Rennie : « Je ne prendrai pas de joueurs du Top 14 »

  • "Encourager les joueurs à revenir en Australie"
    "Encourager les joueurs à revenir en Australie"
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Nouveau sélectionneur des Wallabies Avec le report du Rugby Championship (four-nations) en raison du Covid-19, l’ancien entraîneur de Glasgow devra patienter avant de diriger sa sélection pour la première fois. Dans l’attente, il fait le point sur la situation du rugby australien.

Vous arrivez dans un contexte particulier avec, notamment, le départ de joueurs qui entraient dans vos plans… 

 

Malgré la distance, j’ai pu parler avec beaucoup d’entres eux avant même les négociations entre RUPA (le syndicat des joueurs, N.D.L.R.) et Rugby Australia. Personne ne souhaite connaitre une réduction de salaire mais tous comprenaient la situation. Dans le cas d’Izack Rodda qui a rmpu son contrat, toute la vérité n’a pas été dite. C’est une situation complexe. Mais c’est le passé. Ce n’est pas idéal mais il faut faire avec. Nous avons ausi perdu quelques bons deuxième ligne après la Coupe du monde (Rory Arnold, Adam Coleman). Perdre un gars comme Izack, à son âge, en pleine forme, un athlète incroyable avec l’agressivité nécessaire pour le très haut niveau, c’est vraiment dommage. Même chose pour Hockings qui avait le potentiel pour une grande carrière.

Vous avez établi un groupe de trente joueurs (les "Poni", joueurs d’intérêt national). Est-ce que les prochaines douze semaines de compétition ont des chances d’influencer votre jugement ?

Cette compétition (le Super Rugby AU) va donner une opportunité à tous. Nous avons été en contact étroit avec trente joueurs que nous suivons depuis la 3e journée du Super Rugby puis tout s’est arrêté. Il y a donc une opportunité pour tous de se placer dans ce groupe. Rien n’est fermé.

Souhaitez-vous conserver, voir assouplir la "loi Giteau" qui voit les internationaux australiens ayant plus de 60 sélections et jouant à l’étranger pouvant être appelés en équipe nationale ?

Concernant cette "loi Giteau", des discussions plus approfondies sont nécessaires. Si l’on s’autorise à sélectionner n’importe quel joueur jouant à l’étranger, on encourage les départs. Je pense qu’on tuerait le rugby en Australie si nous prenions une telle direction. Dans l’idéal, on doit prendre des joueurs qui évoluent dans une compétition locale. On doit aussi faire notre possible pour encourager les joueurs à revenir et se mettre en position d’être sélectionnables, comme l’a fait Nick White qui revient aux Brumbies. À nous d’être convaincant.

Comment voyez-vous le futur du Super Rugby ?

Il est important que l’on joue avec les Néo-Zélandais. Pour ce qui est des Sud-Africains, la situation est plus délicate car on ne sait pas encore trop comment ça évolue. Il y a des clubs japonais qui offrent un profil intéressant et dans lesquels jouent de nombreux Australiens. Avoir des clubs nippons permettrait d’ouvrir la sélection à ces joueurs. Pour moi, je n’aurais aucun problème à prendre un joueur australien qui évolue aux Blues d’Auckland ou dans un club japonais évoluant dans un tournoi régional. Il s’agit de la même compétition et on est en mesure de voir les joueurs en action. En revanche, je ne suis pas prêt à prendre des gars qui jouent en Top 14. Nous n’avons aucun pouvoir d’influence sur la façon dont ils s’entraînent et se préparent. Mon expérience avec les Glasgow Warriors m’a donné l’occasion d’observer leur approche. Leur saison est totalement différente car ils jouent onze mois sur douze.

Quels sont vos objectifs à court et moyen termes ?

Il n’y a pas de secret : pour réussir, il nous faut des résultats. Nous devons être meilleurs que le septième rang auquel l’Australie se trouve actuellement. Il est prévu que nous affrontions les All Blacks quatre fois cette année. C’est excitant. J’estime que plus nous aurons la chance de jouer contre eux, meilleurs nous serons car nous ne les battons pas souvent et nous avons besoin de jouer avec de la pression pour tirer le meilleur de nous-même. Pour cela, il faut que nous améliorions la forme physique des joueurs. Le but est de se remettre sur ses appuis le plus vite possible pour se replacer en attaque et en défense. Il nous faut aussi travailler notre technique individuelle sous pression.

Quelles sont vos premières impressions sur le Super Rugby Aoteraoa ?

On n’a vu que deux journées seulement, marquées par beaucoup de pénalités (trente par match). Mais toutes sont légitimes : les arbitres ne font qu’appliquer des règles qui étaient ignorées. Ce que j’apprécie, c’est que l’on encourage la lutte pour le ballon et que l’on voit moins ces équipes qui ne contestent rien et s’alignent en défense. L’application des règles va ouvrir des espaces. Ce qui m’inquiète, c’est qu’on voit encore trop de coups de pied. Les joueurs sont trop craintifs. Mais c’est une question d’équilibre. Pour les Australiens, qui commenceront avec trois semaines de retard, ça leur donnera l’occasion d’apprendre. Je crois que les nouvelles règles qui vont être introduites vont améliorer le jeu.

Propos recueillis en Australie par Jacques BROQUET
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