Béziers rêve en grand

  • Christophe Dominici a pris la parole en début de semaine dernière devant la statue d’Armand Vaquerin, sise devant le stade Raoul-Barrière devant les supporters pour leur exposer son projet.
    Christophe Dominici a pris la parole en début de semaine dernière devant la statue d’Armand Vaquerin, sise devant le stade Raoul-Barrière devant les supporters pour leur exposer son projet. France-Bleu Hérault / Romain Berchet / France-Bleu Hérault
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Au cœur d’un rocambolesque feuilleton de reprise depuis plusieurs semaines, l’AS Béziers Hérault devrait effectivement basculer sous pavillon émirati en début de semaine. Disposant d’importants moyens financiers, la nouvelle direction voit les choses en grand et n’hésite pas à travailler à un recrutement quatre étoiles, dès cet été, alors que le club sera engagé en Pro D2.

Si le temps s’est accéléré en milieu de semaine, il a fallu en revanche patienter dans la journée de samedi pour voir la fumée blanche. Pour l’instant, elle n’est d’ailleurs que grise, comme l’indique le communiqué finalement tombé sur le site de l’ASBH, à 17 h 23. "Les deux parties se sont rencontrées à Paris pour discuter de l’avenir de l’AS Béziers Hérault, dans un climat apaisé et constructif. Durant cette réunion, les actionnaires actuels ont pu être rassurés sur l’identité des investisseurs et leur capacité financière. Dans le même temps, les comptes financiers du club sont apparus sincères et rassurants. Les deux parties ont sollicité leurs conseils afin de rédiger, dans un bref délai, un protocole d’accord, tout en entrant dans une période d’exclusivité." Alors, Béziers passera-t-il bientôt sous pavillon émirati ? Ce ne devrait plus être qu’une question d’heures… (voir ci-dessous)

Ce rachat, longtemps incarné par la fougue souvent excessive de Christophe Dominici, sera surtout l’œuvre d’un homme beaucoup plus discret : Samir Ben Romdhane, le fameux "émirati" dont un proche du dossier nous confiait, dans la semaine : "Dès qu’on prononce son nom, il y a un fantasme qui se crée. Vous vous imaginez tous voir débarquer un émir en robe blanche, avec sa cohorte de dromadaires. Il faut arrêter avec ces délires. Monsieur Ben Romdhane a un passeport français, vit ici le plus clair de son temps. Il est très rompu à nos codes occidentaux."

Dans celui-ci, Juan Martin Hernandez et Courtney Lawes en seraient. Le premier comme responsable de la technique individuelle, le second comme une des principales têtes d’affiche.
Dans celui-ci, Juan Martin Hernandez et Courtney Lawes en seraient. Le premier comme responsable de la technique individuelle, le second comme une des principales têtes d’affiche. - Steeve Haag / Icon Sport - Steeve Haag / Icon Sport

30 millions d’euros mis sous séquestre

Ben Romdhane et ceux qui l’accompagnent, dont Christophe Dominici et l’avocat Thierry Braillard, ancien secrétaire d’Etat aux Sports, s’étaient fait couper l’herbe sous le pied par une improbable reprise du club en interne, mardi. Avec Bouscatel sorti du chapeau. "L’AS Béziers Hérault n’a jamais été à vendre", jurait même Louis-Pierre Angelotti, partenaire principal du club. Jamais à vendre ? Cela reste à prouver. Quelques heures plus tard, mercredi, le maire de la ville, Robert Ménard, le désavouait sans mal. "J’ai assisté, ici, à la mairie, à la première rencontre entre les Émiratis - appelons-les ainsi par facilité de langage - et les propriétaires du club. Pardon de le dire mais je n’ai pas eu la sensation que le club n’était pas en vente. C’est un euphémisme." Le même Ménard, prenant une place finalement centrale dans ce dossier, sifflait la fin de la récréation et rappelait tout le monde autour de la table des négociations, malgré la communication du club censée clore les discussions. "Nous n’étions pas à vingt-quatre heures près. Ce n’est pas vrai. Nous n’aurions pu attendre. Et si l’argent n’était pas là, on aurait su." Robert Ménard, comme les autres protagonistes du dossier biterrois, sait désormais que l’intérêt des investisseurs du Golfe était bien réel. Vendredi, une somme de 30 millions d’euros aurait, selon nos informations, mise sous séquestre dans une banque d’affaires parisienne. Samedi, lorsque les avocats des deux camps se sont retrouvés pour finaliser la transaction, les documents de garantie bancaire étaient sur la table. Et dans quelques heures, l’ASBH devrait changer de mains pour se projeter, enfin, vers un projet sérieusement fou.

Dans celui-ci, Juan Martin Hernandez et Courtney Lawes en seraient. Le premier comme responsable de la technique individuelle, le second comme une des principales têtes d’affiche.
Dans celui-ci, Juan Martin Hernandez et Courtney Lawes en seraient. Le premier comme responsable de la technique individuelle, le second comme une des principales têtes d’affiche. - PA Images / Icon Sport - PA Images / Icon Sport

Les faits

Si le communiqué du club évoque "un protocole d’accord" et pas encore une vente, c’est qu’il reste une étape protocolaire à franchir. Pour acter la passation, les actuels et futurs dirigeants de l’ASBH doivent présenter le dossier de la vente à la DNACG, qui aura seule le pouvoir du dernier coup de tampon. Dans le camp Dominici, on se veut confiant : "iI n’y a plus aucun point de tension sur les conditions de la vente. L’argent est versé sur un compte, garanti et la somme dépasse très, très largement les déficits du club. Quelle que soit leur ampleur. Nous espérons une réponse définitive pour lundi, peut-être mardi." L’ASBH et sa nouvelle équipe dirigeante pourront alors avancer sur le dossier suivant : la constitution de l’effectif professionnel pour la saison prochaine. Exception faite des joueurs déclarés au chômage, Béziers aura jusqu’au 15 juillet pour boucler son recrutement.

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