Carbonel « J'ai envie de jouer, pas de prendre l'avion tous les jeudis »

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Auteur d’une deuxième saison complète avec Toulon, le double champion du monde U20, Louis Carbonel, a connu les joies d’une préparation internationale, mais pas de première sélection, sa nouvelle obsession.

Louis, on vous retrouve après trois mois si particuliers. Comment allez-vous ?

Mon confinement s'est bien passé : j'étais chez mes parents, et j'avais accès au court de tennis de nos voisins. Si on ajoute le programme organisé par nos préparateurs physique : j'avais de quoi m'occuper.

Comment vit-on un retour chez papa maman à 21 ans ?

Ça offre un confort, notamment sur les repas (sourire). Plus sérieusement il a fallu un temps de réadaptation, à commencer par la réorganisation et le partage par les tâches quotidiennes, mais ça n'a été que du positif.

Physiquement, comment avez-vous géré cette période ?

Le matin, pendant une ou deux heures je faisais le programme du RCT. Malheureusement je n'avais pas tous les outils. Entre le footing, les exercices à poids du corps ç'a été un exercice d'adaptation. Ensuite je mangeais et j'enchainais par 3-4 heures de tennis.

Comment fait-on pour entretenir ses skills quand on est ouvreur ?

Comme pour le reste, on s'adapte. Par exemple j'ai pu profiter des poteaux qu'a installé mon tonton dans son champ, à cinq minutes de chez moi. J'ai fait avec les moyens du bord mais j'ai pu travailler.

Que garderez-vous de cette période ?

Elle m'a fait le plus grand bien, m'a permis de reposer mon corps et de faire encore plus gaffe à ma nutrition. Les restaurants étaient fermés, c'était bien plus simple (sourire). J'ai un peu séché. Au moment de retrouver Berg j'avais perdu 4 kilos. Je suis en pleine forme.

Au regard de votre profil et des attentes qui incombent à votre poste, est-ce une bonne nouvelle d'avoir perdu du poids ?

Je n'aspirais pas à perdre du poids, davantage à sécher un peu ; mais finalement quand tu fais 5 à 6 heures de sport par jour, peu de musculation lourde et que tu peux faire un peu plus attention à ce que tu manges, tu fonds naturellement. Depuis la reprise ? Je n'ai repris qu'un kilo (sourire).

Quel regard portez-vous sur votre exercice 2019-2020 ?

La saison passée j'étais international moins de 20 ans, cette saison j'ai pu toucher du doigt l'équipe de France, sans pour autant y jouer. Bilan : il va encore falloir travailler. Cette saison a marqué une progression dans ma carrière, une étape vers mes objectifs et a été plutôt positive, mais ce n'est certainement pas la meilleure que je peux faire.

Comment avez-vous appris votre sélection parmi les 42 joueurs retenus par Fabien Galthié pour préparer le Tournoi ?

J'étais chez moi, et je savais que le staff allait appeler les joueurs. J'étais focus sur la série de matchs sans défaite avec le RCT, mais forcément le compétiteur qui est en moi attendait ce coup de téléphone. J'essayais de me convaincre que si je n'étais pas appelé ce ne serait pas une fin en soi, mais j'aurais été déçu. J'ai envie de goûter au XV de France le plus rapidement possible.

Et finalement, Fabien Galthié vous appelle...

J'ai fait attention à ne rien perdre de son coup de fil, et dès que j'ai raccroché j'ai poussé un cri de joie. J'ai vécu ce coup de téléphone comme une première marche de franchie.

Vous avez participé à la préparation, au stage à Nice et été intégré au groupe, mais finalement vous n'avez pas connu votre première sélection...

J'étais fier d'être appelé, mais lucide : je savais qu'il serait difficile de gagner ma place. Alors j'ai donné le meilleur de moi-même, essayé de m'intégrer au sein du groupe. Maintenant je ne peux pas cacher une part de frustration. Que tu sois jeune ou non, quand tu t'entraînes pendant 4-5 semaines et que tu es si proche d'un rêve d'enfant, tu as envie de jouer, pas de prendre l'avion tous les jeudis pour rentrer en club.

Certains perçoivent le XV de France comme un accomplissement, vous concernant on a davantage le sentiment que vous êtes en mission...

C'est un peu vrai, et aujourd'hui je ne cache pas que ma priorité est d'aller chercher cette première cape... J'ai adoré la préparation du Tournoi, mais elle me laisse un goût d'inachevé qui restera en moi jusqu'à mon éventuelle première sélection. Là encore, si je deviens international, ce ne sera pas un accomplissement : je ne veux pas juste devenir tricolore mais essayer de le rester.

Que vous manque-t-il ?

Je dois être encore plus régulier, me montrer davantage en club et être à mon meilleur niveau lors des entraînements XV de France. Il faut que je continue de travailler, d'avoir confiance en moi et j'espère qu'un jour je pourrais jouer, faire mes preuves et enchaîner.

Êtes-vous le 3e dans la hiérarchie des ouvreurs ?

Je n'aime pas parler de hiérarchie. Je préfère me concentrer sur mes performances, car il n'y a qu'elles qui m'ouvriront les portes d'une première sélection. La hiérarchie elle appartient aux coachs, je la respecte et je donne tout pour un jour être appelé.

Une deuxième titre mondial avec le U20, la préparation du Tournoi, un deuxième saison pleine en club. Avez-vous eu le sentiment que les regards ont changé à votre égard ?

Je suis toujours le même joueur, je n'ai toujours pas joué en équipe de France et mon statut n'a en rien changé, que ce soit auprès de mes coéquipiers ou de mes adversaires.

Sur quels points avez-vous progressé cette saison ?

J'ai toujours été un dix attaquant, et jusqu'alors je n'étais pas suffisamment focalisé sur la gestion des matchs. Alors j'ai tenté de mieux comprendre cette responsabilité.

Réussissez-vous à prendre du plaisir dans les phases de gestion ?

Quand ça se passe bien, oui (rires). Quand le collectif tourne, c'est agréable de se développer en tant que joueur. Cette saison m'a beaucoup apporté, même si je préfère toujours attaquer que gérer, c'est en moi.

Quelles sont vos attentes personnelles sur la saison prochaine ?

Continuer à jouer le plus possible avec Toulon et aller chercher cette première cape. Si j'y parviens ce sera le signe d'une saison de qualité et ça signifiera que le club s'est montré sous son meilleur jour. Ce serait le must.

Pierrick ILIC-RUFFINATTI
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