Delpoux : « Plus facile à vendre que la Fédérale 1 »

  • Marc Delpoux, coprésident de Narbonne
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Ravi de la création de cette compétition, Marc Delpoux, coprésident de Narbonne, n’y voit que des avantages sportifs et commerciaux, même s’il reconnaît qu’elle a besoin d’un partenaire majeur.

Était-il nécessaire de créer cette Nationale ?

Oui et à plusieurs titres. Déjà, ça évitera les polémiques concernant les compositions des poules. L’année dernière, il y avait une poule de la mort et trois autres poules déséquilibrées… Donc là, au moins, le problème est réglé car tout le monde sera dans la même poule. Ensuite elle est logique par le fait que la Fédérale 1 mélangeait des équipes professionnelles et amateurs et cela présentait un risque pour la sécurité des joueurs, un sujet qui est mis en avant de nos jours. On ne pouvait pas continuer à opposer des pluriactifs qui avalaient des heures de bus le matin même du match à des professionnels qui arrivaient la veille et séjournaient en hôtel.

Narbonne a rapidement soutenu ce projet ?

Bien sûr, nous avons porté cette initiative avec d’autres. Aujourd’hui, certains clubs aspirent à aller directement en Pro D2, tandis que d’autres, comme Narbonne possèdent toutes leurs équipes de jeunes en élite. Je pense qu’il est nécessaire d’aller même plus loin dans la démarche et transformer la Nationale en Pro D3, avec une affiliation à la Ligue. économiquement c’est la meilleure des choses. D’abord pour garder nos centres de formation et ensuite pour se préparer à monter en Pro D2. Le calendrier que l’on va suivre cette saison va nous préparer à cela, par exemple, avec des blocs de 4 ou 5 matchs.

Le format est calqué sur celui du Top 14, le trouvez-vous attractif ?

Tout à fait, les six places qualificatives vont faire qu’une dizaine d’équipes vont se battre pour les intégrer, tandis que les autres lutteront pour ne pas descendre. Cela promet une belle lutte à tous les étages.

Une division appelée Promotion Nationale avait déjà existé mais n’a pas tenu. Pourquoi y revenir ?

C’est vrai. Économiquement, la formule n’était pas viable pour les clubs. Il n’y avait pas d’aide. Cette Nationale doit aujourd’hui trouver des annonceurs nationaux et des médias qui l’accompagnent. à ce jour, c’est le seul point d’interrogation qui subsiste. Il faudrait qu’un annonceur mutualise son sponsoring et donne son nom à cette entité contre un billet. Idem pour les médias : aujourd’hui, quand on est télévisé, on perd de l’argent…

C’est-à-dire ?

Je ne suis pas là pour agresser La chaîne l’équipe puisqu’elle a fait l’effort de diffuser les matchs et c’est très bien mais quand on diffuse une rencontre, on perd bien plus en billetterie au stade que l’on ne gagne en droits de rediffusion, qui sont de 3 000 euros par rencontre à domicile. Vous imaginez bien que les gens ne vont pas se déplacer un vendredi soir en plein hiver pour assister à une rencontre qu’ils peuvent voir chez eux… Mais, résultat, on perd du monde au stade. Les droits TV en Pro D2 donnent 2,7 millions à chaque équipe. Nous, on est à zéro. Donc il faut trouver un équilibre dans tout ça… Si l’on n’arrive pas à le faire, on risque de retomber dans les même travers que dans le passé.

On a reproché à cette poule de faire disparaître des derbys, pensez-vous que cela aura un impact négatif sur la billetterie ?

à Narbonne, nos derbys étaient contre Céret et Mazamet. Mais je pense que quand on recevra des cadors comme Bourgoin, Albi, Massy et Bourg-en-Bresse, les supporters seront au rendez-vous ! Nîmes n’est qu’à 100 kilomètres de nous, mais je préfère quand même recevoir Bourg qui est à 500 kilomètres. L’année dernière, nous étions la deuxième plus grosse affluence avec 3 000 spectateurs en moyenne, derrière Bourg-en-Bresse qui tournait à plus de 4 000. Mais nous espérons plus de supporters au stade, ainsi qu’accrocher de nouveaux partenaires qui vont nous soutenir dans ce projet.

Quels sont les premiers retours de vos sponsors ?

Ils sont très favorables. Nous allons sortir notre plaquette commerciale et nous allons imiter le Stade toulousain en construisant un mur de briquettes nominatives que chacun pourra acheter pour 50 euros l’unité. Le départ a été très bon. L’objectif sera de faire le tour du stade, un mur de 10 mètres de haut sur 25 kilomètres de long ! (rires) Nous allons proposer des hospitalités de meilleur niveau également. Bien sûr, nous allons perdre des petites entreprises… Je suis restaurateur, donc, la crise, je la connais. Mais ce sera à nous d’aller chercher des partenaires. Commercialement, cette compétition Nationale est plus facile à vendre que la Fédérale 1.

Avez-vous recruté davantage en prévision ?

Nous avions déjà bien recruté mais il est vrai que nous sommes allés chercher deux ou trois joueurs supplémentaires. Pourquoi ? Parce que cette poule unique à 14 n’offrira que de rares périodes de repos, donc nous avons augmenté le nombre de joueurs. C’est pour cela que l’aide proposée à l’heure actuelle ne compense pas les surcoûts des déplacements, du recrutement, etc.. Un joueur ne peut pas enchaîner 5 matchs de haut niveau de suite.

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