Chauveau : « Je n’avais plus envie de ça »

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La semaine dernière, le demi de mêlée du SUALG Xavier Chauveau a décidé, a seulement 27 ans, de mettre un terme à sa carrière professionnelle. Et si la vie de rugbyman pro n’était pas aussi douce qu’on ne le croit ?

Xavier Chauveau n’est pas à proprement parler une star. Il compte néanmoins une cinquantaine d’apparitions en Top 14, sous les couleurs du Racing 92 (2014-2019) ou d’Agen (2019-2020), et, pour l’avoir suivi dans les Hauts-de-Seine, il reste un rugbyman professionnel de bon calibre. Formé au Racing, Chauveau, barré dans le 92 par Maxime Machenaud et Teddy Iribaren, avait l’an passé décidé de relancer sa carrière au SUA. Moins d’un an après être arrivé en Lot-et-Garonne, il a pourtant choisi, a seulement 27 ans, de briser son contrat et mettre un terme à sa carrière professionnelle. Mais pourquoi, au juste ? "C’est une question que je me pose depuis déjà longtemps, explique-t-il en préambule. Le rugby, c’est ma passion et pour que ça le reste, le moment était pour moi venu d’arrêter." Xavier Chauveau n’est pas dans le cas de Census Johnston, qui nous avait confié il y a deux mois avoir traversé une grave dépression à l’époque où il jouait à Toulouse, parce qu’il ne supportait plus la routine du rugbyman professionnel. Mais dans la décision de Xavier Chauveau, il y a, en filigrane, le ras-le-bol d’un jeune homme dont la vie tourne autour du rugby depuis près de dix ans. "Je ne prends plus de plaisir à aller m’entraîner tous les jours, poursuit-il. Et puis, il y a ces nombreux déplacements, les journées passées à l’hôtel avant les matchs, la répétition des séances… Je n’avais plus envie de ça, c’est tout. […] La vie est courte. Je veux me lever le matin pour des choses qui me plaisent vraiment. C’est la raison pour laquelle je me tourne aujourd’hui vers d’autres projets." Il les détaille ainsi : "J’ai une licence d’économie que j’ai validée à la Sorbonne, à l’époque où j’étais pensionnaire du centre de formation du Racing. Puis j’ai intégré, en e-learning (cours sur internet), une grande école de management à Grenoble, au sein de laquelle j’ai récemment validé un Master en management. À moi de construire mon projet, désormais."

Il ne reprendra pas en amateur

Aussi décidé soit-il aujourd’hui, ne craint-il pas d’éprouver des regrets dans quelques mois ? En clair, n’a-t-il pas peur que la vie réelle ne l’assomme rapidement ? Après tout, le quotidien d’un sportif professionnel reste, pour de multiples raisons, le rêve de millions d’êtres humains. Chauveau enchaîne : "La vision idyllique qu’ont les gens de la vie de rugbyman professionnel, je la comprends tout à fait. Mais je me suis toujours dit que le jour où je ne prendrai plus de plaisir, je ne poursuivrai pas mon sport pour les mauvaises raisons, pour toucher un salaire confortable et garder la belle voiture. Je sais que revenir à un salaire lambda sera un peu difficile, au départ. Mais j’y ai bien réfléchi. Je suis serein et persuadé que ma décision est la bonne." Quant à savoir s’il reprendra le rugby un jour, il n’a aujourd’hui pas de réponse : "Dans un premier temps, je ne vais pas reprendre de licence en amateur. Plus tard, pourquoi pas. D’ici un ou deux ans j’aurai encore les jambes pour, après tout…"

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