Bilan des clubs : Vannes n'a pas su enchaîner

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Demi-finaliste la saison dernière, le RCV a achevé sa saison hors des clubs potentiellement qualifiables pour la phase finale.

Ses joueurs n’avaient pas encore humilié le Stade montois en match de barrage (50-10) avant de filer en demi-finale - une première dans l’histoire du club breton - que Jean-Noël Spitzer se projetait déjà sur la saison suivante. à la veille de ce match historique, le manager de Vannes, attablé avec sa garde rapprochée dans une brasserie du port, s’inquiétait de l’avenir. "Le plus difficile, ce sera la saison prochaine", disait-il. Il ne croyait pas si bien dire. En atteignant le dernier carré, le club breton avait frappé fort et marqué les esprits. Exit le statut du petit club qui grandi tranquillement dans son joli coin du Morbihan. Place à un rôle de cador, peu en adéquation avec les us et coutume locales. Surtout, le manager du RCV savait qu’il allait perdre à l’intersaison plusieurs joueurs importants de son effectif. "Des tops joueurs", comme il dit. Un exemple ? Anthony Bouthier a rejoint Montpellier, Kitione Kamikamica Brive. " Et pour ne rien arranger, nous avons connu des aléas au niveau des blessures, regrette aujourd’hui Spitzer. Nous avons perdu notre capitaine Dan Tuohy sur le coup d’envoi du premier match, Hugh Chalmers a très peu joué en raison de plusieurs blessures et Brendan Older n’a pas disputé une seule rencontre." Autant d’éléments qui avaient eu une part prépondérante dans le parcours de la saison précédente ponctué par la demi-finale perdue face à Brive, futur pensionnaire de Top 14.

Une mêlée en difficulté

Pourtant, à bien y regarder, lors de l’arrêt des compétitions à la 23e journée (covid-19 oblige), les Bretons n’avaient rien à envier à leur parcours de la saison dernière. "Nous avions exactement le même nombre de points à cette même période, souligne encore Spitzer. Seulement, je reconnais que nous n’étions pas dans la même dynamique." Un an plus tôt, Vannes achevait la phase régulière en forme olympique. Huit victoires en dix journées, qui dit mieux ?

Cette saison tronquée, nul ne sait comment elle se serait terminée. Les riverains du golfe auraient-il accrochés, pour la seconde fois consécutive, une place de barragiste ? Pas impossible. Sur les sept dernières journées, quatre devaient se jouer à La Rabine. Un avantage non négligeable. "Notre mêlée a tout de même été très inconstante tout au long de la saison, souffle de façon très lucide Jean-Noël Spitzer. Et puis, nous avons été moins bons sur les ballons de récupération, ce qui était notre point fort l’an passé." Des carences qui seront autant d’axes de travail pour espérer renouer avec la phase finale dès la saison prochaine.

C’est probablement du jamais-vu. Pour sa première saison en Pro D2, Mathys Gratien, 21 ans depuis le mois de février, est le joueur du RCV à avoir récolté le plus d’étoiles cette saison. Arrivé dans le golfe du Morbihan à 17 ans, Matthys Gratien, natif de la région parisienne, est un pur produit du centre de formation vannetais. En début de saison, il confiait avoir pour objectif "de faire minimum une feuille de match avec les pros". Mission accomplie. Et plus encore… Il a cumulé onze titularisations pour 5 essais inscrits. Une véritable révélation. Finisseur efficace, il est tout aussi actif en défense et dispose d’une belle vision du jeu. Un garçon bien dans ses crampons, mais aussi dans sa tête. En première année de master des Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation (MEEF) à l’université de Rennes, la jeune pépite veut garder les pieds sur terres. "C’est important de garder le cap à côté du rugby car le statut de rugbyman professionnel est très éphémère. Il y a un moment où même si notre mental veut continuer, notre corps lui ne suivra." Mais pour l’instant, c’est encore lui. 

D’abord, un constat chiffré. Avec 50 essais encaissés, le RC vannetais ne pointe qu’à la onzième place du classement des meilleures défenses. Un chiffre qui a interpellé le staff breton. à bien y regarder, sur les vingt-trois journées disputées avant l’arrêt de la compétition, le RCV est aussi la meilleure formation de Pro D2 dans le secteur des plaquages dominants (sources Opta). Un drôle de paradoxe qui puise peut-être sa source au cœur de certaines rencontres : à trois reprises, les joueurs de Jean-Noël Spitzer ont subi de lourdes défaites. Trente-sept points pris à Carcassonne, quarante-cinq contre Aix-en-Provence, quarante-sept contre l’Usap. Autant de rencontres où les Vannetais ont peut-être lâché du lest en fin de partie, faisant gonfler les chiffres mais ne reflétant pas forcément la réalité du terrain. "Je pense effectivement que cela a joué, souligne Jean-Noël Spitzer. Nous avons pris pas mal d’essais sur des fins de match où la défaite était acquise. Mais cela nous a aussi permis de mettre en lumière certaines carences auxquelles nous tenterons de remédier la saison prochaine." 

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