Les leçons du passé

  • Auch est de retour en Fédérale 1
    Auch est de retour en Fédérale 1 Midi Olympique / Midi Olympique
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Nice, Auch, Tarbes, Saint-Nazaire, Limoges, Strasbourg... Autant de clubs qui ont payé un lourd tribut à cette division "intermédiaire" qui, par le passé, n’a jamais trouvé sa pérennité...

Le principal argument des opposants à la création de la Nationale ? Outre son timing, il réside dans une notion aussi éthérée qu’indiscutable : l’histoire, sensée selon le proverbe n’être qu’un éternel recommencement. Par exemple, la récente poule élite, créée entre 2016 et 2018, avait été un pur échec. Petit rappel : en 2016-2017, Saint-Nazaire avait rapidement été forfait général avant que Tarbes soit relégué (puis repêché) financièrement et le FC Auch placé en liquidation judiciaire. Re-belote la saison suivante, où cette fois ce furent Limoges et Strasbourg qui connurent les affres d’une relégation pour motifs financiers. Pire : dès le mois de janvier, la FFR avait officiellement annoncé que seulement 5 clubs sur 11 (Albi, Aix, Bourg-en-Bresse, Tarbes et Rouen) étaient éligibles à une éventuelle montée, coupant d’emblée tout suspense sportif. Autant d’éléments qui conduisirent la nouvelle commission des épreuves à tuer dans l’œuf la poule élite. Un véritable fiasco qui rappela aux plus anciens celui de la Promotion Nationale, créée sur le même principe de 14 équipes lors de la saison 2000-2001, qui sonna à l’époque le glas du RRC Nice et fut stoppée dès la fin de sa première saison...

La perspective d’un naming, seule issue ?

Alors, pourquoi cette "Nationale" ou "poule élite" n’a-t-elle jusqu’alors jamais réussi à s’inscrire sur la durée ? Tout simplement parce que celle-ci implique toutes les contraintes des clubs professionnels (salaires, déplacements…) sans en avoir les avantages, comme des droits TV conséquents ou un partenaire majeur. Les – relativement – faibles affluences de la majorité des clubs empêchent aussi le modèle de s’auto-financer, au regard de l’inflation des salaires dictée par la concurrence sportive. Dès lors, y a-t-il des raisons de croire que la donne sera différente cette fois-ci ? En ce qui concerne les droits TV ? Quand bien même des discussions seront entamées à l’été 2021 avec le diffuseur (avec l’idée de les revaloriser à 150 000 euros), on peut en douter. Le levier à actionner, alors, pourrait être un éventuel naming de la compétition.

Pour l’heure, du côté des clubs, les mauvais comportements de naguère semblent revenir au galop… "Une pression supplémentaire est arrivée dès la Nationale a été officialisée, c’est clair, convient le président du Stade Niçois Patrice Prévôt. Les joueurs qui savent qu’ils peuvent évoluer à ce niveau ont tout de suite été plus exigeants, la concurrence s’est accrue."

Pour les partenaires, des perspectives différentes

Forcément de quoi laisser des plumes quand bien même, là encore, tous les clubs ne seront pas logés à la même enseigne. "La chance que nous avons à Nice, c’est que nos partenaires principaux nous ont suivi à plus de 15 ou 20 % de leur engagement, sur les trois prochaines saisons. Nous sommes une grande ville et il est évident que pour nos partenaires, la dimension "Nationale" est une plus-value. Mais je conçois aussi que dans d’autres clubs de villes plus petites, la problématique est différente." Et risque fort de placer certains clubs dans des situations délicates. "Ce qui me gêne, c’est que si ce championnat a vocation à préparer ceux qui y participent à évoluer en Pro D2, je ne suis justement pas certain que les 14 équipes peuvent y prétendre en l’état, souligne l’expérimenté Michel Ringeval. Et on risquerait de se retrouver très vite dans la même situation qu’il y a trois ans…"

Quand bien même, à ce titre, chats échaudés craignent l’eau froide. "On sait le prix qu’a payé le rugby niçois voilà vingt ans pour avoir voulu se hasarder à cette division, et c’est une question qui nous a taraudés, bien sûr, souligne Prévôt. C’est pourquoi on ne fera pas n’importe quoi. On espère jouer le haut du tableau, accéder au Pro D2. Mais si on n’y parvient pas et que la course s’affole, on ne cherchera pas à courir pour courir." Sages paroles, qu’il s’agit désormais de tenir.

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