers de porter les couleurs du club en classe, et il n’est pas rare que certains de leurs camarades se procurent des survêtements alors qu’ils ne jouent même pas au rugby." Qui sait ? Peut-être que c’est ainsi qu’il viendront au ballon ovale. Younès Elhani, aujourd’hui président, n’aurait d’ailleurs jamais imaginé y venir. "Je suis un ancien joueur de foot, puis je suis arrivé au club en inscrivant mon fils. Petit à petit, l’ambiance m’a plu, je suis devenu éducateur, puis dirigeant. Aujourd’hui, je regrette presque de n’avoir pas découvert le rugby plus tôt !" Que l’heureux président se rassure, il en est devenu un excellent émissaire.

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