Palmié : « La mort, je ne l’attends pas, je l’ai intégrée »

  • Lors de la saison 1975-1976, lors d’un Clermont - Béziers remporté par les Auvergnats (15-6), l’ouvreur montferrandais Jean-Pierre Romeu, dégage son camp sous la menace de son vis-à-vis Henri Cabrol. On reconnait, gauche à droite, Michel Palmié, Olivier Saïsset (baissé), Christian Prax, Alain Estève, Michel Droitecourt et Guy Gaparotto.
    Lors de la saison 1975-1976, lors d’un Clermont - Béziers remporté par les Auvergnats (15-6), l’ouvreur montferrandais Jean-Pierre Romeu, dégage son camp sous la menace de son vis-à-vis Henri Cabrol. On reconnait, gauche à droite, Michel Palmié, Olivier Saïsset (baissé), Christian Prax, Alain Estève, Michel Droitecourt et Guy Gaparotto. Midi Olympique / PHOTO ARCHIVES / Midi Olympique
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C’est avec ce franc-parler qu’on lui connaît que l’ancien deuxième ligne de Béziers et de l’équipe de France évoque à la fois une jeunesse dorée comme cette maladie contre laquelle il se bat depuis huit ans.

Quelle est la meilleure méthode pour faire parler Michel Palmié ?

Au temps de l’inquisition, il aurait fallu me brûler la plante des pieds. Peut-être me serais-je mis à parler. Mais parler, pour quoi faire ?

Certains voulaient m’envoyer en prison. Les chiens aboyaient et le Bouclier de Brennus revenait inlassablement sur les allées Paul-Riquet à Béziers.

Pour raconter par exemple vos souvenirs de joueur, de dirigeant.

Je ne suis pas un passéiste, mes souvenirs je les garde pour moi, à l’intérieur. Je ne vais pas me gargariser avec ce que j’ai fait, ce que j’ai réussi ou manqué. Je ne suis pas timide mais je n’aime pas me regarder le nombril. Une fois l’épisode joueur terminé, je suis passé à autre chose, idem avec celui de dirigeant. J’ai refermé le livre d’images, pour toujours. Vous ne me ferez pas dire, même à mon âge, que c’était mieux avant.

D’accord, mais Michel Palmié a compté dans la vie des gens quand vous étiez deuxième ligne de Béziers et de l’équipe de France. Vous avez remporté huit Brennus et décroché le grand chelem en 1977, c’est loin d’être anodin.

Cette retenue pourrait s’expliquer par une forme de pudeur, mais pas seulement. Lorsque j’étais joueur, je ne collais pas aux basques des journalistes, ce n’était pas mon genre. Dans les deux équipes où j’ai joué, l’AS Béziers et le XV de France, j’ai toujours entendu des critiques à propos du jeu pratiqué : il ramenait des titres mais ne plaisait pas. Alors, mes coéquipiers et moi nous sommes refermés sur nous-mêmes. On s’est forgé un mental de gagneurs. Contre la terre entière, journalistes compris. Nous formions une équipe, le reste on s’en foutait.

Des gens vous aimaient quand même, à commencer par tous ces supporters biterrois ?

Oui, mais ailleurs qu’à Béziers, j’ai passé ma vie à me faire insulter. À me faire traiter d’assassin, de bandit.

De mafieux ?

Oui, aussi.

On n’avait pas imaginé ça aussi violent.

Certains voulaient m’envoyer en prison. Les chiens aboyaient et le Bouclier de Brennus revenait inlassablement sur les allées Paul-Riquet à Béziers.

Et vos adversaires, vous en voulaient-ils aussi ?

Nous étions copains avec les joueurs, on se respectait. Il est resté une forme d’affection entre nous.

Avec les Brivistes des années 70 notamment.

Oui, mais pas seulement. Pour le public, les supporters, c’est un autre débat. Ils étaient dans les tribunes et heureusement pas sur les réseaux sociaux. Quand les insultes ne pleuvaient plus, on s’en étonnait presque. Cela voulait dire aussi qu’ensemble, nous avions fait taire les cons.

Pour ceux qui n’ont pas connu cette époque, comment résumeriez-vous ce jeu pratiqué par cette équipe que l’on appelle encore le Grand Béziers ?

Un jeu basé sur la conquête. Mais pas seulement. Le but était de tomber au sol le moins souvent possible. De donner le ballon avant contact pour rester toujours disponible, ainsi nos actions duraient, rebondissaient. Il fallait quand même courir. J’ai le souvenir d’avoir terminé plus d’un match comme une serpillière. Le meilleur moment, c’était celui de la douche. Cela dit, notre équipe avait le matériel pour le pratiquer ce jeu. Quand tu as les mecs qui vont bien, c’est plus facile. Je mets dans le même sac Béziers et l’équipe de France. Entre les deux, il n’y avait pas de différence de style.

L’une et l’autre savaient aussi intimider leurs adversaires.

Le rugby est un sport de contact, de combat. Avant de penser à gagner, il m’a toujours paru primordial de prendre le dessus sur mon adversaire direct. Si les quinze joueurs d’une même équipe remportent leur duel, tu ne peux pas perdre.

Vous avez été longtemps dirigeant à l’ASB, à la FFR et aussi au sein des Coupes d’Europe. Profitez-vous de votre retraite professionnelle pour vous adonner à d’autres loisirs comme la corrida ou les concours d’équitation ?

Non. Tout ça c’est derrière, terminé. Je ne m’occupe plus de rien. Je suis détaché. Je ne parle plus de rugby. J’ai connu des problèmes de santé.

Vous voulez en parler.

Ça n’intéressera personne.

Peut-être, mais il y a des gens pour qui vous comptez encore et qui aimeraient en savoir davantage. La santé, c’est secret ?

La santé, ça va, ça vient, au gré des résultats des examens et des contrôles que je passe tous les mois. Je suis comme beaucoup de gens de mon âge. J’ai chopé un truc.

Un cancer ?

Oui. Depuis 2012. Cela fait huit ans que je bagarre. Quand tu mènes ce type de combat, le reste passe au deuxième plan.

Huit ans de lutte, c’est une épreuve.

C’est comme ça. Je vis avec ce mal. Je m’adapte. Je porte un autre regard sur mon existence. Je connais des hauts, et puis des bas. Je reste positif. Si tu crois que c’est perdu d’avance, mieux vaut ne pas combattre.

Qu’est-ce qui est devenu central ?

La famille. Je me concentre sur mes enfants et mes petits-enfants. Le rugby, je n’ai plus envie d’y aller. Je n’ai plus le goût de m’occuper de tout un tas de trucs comme je le faisais avant.

C’est difficile d’en parler ?

Au début, seul un petit groupe était au courant. Maintenant, j’en parle. Il n’y a pas de mauvaise curiosité, ce n’est plus un secret.

Ça le sera d’autant moins maintenant.

J’avance au jour le jour, je ne fais aucun projet d’avenir. Je tiens le manche pour rester en vie le plus longtemps possible. Je ne vis plus dans l’insouciance, j’ai changé. Chaque fois que je reçois mes bilans, je suis content s’ils sont bons, je fais la gueule s’ils ne le sont pas.

Et à la mort, vous y pensez ?

J’y pense comme tout le monde. Comme beaucoup, je pourrais dire que je n’en ai pas peur. Mais mon cul (sic). Je veux bien partir mais le plus tard possible. Par avance, ce qui peut me faire le plus de peine ce serait de ne plus voir les gens que j’aime, ma femme, les enfants et mes petits-enfants. Avant, je ne me rendais pas compte de ça. Personne n’est éternel, nous sommes tous condamnés. Je me suis armé de philosophie. Je m’accroche pour ne pas basculer. Je ne fais pas une fixation sur ce qui va arriver, je ne me sens pas traumatisé ou dépressif. La mort, je ne l’attends pas, je l’ai intégrée. La maladie m’a préparé à cette échéance. Ce n’est pas comme mourir sur le coup, dans un accident de voiture. J’ai un but pour le reste de mon existence, celui de maintenir en vie le plus longtemps possible. Mi-mars qui aurait pu dire que 30 000 personnes allaient décéder en France à cause de ce virus. La vie est tellement bête à certains moments.

Pendant le confinement, vous êtes-vous rendu à l’hôpital ?

Oui, en prenant toutes les précautions. Hier (l’interview a été réalisée juste avant la sortie du confinement), j’étais à l’hôpital pour y suivre un traitement. J’y reviendrai demain matin. De novembre à janvier, j’ai été traité par radiothérapie.

Vous avez toujours la même vivacité dans la voix. Elle n’est pas celle de quelqu’un en traitement.

Tant mieux si je n’ai pas une voix d’un malade. Il faut rire, garder son humour, ça fait partie aussi de la thérapie.

Et la famille est là, à vos côtés.

Oui, ma femme, mon fils, mes deux filles. J’ai cinq petits-enfants et un sixième arrivera bientôt. Tout ça me fait du bien. La vie est faite de rencontres, d’épisodes. L’arrivée de petits-enfants m’a donné l’impression de rajeunir. Le mercredi après-midi, avant le confinement, j’amenais l’un d’entre eux à l’entraînement chez les moins de 6 ans à l’ASB.

Il porte le nom de Palmié ?

Il s’appelle Benoît Étienne-Palmié. Il a le nom de son père et de sa mère. Le mercredi, donc, car je ne peux plus trop marcher, je reste dans la voiture, et je regarde. Je me fends la gueule en voyant ces gosses s’entraîner. Il y a dans leurs jeux une pureté qui me touche. Ils ne sont pollués par rien ni personne. J’aime ces moments-là.

La boucle est en train de se boucler.

Je retrouve le rugby au plus bas de l’échelle. J’y prends une belle bouffée d’oxygène. Attention, je reste dans mon coin, je ne vais pas à la rencontre des éducateurs. Je ne la ramène pas.

Là, une génération de cinquantenaires a mis dehors les anciens. Pour simplifier, de jeunes cons ont remplacé de vieux cons.

Et le rugby d’aujourd’hui ?

Je lis la presse. Je n’ai plus beaucoup de contacts. Les gens connaissent mes opinions.

C’est-à-dire ?

Le confinement imposé par la pandémie a mis en exergue les problèmes fondamentaux du rugby. Ce sport vivait au-dessus de ses moyens. Tout tourne autour du fric, et à tous les niveaux. Ce sport a perdu en passion et a développé un côté mercantile qui ne me va pas. Mais du fric, avec cette fin de saison amputée de phase finale, il va en manquer. Il manquera aussi des gens. Je ne sais où le rugby se trouverait si quelques mécènes ou quelques municipalités ne mettaient pas la main au portefeuille. Entre les sorties et les entrées rien ne cadre. Aujourd’hui, tout le monde racle les fonds de tiroir mais il faut bien se projeter dans l’avenir, même si les nouvelles ne sont pas brillantes. Chaque deux ou trois ans, au niveau professionnel, il y a toujours eu un jobard pour mettre encore plus d’argent dans la machine. Ça rajoute du bordel au bordel. Résultat, cela a envoyé des clubs au tapis.

Que faire ?

Repartir de zéro, prôner la modération et la solidarité. Sans ça, je ne sais pas comment les affaires tourneront. Ou plutôt, je sais, la crise laissera quatre clubs vivants, c’est tout. Certains aimeraient qu’il en soit ainsi. Alors, il serait beaucoup plus facile de construire un championnat du monde des clubs avec une poignée de représentants français. Un jour, ces écuries seront la propriété de la Fédération et la Ligue disparaîtra : ce programme est depuis longtemps dans les cartons. Si les présidents de l’élite n’ont pas compris ça…

Il y a quatre ans vous n’étiez plus sur la liste de Pierre Camou mais vous la souteniez. Comment avez-vous vécu l’arrivée de l’équipe Laporte ?

Il y a eu un clash. Pierre Camou et son équipe ont été battus. Il faut toujours savoir tirer les conséquences d’une élection. Là, une génération de cinquantenaires a mis dehors les anciens. Pour simplifier, de jeunes cons ont remplacé de vieux cons. C’est un peu ce qui s’est passé au niveau politique quand Emmanuel Macron est devenu président, tout un personnel politique est sorti de scène.

L’équipe de France comme la Fédération n’ont jamais appartenu à personne, il est normal qu’un jour la route tourne.

Bien sûr. Je connais le principe et je le comprends. Je pensais que les nouveaux allaient changer le système en mieux. En réalité, il n’a fait qu’empirer. C’est tout pour le fric. Je crois que les membres de l’ancien comité directeur étaient avant tout des bénévoles, là c’est terminé. Des décisions se prennent au plus haut niveau, à une poignée, et des dirigeants placés plus bas démissionnent, comme c’est arrivé dernièrement, car on ne leur a pas demandé leur avis. Est-ce que les clubs qui ont voté pour cette nouvelle équipe pensaient au fond d’eux-mêmes que les affaires tourneraient ainsi ? Je ne le crois pas. Certains espéraient que ça change réellement. Mais de changements, ils n’en ont pas vu. C’est pire qu’avant. Les clubs amateurs sont financièrement à la rue. Même à ce niveau, on ne parle que d’argent. Les prochaines élections fédérales sont prévues en septembre, mais la sagesse voudrait qu’elles soient repoussées.

Revenons à l’ASB, les anciens se voient-ils encore ?

Oui, aux enterrements. Chacun a sa vie.

C’est triste. Légende ou pas, il s’est longtemps dit que les joueurs du Grand Béziers ne s’entendaient pas ?

Ce n’est pas la vérité. Dans n’importe quel groupe, les personnes développent ou pas des affinités. Une équipe de rugby est une petite société où l’on peut être copain sans être ami. Dire que les gars étaient fâchés est une énorme connerie.

Et vous, qui fréquentez-vous ?

Quand je travaillais, je voyais du monde. Là, j’en vois deux-trois.

Avez-vous gardé des souvenirs, des maillots de l’époque où vous jouiez ?

Non. Pas trop. à la maison, on ne discutait pas de rugby et encore moins de ma carrière. Un jour, à table, une de mes filles, passionnée de cheval, s’était mise à parler de Michel Robert, le cavalier, maintes fois titré au niveau mondial et national. J’avais mis mon grain de sel dans la discussion. Ma fille m’avait répondu : "Le jour où tu auras gagné autant de titres, tu pourras parler." Ma femme était intervenue pour lui dire que j’avais été champion de France à huit reprises. Elle ne le savait pas. C’est dire si nous évoquions mon passé de joueur.

Y a-t-il des moments que vous aimeriez revivre de votre jeunesse ?

Non. Je me suis régalé. La vie était belle. Voilà.

J’ai le souvenir d’une demi-finale, contre l’Usap, à Toulouse, théâtre d’une belle partie de manivelles. Ça volait dans tous les sens. Les autres bagarres, je les ai oubliées.

Vous arrive-t-il encore d’aller voir jouer votre club au stade de la Méditerranée ?

Non, ne vais plus aux matchs car j’ai des problèmes de locomotion. En dehors du "truc" avec lequel je vis depuis huit ans, j’ai subi plusieurs opérations, à un fémur, à une hanche. J’ai une prothèse à un genou. Je suis passé sur le billard pour une hernie discale. Tout ça additionné, il m’est difficile de marcher.

C’est dur.

Aujourd’hui, je paie les agios d’une vie de joueur de rugby bien remplie. En simplifiant, je pourrais dire que j’ai donné.

Vous avez pris aussi, comme ce nez que vous avez de travers.

C’est un détail.

Quelles relations entreteniez-vous avec ceux du grand chelem 77 ?

On se téléphone. On prend des nouvelles. La Fédération nous avait réunis en 2017 pour commémorer les quarante ans. Le 15 août dernier, il y a eu un rassemblement à Sarlat autour des Barbarians.

Cette année 1977 fut remarquable pour vous, vous aviez remporté le Brennus et le grand chelem ?

Oui, et aussi le Du-Manoir et le Bouclier d’automne.

En mai 1977, l’ASB bat Perpignan en finale. Votre vis-à-vis s’appelait Paul Goze, le président actuel de la Ligue professionnelle. Entre deux touches, n’aviez-vous pas tenté de l’assommer ?

Honnêtement, je ne m’en souviens pas. Entre revanche, j’ai le souvenir d’une demi-finale, contre l’Usap, à Toulouse, théâtre d’une belle partie de manivelles. Ça volait dans tous les sens. Les autres bagarres, je les ai oubliées.

Cela ne vous a pas empêché de nouer une grande amitié avec Paul Goze.

Ce n’est pas parce qu’on se mettait sur la gueule qu’on ne pouvait pas être copains. Sans ce principe, je serais fâché avec la terre entière.

Comment jugez-vous l’action de Paul Goze au sein de la Ligue ?

Son physique pourrait laissait croire que Paul est un type rustre. Détrompez-vous, c’est quelqu’un de très fin. C’est un négociateur avisé. Je connais la bestiole, on ne déstabilise pas comme ça. Bernard Laporte, président de la FFR, et Serge Simon, le vice-président, ont bien essayé au début de leur mandat de lui prendre la Ligue. Ils sont tombés sur un os. Et il est toujours là.

Avec Béziers, votre demi de mêlée s’appelait Richard Astre, et en équipe de France, c’était Jacques Fouroux, deux personnalités opposées, aviez-vous une préférence ?

Non. Leur style était différent. Leur point commun, c’est d’avoir réussi à s’imposer derrière deux gros packs d’avants. Jacques était toujours en train de monter des trucs, avant, pendant et après les matchs. Richard, était dans la stratégie, l’analyse.

Richard Astre nous disait dernièrement que jamais il n’avait vu personne pleurer lors d’une préparation de match dans le vestiaire biterrois.

Bien sûr, il ne servait à rien de pleurer ou de se mettre dans tous ses états. Il n’était pas question d’entrer sur le terrain surmotiver. Nous connaissions nos forces. Notre équipe avait accumulé une grande expérience au fil des saisons. Elle abordait sereinement tous les événements importants.

En 1974, vous devenez titulaire en deuxième ligne, et vous repoussez Alain Estève en troisième ligne alors qu’il se disait que Raoul Barrière n’avait pas confiance en vous.

Pas tout à fait. Junior, j’étais déjà dans le groupe en 1971 lors de la finale de Bordeaux contre Toulon. L’année suivante, conclue par un nouveau titre, comme Brive, j’avais le même statut. À l’époque, il n’y avait pas de joueur remplaçant. C’était le terrain ou les tribunes. Puis Raoul Barrière a voulu grandir son alignement. C’est comme ça que j’ai gagné ma place en 1974. Nous avions cinq sauteurs : Georges Sénal, Alain Estève, Yvan Bunonomo, Olivier Saïsset et moi. Nous étions grands mais tous ne sautaient pas en touche. (rire)

Vous détournez ce ballon qui finira entre les poteaux après un drop à la dernière seconde d’Henri Cabrol. Reconnaissez-vous avoir balancé Claude Spanghero pour lui prendre cette balle décisive ?

J’ai fait ce que j’avais à faire.

En haut, Michel Palmié, en 2012, lors d’un match de Coupe d’Europe.
En haut, Michel Palmié, en 2012, lors d’un match de Coupe d’Europe. - MIDI-OLYMPIQUE - GARCIA BERNARD

Mais encore.

Une deuxième ligne est là pour attraper des ballons. Je n’ai pas balancé Claude, je ne me suis juste appuyé sur lui. C’est différent. L’arbitre, Francis Palmade, n’a rien vu, preuve que c’était bien fait. (rires)

Quel Biterrois vous a le plus impressionné durant votre carrière ?

(Silence) (il souffle). Je ne me suis jamais posé la question. Il y en a trop. Notre force était collective, il n’y avait pas de place pour les individualistes.

Des anciens joueurs, un seul eut droit à un jubilé, Armand Vaquerin, décédé en 1993, l’homme aux dix Boucliers.

Je m’en souviens très bien, j’étais président à l’époque avec Jean-Louis Martin. Armand est l’exception qui confirme la règle. Ce club n’était pas dans l’auto-congratulation. Un jubilé, c’est la célébration d’un joueur. C’est l’individualisme porté à l’extrême.

Cette idée du collectif qui faisait la force de votre équipe n’a-t-elle pas été pesante ?

Au contraire. Nous étions un groupe. En rugby, tu ne joueras jamais tout seul.

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