Saga Oyonnax - Le club en ordre de bataille

  • Après avoir repris le chemin de l’entraînement, les Oyonnaxiens sont désormais bien décidés à laisser derrière eux l’immense frustration née de la fn de saison dernière où ils semblaient monter en puissance au meilleur moment. L’objectf du club étant inchangé, à savoir retrouver au plus vite le Top 14...
    Après avoir repris le chemin de l’entraînement, les Oyonnaxiens sont désormais bien décidés à laisser derrière eux l’immense frustration née de la fn de saison dernière où ils semblaient monter en puissance au meilleur moment. L’objectf du club étant inchangé, à savoir retrouver au plus vite le Top 14... DR / DR
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Après l’immense frustration née de la crise du coronavirus, l’US Oyonnax s’est attachée à poursuivre son opération de reconstruction autour des valeurs ancestrales de la ville et du club, quitte pour cela à passer par un dégraissage de l’effectif.

Aux bals des frustrés, Oyonnax se pose là. Car si tous les clubs professionnels n’ont évidemment pas été épargnés par le covid, le club de l’Ain est assurément un de ceux qui peuvent nourrir le plus de regrets par rapport à la fin de saison dernière, prononcée alors que l’équipe commençait à tourner à plein régime, à l’image de son convaincant succès sur le voisin grenoblois (40-21). « La fin de saison dernière a été une vraie frustration, confirme le président Thierry Emin. J’espère simplement que cette année, il n’y aura pas de retard à l’allumage mais je ne suis pas inquiet. Sans faire offense aux joueurs qui nous ont quittés, l’effectif me semble plus fort que l’an dernier tout simplement parce qu’il s’est stabilisé, et que nos jeunes ont acquis un an d’expérience à ce niveau. C’est une vraie force. On a envie de jouer le haut du tableau, envie de retourner en Top 14. Le groupe est façonné pour ça… » Une mission qui confine désormais au sacerdoce après cette crise du covid 19 à laquelle Oyonnax a payé un lourd tribut économique mais surtout humain, avec le décès de son ex-président Jean-Marc Manducher. « Avec le départ de Jean-Marc, c’est une grande page de l’histoire du club qui s’est tournée, souffle Emin. C’est quelqu’un qui a marqué tout le monde de par sa manière d’être, sa volonté de transmettre. On est bien conscient que nous sommes tous éphémères, que nous ne sommes que de passage dans un club. Il nous a laissé un héritage et il faut le rendre dans un état au moins aussi bon que celui dans lequel nous l’avons trouvé, et c’est ce à quoi nous allons nous atteler. Le plus important, désormais, est de redémarrer et de retourner sur la même ligne de départ que les autres. On va tout faire pour que ce club continue d’exister, pour que les efforts qui ont été consentis depuis tant d’années n’aient été effectués pour que cette maladie efface tout. »

Pour cela ? Comme à son habitude, le club d’Oyonnax n’aura pas à chercher loin son inspiration, mais bien dans son rapport à sa ville et à son territoire qu’il souhaite chérir plus que jamais, comme un retour (inconscient ou pas) aux valeurs prônées durant les huit ans de l’ère Urios. « Oyonnax est une ville d’entrepreneurs, qui s’est toujours battue pour surmonter toutes les crises en se renouvelant sans cesse, pose Thierry Emin. Pour son club, ce doit être la même chose. »

40 % de joueurs issus de la formation

Ce qui se traduit sportivement parlant, depuis le retour aux affaires de l’ancien capitaine Joe El Abd, par une politique moins axée sur le spectacle, et davantage sur l’efficacité. À l’image de la ville, quoi… « Il y a, à Oyonnax, une certaine culture du jeu, prône Emin. Christophe Urios nous a fait franchir un cap pendant huit ans en construisant son projet sur certaines valeurs, sur un attachement au territoire que nous avions peut-être un peu perdu. Joe El Abd est en train de retravailler sur ces aspects. Cela se ressent dans la politique du club mais aussi dans son jeu. Je ne vais pas dire qu’il est moins flamboyant que ces dernières années, mais il est davantage tourné vers l’efficacité et cela correspond mieux à notre identité. C’est aussi lié à l’évolution du rugby : on voit bien que depuis 2015, les défenses ont repris le dessus et qu’il faut s’y adapter avec du jeu au pied, de la pression. Ce n’est pas seulement propre à Oyonnax. » Certes. Reste que l’USO a, sur le papier, tout pour s’épanouir dans ce contexte, porté par une formation enfin à la hauteur de ses ambitions. « Nous avons fait le choix, dicté par le contexte, de réduire notre nombre de contrats professionnels, pointe le président. Pour compléter l’effectif, nous allons miser sur nos jeunes, si bien que l’USO comptera dans son équipe fanion 40 % de joueurs issus de sa formation, pour la première fois de son histoire au niveau professionnel. Ça va dans le sens de l’évolution du rugby, et nous en sommes très heureux. » Difficile de faire mieux, en effet, au moment de défendre un projet et une identité de club…

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