35 millions d'euros d'aide aux clubs : le plan de la FFR va peser dans l'élection

  • En pleine crise du coronavirus, l’annonce du plan d’aide au rugby amateur a été une vraie bouée de sauvetage pour les clubs. Photo Icon Sport En pleine crise du coronavirus, l’annonce du plan d’aide au rugby amateur a été une vraie bouée de sauvetage pour les clubs. Photo Icon Sport
    En pleine crise du coronavirus, l’annonce du plan d’aide au rugby amateur a été une vraie bouée de sauvetage pour les clubs. Photo Icon Sport
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Le plan de soutien de la FFR, décrété fin mars et à hauteur de 35 millions d’euros en direction du monde amateur, a été accueilli avec beaucoup de satisfaction et de soulagement dans les clubs. Au point de faire basculer l’élection? En tout cas, il aura une influence...

Il faut reprendre le fil des discussions pour bien saisir les motivations qui conduisent les clubs à se prononcer, en ce début du mois de juin et à un peu moins de 4 mois de l’élection à la présidence de la FFR, majoritairement en faveur de Bernard Laporte. Les cas sont différents, dans chaque club, et les raisons multiples. Des tendances fortes ressortent pourtant. Dont celle-ci, en première position : la réaction fédérale face à la crise du Covid-19 qui a fortement impacté les économies des clubs. Deux points, plus précisément : la FFR a fait vite et fort. "S’il pouvait demeurer des doutes après les premières années de mandat, il faut reconnaître que l’équipe en place a tenu ses engagements sur ce point : sa préoccupation, c’est nous, les petits clubs amateurs. Avant d’entendre parler de toutes les discussions avec la Ligue, ils ont travaillé et vite communiqué sur un plan pour nous venir en aide. Beaucoup de monde a vécu cette annonce comme un soulagement" justifie un club du Sud-Ouest, engagé cette saison en Fédérale 3.

Le même président poursuit. "Jusqu’ici, bon… Derrière les promesses, on voyait surtout Bernard Laporte discuter sur les plateaux télés et dans les instances internationales. Les petits clubs, on avait eu quoi ? Quelques ballons, des écrans de télé… Cette fois, ils ont tenu la barre et leurs engagements. Il faut reconnaître l’efficacité de leur action." Un autre président, d’une structure plus modeste dans l’est de la France, va plus loin dans l’importance qu’a revêtue pour lui le plan de 35 millions dégagés par la FFR. "Je vais être très clair : il y a quelques mois, je vous aurais répondu voter pour Grill. En fait, je l’aurais fait surtout par défiance envers la gouvernance de Bernard Laporte. Aujourd’hui, ma voix va à Bernard Laporte." Aussi simple que cela ? "Non, ce n’est pas simple ou simpliste. Laporte et son équipe ont répondu à nos attentes. L’annulation de tous les prélèvements pour la saison prochaine, et même leur suspension à compter du 1er avril, ça a été une énorme bouffée d’oxygène pour nous."

Un soulagement dans l’immédiat

Au-delà de la question de la pertinence de l’action, c’est son écho positif auprès des clubs, dans une réalité économique anxiogène, qui est notable. Et sur le fond ? L’opposition livre une autre lecture de ces 35 millions d’euros. Ainsi, Florian Grill : "Je suis pour la suspension des versements de cotisations des clubs. Mais à condition de dire la vérité : les clubs suspendent leurs versements à un fond d’assurance pour les grands blessés du rugby. Ce fonds, qui n’est même pas l’argent de la Fédération, va baisser de 25 millions d’euros. Il faut le savoir. Si par malheur un certain nombre de joueurs sont victimes d’accidents, le risque de cotiser à nouveau existe."

Le débat se situe ici sur le fond, sur le montage financier. "Tel que c’est présenté, on a l’impression que c’est la fédération — et même, carrément, Bernard Laporte — qui fait un chèque. C’est faux. Ce sont les clubs qui vont décider de suspendre leurs versements et récupérer leur propre argent."

Sur la forme, Grill et son équipe "ne peu [en] t que se féliciter du principe d’un soutien pour des clubs qui sont dans la difficulté pour cette saison et surtout en vue de la saison prochaine." En ces temps difficiles, pas sûr que les présidents de club passent outre la forme et le soulagement immédiat, au moment de voter.

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