La renaissance du Stade montpelliérain

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    La renaissance du Stade montpelliérain DR / DR
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Ce lundi, un deuxième club de rugby a vu le jour sur la place de la comédie. Sous l’impulsion de quatre amis, le vénérable Stade montpelliérain va renaître de ses cendres, afin de compléter l’offre rugbystique au niveau amateur dans un secteur géographique en souffrance.

On ne l’apprendra à personne : le rugby français ne va pas bien, plombé par une chute constante du nombre de licenciés (heureusement atténuée par l’expansion du rugby féminin), qui entraîne mathématiquement une baisse du nombre de clubs… Dans ce contexte, la création d’une nouvelle entité mérite forcément mention. Surtout lorsqu’il s’agit de la renaissance d’une institution, à savoir le vénérable Stade montpelliérain, créé en 1963 à l’initiative de l’ancienne plume du Midi Olympique Georges Pastre, jusqu’à sa dissolution en 1986 lors de la fusion avec le MUC, pour créer le MHR… "Le constat qu’on faisait autour de nous, c’est que le rugby va mal, explique l’ancien arrière de Narbonne Christian Trallero, à l’origine du projet. Chaque fusion, c’est un club qui disparaît, et là il en disparaissait beaucoup trop autour de nous… L’an dernier, Saint-Jean-de-Védas a dû fusionner avec Villeneuve-lès-Maguelone pour avoir une équipe première. Et cette année, cette entité cherche un troisième club pour s’associer avec eux, au point qu’ils ont sondé Mauguio et Frontignan… Juvignac n’a qu’une école de rugby, et pendant le confinement, j’ai appris que Lunel cherchait à se marier avec Palavas, alors que les deux villes sont distantes de trente kilomètres ! Depuis un an et demi, une bande de copains me disait : "Christian, si on monte un club, tu nous aides ?" Je leur ai dit : "les gars, si on doit faire quelque chose, c’est maintenant…" Et on s’est lancé dans cette aventure…"

Retrouver Sabathé ?

Cette bande de copains en question ? Elle est constituée de quatre mousquetaires. Le champion de France 1979 Christian Trallero donc, mais aussi l’ancien pilier de Montpellier Eric Boudaoui, l’homme d’affaires Cédric Khalkhal, ainsi que notre ancien confrère de Midi Libre et France 3, "JB" Moles. "Un club, c’est toute une histoire à écrire, reprend Trallero, qui fut par ailleurs longtemps le président du club de Bédarieux. C’est pourquoi on s’est décidé à recréer le Stade montpelliérain, parce qu’il n’y avait pas besoin de s’inventer un passé ou une histoire. Tout ça existait déjà… On s’est rapidement rendu compte qu’il pouvait y avoir un capital sympathie autour de ce club, pour redynamiser le rugby amateur à Montpellier. Sur les réseaux sociaux, les gens étaient très enthousiastes à cette idée. Alors, même si on va repartir d’une page blanche, sur de nouveaux statuts, on va reprendre le nom, les couleurs et l’identité visuelle du club pour lui redonner vie."

Un projet qui verra vraiment le jour ce lundi, lors du premier bureau du club qui se déroulera à la Crêperie de la Comédie, chez Christian Trallero. "On va tout recréer : une école de rugby, des cadets, des juniors. Des entraîneurs aussi, nous en avons tant qu’on en veut, beaucoup se sont déjà proposés… Le potentiel humain est là, le réservoir aussi, puisqu’il y a 40 000 étudiants à Montpellier… Et pour le stade, nous avons une piste pour occuper le terrain de l’Agro, qui est très bien entretenu. Et pourquoi pas celui de Sabathé, qui reste le terrain historique du Stade montpelliérain." Mais également celui de l’Association du MHR, ce qui n’inquiète pas les néo-dirigeants du Stade, forts de leur réseau. "On s’entend très bien avec Jean-Michel Arazo, le président de l’Association du MHR. On doit pouvoir s’arranger…"

Régis Sonnes en parrain

Car le but n’est évidemment pas de jouer les joyeux drilles, mais bien de figurer au meilleur niveau possible, dans un état d’sprit 100 % amateur. "Sportivement, on devrait partir en bas de l’échelle, en Troisième-Quatrième Série. Mais on compte rapidement se rapprocher de la Ligue pour voir si, pour une raison ou une autre, une fenêtre de tir est envisageable quelques crans plus haut…" L’amateurisme n’exclut donc pas l’ambition, dans un état d’esprit dont Christian Trallero se veut le garant et qui a d’ores et déjà séduit l’ancien entraîneur des avants de Toulouse Régis Sonnes, qui sera le parrain du club. "Pendant les six premiers mois, nous aurons quatre présidents, conclut Christian Trallero. Ensuite, je veux qu’il soit écrit dans les statuts, de manière irrévocable, qu’il sera interdit à quiconque d’exercer la présidence de ce club si on est âgé de plus de 60 ans. Le drame du rugby, c’est ces vieux présidents qui s’accrochent à leur fonction. Et je parle des vieux en connaissance de cause, j’en suis un … Alors, je vais aider à la création de ce club, puis je m’écarterai. Et l’autre chose à laquelle je tiens, c’est qu’il soit interdit à un président de rester en place plus de 3 ans." Alors, longue vie au Stade montpelliérain…

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