Laurent Bazin : « Notre refus de participer au National a arrangé beaucoup de monde »

  • Laurent Bazin, président du CS Vienne, qui restera en Fédérale 1 la saison prochaine.
    Laurent Bazin, président du CS Vienne, qui restera en Fédérale 1 la saison prochaine. Le Dauphiné Libéré / Le Dauphiné Libéré
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Invité à rejoindre le nouveau championnat National, le CS Vienne a finalement préféré décliner l'offre et rester en Fédérale 1. Laurent Bazin, président du club, explique les raisons de ce refus et critique la création « dans l’urgence » de cette compétition. 

Comment se sont déroulés ces derniers jours pour vous ?

Ils ont été très compliqués… Lundi soir, en interne, il était encore acté que Vienne allait répondre favorablement à l’invitation d’intégrer le National. Mais mardi, au moment de vraiment prendre notre décision, on s’est aperçu que cela allait nous poser certains problèmes que nous n’avions pas vraiment envisagés.

Lesquels ?

À Vienne, tous les joueurs sont pluriactifs. Or, pour intégrer le National et bien y figurer sportivement, il aurait été nécessaire de nous renforcer avec quatre ou cinq joueurs professionnels. Financièrement, je pense que l’on pouvait se le permettre, mais vis-à-vis de nos pluriactifs, on pense que cela aurait posé problème. On l’a expérimenté par le passé, et on sait que c’est difficilement gérable d’avoir deux poids, deux mesures au sein d’un effectif.

Le passif de votre club, qui a connu de grosses difficultés financières il n’y a pas si longtemps, a-t-il contribué à votre prudence ?

Oui, bien sûr. Il était hors de question de refaire les conneries du passé (sic), de plomber le club pour les années à venir alors que nous avons trouvé une certaine pérennité sportive et financière en Fédérale 1. Ce que l’on regrette, au final, c’est la façon dont la FFR a bâti cette compétition dans l’urgence. C’est de la politique et du copinage, rien de plus.

À quel sujet ?

Nous avons eu les premières discussions début avril, au moment où le Covid battait son plein. À l’époque, pour moi, le rugby devait reprendre en janvier, pas avant. Mais la manière dont a été actée la fin des compétitions a été assez ridicule. On bricole dans l’urgence, on fait monter tout le monde, on ne fait descendre personne, bref, on fait plaisir à tout le monde, une année d’élections qui plus est… Le pire, c’est que sportivement, je suis convaincu que cette division est nécessaire ! Mais là, elle a été montée si vite que des cinquièmes de poule vont y participer. Ça ne fait pas très sérieux…

On imagine que votre décision a été d’autant plus difficile à prendre qu’elle permet la participation de clubs comme Chambéry ou Bourgoin, face à qui vous aviez réalisé vos meilleures affluences…

Oui et non, il n’y a pas que ça… C’est sûr qu’il y avait l’an dernier de bons derbys contre Bourgoin ou contre Chambéry, mais je ne sais pas si c’est notre refus de participer au National qui va permettre à ces clubs de l’intégrer. Ce qui est sûr, c’est que si nous avions dit oui, il y aurait eu quinze clubs sur la ligne de départ, et la FFR aurait été embêtée… Finalement, notre refus a arrangé beaucoup de monde.

Avez-vous subi des pressions ?

Non, pas du tout. En revanche, j’avoue qu’on nous a un peu pressés pour répondre. Quand on nous a dit que nous avions jusqu’à mardi soir, nous pensions avoir jusqu’à minuit. Mais dès 10 heures du matin, on a reçu des mails et des appels selon lesquels nous étions les derniers à ne pas nous être prononcés, qu’il fallait se dépêcher… Au final, nous aussi, on a été pressé de se décider. Pour l’instant, c’est encore un regret, mais j’espère que l’avenir nous dira que nous avons fait le bon choix. On va simplement essayer de se stabiliser encore plus pour prétendre à cette division, sportivement cette fois.

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