L'incroyable succès populaire du Super Rugby Aotearoa

  • Après deux mois sans rugby, les supporters avaient soif de retrouver leurs équipes fétiches. Et les voilà de retour en masse dans les stades, comme ici lors de Hurricanes - Crusaders samedi dernier. Photo Icon Sport
    Après deux mois sans rugby, les supporters avaient soif de retrouver leurs équipes fétiches. Et les voilà de retour en masse dans les stades, comme ici lors de Hurricanes - Crusaders samedi dernier. Photo Icon Sport
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Depuis quinze jours, les rugbyphiles du monde entier ont tourné leur regard vers la nouvelle compétition domestique néo-zélandaise. Mais que vaut vraiment cette compétition ?

Le Super Rugby est de retour en Nouvelle-Zélande et avec lui, les foules et les médias. Qu’on le veuille ou non, le Super Rugby Aotearoa, la compétition qui fut mise sur pied en moins d’un mois par la Fédération néo-zélandaise, a connu un gros succès lors de ses deux premières journées, tant sur ses entrées au stade que sur ses audiences télés. Et finalement, les Néo-Zélandais ont bien mieux négocié la crise sanitaire que de nombreux autres pays, le nombre de personnes infectées étant désormais proche de zéro sur l’île au long nuage blanc.

Aidés par les arrivées conjointes de Beauden Barrett et Dan Carter (même si celui-ci n’a pas encore disputé la moindre rencontre), les Blues ont battu les Hurricanes à l’Eden Park devant 43 000 spectateurs payants (30-20) quand les autres enceintes du pays ont connu des taux de remplissage flirtant avec les 75 %. De son côté, le diffuseur, Sky Sports, a annoncé que ses audiences, dopées par le Super Rugby Aotearoa, avaient augmenté de 92 % en quinze jours. Et sur le plan sportif, alors ? Là-dessus, les Blues impressionnent : longtemps habitués à décevoir leurs supporters, les joueurs d’Auckland ont battu les Chiefs à Hamilton pour la première fois depuis 2011 et caracolent en tête de la compétition. Eux qui n’ont pas accroché les phases finales du Super Rugby depuis dix ans ont énormément progressé depuis l’arrivée au club en 2019 de Leon MacDonald, l’ancien arrière des All Blacks : avant que le dernier Super Rugby ne soit annulé, les Blues étaient même placés à la quatrième place du tournoi.

Nouvelles règles et avalanche de pénalités !

Si l’on devait néanmoins regretter quelque chose, dans ce Super Rugby version kiwi, c’est le nombre exponentiel de pénalités accordées par les arbitres, quelque peu déconcertés par l’apparition de nouvelles règles. En clair, les directeurs de jeu ont tous été invités à être beaucoup plus sévères sur les hors-jeu et, depuis quinze jours, les joueurs ont l’obligation de rester sur leurs pieds dans les rucks et, lorsqu’ils sont plaqueurs, de se retirer au plus vite du point d’impact. Malheureusement, la majeure partie des joueurs ont toutes les peines du monde à s’adapter à ce nouveau règlement et les chiffres le confirment : lors de la 1re journée du tournoi, les arbitres ont sifflé 58 pénalités, contre 49 pour le deuxième round du Super Rugby Aotearoa. Du coup, le spectacle s’en est trouvé quelque peu haché et ce malgré la vitesse et la technique individuelle des joueurs de la compétition. "Je ne suis pas d’accord avec cette idée générale, expliquait néanmoins l’entraîneur des Highlanders, Mark Hammett. Ce que je constate, surtout, c’est la réduction des mêlées, le secteur de jeu le plus chronophage de notre jeu. Si je devais choisir entre les mêlées et les pénalités, je prendrais donc les pénalités." Joueurs, arbitres et spectateurs sont encore dans le flou concernant les nouvelles règles et il faudra quelques semaines avant que le Super Rugby Aotearoa ne trouve son rythme de croisière. Malgré tout, cette compétition regroupant quelques-unes des équipes les plus talentueuses de la planète est pour l’instant un vrai succès et le devrait encore le rester pour au moins huit semaines.

Patrick McKendry, correspondant
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