Martinez : « 16 millions versés aux clubs l’an prochain »

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    Martinez : « 16 millions versés aux clubs l’an prochain »
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Le trésorier de la FFR, Alexandre Martinez a accordé une interview à Midi Olympique. Il revient sur les pertes qu'a connu la fédération à cause de la crise sanitaire, mais également sur le plan de relance. 

Le 15 mai dernier, lors d’un Comité directeur, vous aviez annoncé une perte de 7,7 millions d’euros pour la saison 2019-2020, or un mois plus tard, lors d’un autre Comité directeur, vous avez affirmé que le résultat sera finalement équilibré. Que s’est-il passé entre ces deux moments ?

J’ai effectivement évoqué cette perte de 7,7 millions d’euros à la mise en place du volet 19-20 du plan de relance. C’était le 15 mai, vous faites bien de le préciser. C’était le résultat d’un travail avec les équipes de la Fédération au cœur d’une période où chaque jour de l’incertitude nouvelle venait s’ajouter à l’incertitude existante. Cette estimation, visait à mesurer quel serait l’impact du plan de relance sur nos fonds propres à l’issue de l’exercice 19-20. Avec cette perte de 7,70 millions d’euros ces derniers seraient alors passés de 32,3 à environ 25 millions d’euros. Des chiffres macro puisqu’au mois de mars, nous n’avions effectivement pas toutes les données sur le déroulement de la fin de saison 19-20. Ce plan de relance, nous l’avons depuis peaufiné dans le temps pour en connaître tous ses impacts financiers. C’est ainsi que la situation à fin mai était sensiblement différente que celle de mars, avec moins d’incertitude et donc nous avons pu finaliser l’exercice que constituait l’élaboration de ce plan de relance, avec notamment la prise en compte de nouveaux éléments. Le premier, c’est que nous pourrons bénéficier d’évènements exceptionnels positifs de l’ordre de 4,1 millions d’euros, abondants les recettes du budget. Par ailleurs, en travaillant sur ce budget grâce à une gestion de bon père de famille, les bonnes nouvelles se sont succédées. Ce qui me permet d’annoncer que malgré la mise en œuvre de la première partie du plan de relance, nous aurons donc, à plus ou moins 0,5 %, un budget à l’équilibre, sauf évènement exceptionnel qui surviendrait en toute fin d’exercice.

Quels sont ces "évènements exceptionnels positifs" ?

Nous avions perdu en première instance, sur un des trois dossiers afférant à la TVA du GIP 2007. Or, en appel, nous avons gagné. Dans ce même laps de temps, j’avais décidé de payer la TVA correspondant à ce dossier car depuis 2014 la FFR payait, en l’absence de règlement des intérêts de retard. Ces intérêts de retard représentaient plus de 400 000 euros par an, ce qui n’est pas anodin. Et donc aujourd’hui, ce sont les impôts qui doivent nous rembourser les sommes correspondantes.

Samedi, les clubs auront à voter ce budget 2019-2020. Le plan de relance est-il tributaire de ce vote ?

Il est effectivement totalement tributaire. Pourquoi ? D’abord, parce que le plan de relance adresse les budgets 2019-2020 et 2020-2021. Ensuite parce qu’il adresse le fond assurance. Une délibération est donc liée à la partie fond assurance qui sera prise par l’AG, indépendamment du vote du budget. Et ensuite, sachant qu’une partie du financement de ce plan de relance est dans le budget de la saison 20/21 à hauteur de 8,1 millions d’Euros, si le budget n’était pas voté, cela remettrait en question le plan de relance. Mais je n’ose pas penser que ce plan de relance, à travers les témoignages que je reçois des clubs, ne soit pas validé. La FFR est la seule fédération à mettre en place un plan de relance aussi ambitieux, avec la particularité de ne faire appel à aucun emprunt pour le financer, confirmant ainsi la robustesse des finances de la FFR.

L’opposition affirme que votre budget 2020-2021 est "gonflé à l’hélium"…

Je ne me positionnerai pas par rapport à l’opposition. En revanche, lorsque nous avons eu par le passé des résultats négatifs, j’ai présenté des arrêtés de compte dans leur réalité de la même façon que lorsqu’ils étaient positifs. Avec chaque fois, un commissaire aux comptes qui a certifié ces comptes. Je me positionne donc par rapport à un expert, pas par rapport à une opposition politique. Après, que nos résultats embarquent une volonté de redistribuer les ressources en direction des clubs qui sont les vrais facteurs de développement du rugby français, ça c’est la réalité. À travers nos programmes de réorientations des ressources que nous avons mis en place dès la saison 2017-2018, nous aurons redistribué 33,2 millions d’euros à la fin de la présente saison. Et nous allons continuer la saison prochaine avec environ 16 millions d’euros qui iront en direction des clubs, ce qui portera sur la durée de notre mandat à environ 50 millions redistribués aux clubs, hors plan de relance. Personnellement, je me réjouis que cet argent soit entre les mains des clubs plutôt que sur un compte de la FFR. C’est le rôle de notre institution que d’accompagner nos clubs dans leurs actions pour notre sport.

Cette redistribution peut apparaître obscure. Sous quelle forme se fait-elle ?

Ce sont des moindres coûts sur certaines cotisations, des aides renforcées au niveau de l’accompagnement aux compétitions, de la dotation en équipement tels que des ballons, des jeux de maillots, une réduction du coût des assurances. Et, à travers le plan de relance, la prise en charge totale de tout ce qui était prélevé sur les comptes clubs entre le 1er avril 2020 et le 30 juin 2021 : les cotisations assurances, les cotisations licences, les timbres de membres non actifs et les frais de mutations. C’est une première dans le rugby français.

Seulement, depuis trois ans la FFR affiche des résultats d’exploitation négatifs. Vit-elle au-dessus de ses moyens ?

Ces résultats d’exploitation sont négatifs parce que nos dépenses sont supérieures à nos recettes au niveau de l’exploitation pure. Mais ce qui compte, c’est le résultat net. Sur nos trois budgets, nous avons été deux fois positifs et une fois négatif. Les sommes réorientés auprès des clubs sont bien sûr dans ces dépenses, et il est légitime de penser que si nous n’avions pas opéré de la sorte nos résultats auraient largement été positifs et fait gonfler d’autant nos fonds propres. Plutôt que d’avoir des résultats nets très positifs, nous préférons redistribuer l’argent aux clubs. C’est une volonté politique. Arrêtons donc de parler de ces déficits d’exploitation. Surtout que notre niveau de fond propre est extrêmement solide puisqu’il nous permet de financer en partie le volet 20-21 de notre plan de relance. Par ailleurs il faut noter que l’arrêt du projet Grand Stade a changé le paradigme budgétaire de la FFR lui conférant une réelle marge de manœuvre financière qu’elle utilise au service des clubs.

Sur le budget 2020-2021, vous prévoyez une augmentation des partenariats de l’ordre de 5,7 millions d’Euros dans une période très compliquée. À quoi doit-on cette prévision optimiste ?

La FFR a été très active dans la recherche de nouveaux contrats. Vous vous doutez bien que je n’ai pas inscrit ce montant au budget de manière anodine. C’est tout à fait construit et fondé. Mais nous sommes dans un domaine où la discrétion est notre meilleur allié.

De nouveaux contrats ont-ils été signés ?

Je suis comme Saint Thomas : je ne crois que ce que je vois (rires). Souvenez-vous, il y a un an, on parlait beaucoup de la perte de BMW. Tout le monde disait que nous n’allions pas conclure de partenariat automobile. Or, les choses ont un peu avancé.

Dans votre budget 2020-2021, vous prévoyez six matchs de l’équipe de France au mois de novembre. Avez-vous reçu des garanties en ce sens ?

Dans les hypothèses que j’ai pris en compte, il y a le report du match France-Irlande du dernier Tournoi des 6 nations et l’annulation du Paris Sevens. Il y a aussi le maintien de la tournée d’automne, qui peut paraître osé mais à date elle n’est pas annulée. Et j’ai toutes les raisons de penser que si cette tournée est annulée, un substitut à celle-ci sera organisé. Aujourd’hui, plusieurs hypothèses sont dans la nature. Lorsque j’ai donc valorisé ces hypothèses très réalistes, nous avons travaillé sur la billetterie en prévoyant une baisse en raison de la crise et d’une politique commerciale difficile à mettre en place. Voilà comment, j’ai élaboré ce budget qui présente un déficit de 5,63 millions d’Euros. Un budget qui embarque, le volet 20-21 hors fonds assurance du plan de relance, la finalisation du programme des CTC, la finalisation du programme Académie, la création de la division Nationale, élément qui est venu se rajouter dernièrement. Et malgré un budget compliqué, de nombreuses incertitudes, ce budget nous permet de conforter et affirmer notre politique d’accompagnement des clubs. Clubs qui ne sont de moins en moins des cotisants au budget FFR mais de plus en plus des bénéficiaires du budget FFR.

L’opposition prétend que le déficit du prochain budget pourrait être de l’ordre de 15 millions d’Euros…

Lorsque je chiffre les pertes du prochain budget, je le fais au plus près avec une bonne connaissance du budget et une certaine expérience de ce qu’est un tel exercice pour la FFR. Je ne commenterai donc pas ce chiffre avancé par l’opposition.

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