À Dublin, le monde du rugby discutera de sa révolution

  • Bill Beaumont président de World Rugby
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Du point de vue de l’organisation du rugby mondial, c’est un rendez-vous historique qui se tient ce lundi à Dublin avec l’ensemble des dirigeants des deux hémisphères pour envisager la création d’un calendrier unifié. Ce serpent de mer peut-il devenir réalité ? Les deux postulats de départ sont en tout cas très éloignés. Alors que World Rugby avait préparé quatre scénarios, la LNR, associée à son homologue anglaise, a élaboré un tout autre agenda. Les deux vont se confronter. Pour quel résultat ? C’est l’inconnu.

Avec autant d’intérêts divergents et des intérêts qui divergent autant, l’ambiance s’annonce chaude. Cordiale, on peut le souhaiter, entre gens d’éducation tout de même soutenue, mais pour le moins chaude. Ce lundi à Dublin s’ouvre une séquence qui, dans les faits, jure d’aboutir à une révolution. Rien que ça. Et la révolution ne se fait jamais sans sacrifice.

Qui trouvera-t-on là ? Les présidents et représentants de tout ce que le rugby mondial compte de décideurs (voir page 3). Ceux des clubs professionnels, des nations et de toutes les compétitions majeures. C’est assez rare pour être souligné. Cela démontre, aussi, la puissance de la séquence qui s’ouvre, suffisamment importante pour que clubs et nations, souvent opposés, siègent cette fois autour d’une même table de réunion. Si la collégialité est de mise, c’est que le sujet de l’alignement des calendriers est aussi vital que clivant.

« C’est le moment ou jamais », paraît-il…

D’un côté, on trouvera donc World Rugby et ses affiliés. Lesquels ont planché sur quatre scénarios de construction d’une saison type, pour préparer cette réunion. À chaque piste de travail ses subtilités et ses légers décalages mais la ligne directrice paraît claire : calquer l’agenda sur l’année civile, à la manière du Sud, avec une moitié de l’année pour les championnats et presque autant pour le rugby international. Le premier scénario table sur un début de saison des clubs en février, suivi par le Tournoi en mars-avril, les compétitions domestiques de mai à septembre, les tests internationaux ou la Coupe du monde en octobre-novembre, du repos en décembre et la préparation en janvier ; le deuxième scénario prévoit un démarrage un peu plus en amont avec une coupure en août ; le troisième place le Tournoi en février avant la reprise des clubs jusqu’en août puis la fenêtre internationale en suivant avant une pause en décembre ; le quatrième constitue un mélange des deuxièmes et troisièmes moutures avec un démarrage en décembre-janvier et une pause en août. Quand on jette un œil aux toutes nouvelles propositions de la LNR, apparemment partagées par son homologue du Premiership, on mesure le monde d’écart séparant les dirigeants amenés à s’asseoir autour d’une même table : à l’heure de se mettre le cap sur Dublin, Paul Goze et ses associés sont disposés à des aménagements mais en aucun cas à un tel chambardement. Décaler d’un mois le coup d’envoi, aménager des périodes pour les sélections, inclure un championnat du monde des clubs tous les quatre ans, pourquoi pas… Mais la révolution, avec une compétition condensée, écrasée par le reste, paraît impensable à leurs yeux.

À première vue, un compromis semble pour le moins aléatoire. L’importance de l’échéance peut-elle amener tout ce petit monde à accorder ses violons pour écrire une seule et même partition ? Le rendez-vous de Dublin en revêt presque un caractère historique. Comme l’affirmait le boss des Lions britanniques, la semaine dernière, Mister Warren Gatland : "C’est le moment ou jamais. Si nous ne le faisons pas maintenant, nous le ferons jamais." À vous de jouer, Messieurs les dirigeants ; la plus épique de toutes les parties s’apprête à débuter.

Léo Faure avec Vincent Bissonnet
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