Roubert : « On veut trouver un modèle qui préserve notre saisonnalité »

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Le président de Lyon pressenti pour participer aux réunions sous la double casquette de la LNR et de l’EPCR, il en brosse les enjeux tout en levant le voile sur la position des clubs français dans le débat, évidemment peu enclins à débuter la saison en janvier, et encore moins à jouer pendant l’été…

Quels sont les enjeux de la réunion de Dublin ?

World Rugby aimerait harmoniser le calendrier mondial pour répondre notamment aux besoins des nations du Sud, qui aimeraient donner une valeur supplémentaire aux matchs internationaux, afin de dynamiser le calendrier international. Mais il s’agit de trouver des solutions pour y parvenir…

Et quelle sera votre position dans ce débat ?

En tant que représentant de la LNR et de l’EPCR, on se veut évidemment ouvert et constructif. On va écouter ce que l’on nous propose, tout en gardant en tête que s’il n’est peut-être pas le meilleur championnat du monde, le Top 14 se porte bien. C’est en effet le championnat qui attire le plus de spectateurs et de téléspectateurs, génère le plus de droits TV et continue d’attirer tant bien que mal les stars de ce jeu. C’est un modèle dont on a bien conscience qu’il faudra toujours l’améliorer, mais qu’on ne veut pas sacrifier parce qu’il a fait ses preuves depuis vingt ans, ainsi que la Coupe d’Europe. Alors, nos objectifs dans ces négociations seront bien évidemment de défendre nos clubs qui seraient impactés, et préserver toute la dynamique d’histoire, de culture et de terroir qu’ils représentent. On veut aussi préserver la santé des acteurs du rugby, en leur garantissant des périodes suffisantes de repos.

Le Top 14 a-t-il les moyens de se faire entendre dans ce débat qui dépasse ses stricts intérêts ?

On va tout écouter, afin de bien comprendre les enjeux et les contraintes des uns et des autres, qu’il s’agisse des nations du Nord, de celles du Sud, de World Rugby, des provinces, des clubs… Mais les Ligues françaises et anglaises, ainsi que nos clubs, sont les plus gros acteurs économiques du rugby mondial. On ne peut pas nier que ces deux championnats dégagent de la valeur, il faut donc les écouter. Je pense que l’on peut tout concilier, trouver des solutions susceptibles de ménager nos championnats et une Coupe d’Europe qui serait repensée, tout en gardant des créneaux disponibles pour créer la Ligue des Nations et disputer une Coupe du monde des clubs tous les quatre ans.

Le cœur du problème au vu des options étudiées jusque-là par World Rugby, c’est qu’il obligerait le Top 14 à jouer l’été. Ce qui le placerait systématiquement en concurrence avec d’autres grands événements sportifs comme le Tour de France, les JO, les compétitions internationales de foot…

Ça paraît compliqué, en effet, tant pour nos spectateurs que pour nos diffuseurs. Sans parler des acteurs… Pour des raisons évidentes liées à la chaleur, jouer l’été reviendrait à jouer avec la santé des acteurs et des spectateurs, d’autant que les grandes villes sont vides à cette période de l’année et que nos stades risqueraient de sonner creux. Et puis, nous sommes attachés à la notion de feuilleton, qui permet de vendre le produit Top 14. La symbolique de l’automne, de la rentrée, c’est toujours parlant pour entamer une série… Il est évident qu’on voudrait trouver un modèle qui préserve notre saisonnalité.

Décaler le début de saison en janvier reviendrait aussi à couper les passerelles avec les amateurs, dont la saison se calque sur le calendrier scolaire…

Cela fait partie de notre réflexion ! Quand on parle de culture, de terroir, ce qui fait la force du rugby français c’est justement cette passerelle entre les mondes professionnels et amateurs, que la récente création du National illustre plutôt bien. On ne veut pas d’un monde professionnel fermé, tous les clubs doivent être susceptibles de pouvoir y prétendre, et cela ne serait pas possible si l’on devait décaler les saisons des rugbys amateur et professionnel. Mais cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas être flexible par ailleurs… Nous allons écouter, mais aussi faire valoir nos propositions.

À ce titre, qu’attendez-vous de Bernard Laporte, à cheval entre les intérêts des clubs français et sa position de vice-président de World Rugby ?

Le rôle de Bernard Laporte est central, car il est bien évident que dans ces négociations, la France et même l’Europe se doivent d’avoir une position commune. Je ne parle pas là d’une position d’affrontement, qui verrait le Sud s’opposer au Nord et les clubs aux nations. Mais bien d’une posture commune, afin de pouvoir se mettre autour d’une table pour faire grandir le rugby au sens large, le rugby de tout le monde.

Vos propositions ont été sorties vendredi…

(il coupe) Un groupe de travail a réfléchi vendredi, à l’image de ce qu’ont fait les Celtes autour de Martyn Phillips. Au préalable, Paul Goze et Bernard Laporte avaient déjà échangé à ce sujet… Le mot est à la mode en ce moment, mais ce que l’on veut aujourd’hui, c’est reconstruire un modèle, arriver à un calendrier qui préserve les intérêts de tout le monde. Il me semble modestement que nos positions sont intéressantes pour World Rugby. Avec un peu de bonne volonté de la part de tout le monde, je pense cela possible.

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