Saga Toulouse - Le Stade pose les prochaines briques

  • Zack Holmes, Guillaume Marchand et Paulo Tafili (de gauche à droite) ont repris progressivement l’entraînement collectif.
    Zack Holmes, Guillaume Marchand et Paulo Tafili (de gauche à droite) ont repris progressivement l’entraînement collectif. Icon Sport - Icon Sport
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Forcément ébranlé sur le plan économique par la crise actuellement traversée, le dernier champion de France, qui s’appuie désormais sur des fondations solides, veut prouver qu’il peut encore trouver des ressources afin de poursuivre son ascension.

Plongé en plein confinement, et alors que les inquiétudes étaient lourdes autour des finances du club, fragilisé par son modèle qui le fait vivre sur une économie réelle et pourtant vertueuse, le Stade toulousain a eu l’idée de lancer une opération de solidarité nommée "le Mur du soutien". Par milliers, les supporters des Rouge et Noir se sont mobilisés pour acheter une brique nominative, laquelle sera bientôt visible sur l’édifice construit dans l’enceinte d’Ernest-Wallon et apporter leur appui à l’institution rugbystique la plus titrée de France. Un succès qui va aider son centre de formation à maintenir son niveau d’excellence (élu le meilleur cette saison) et qui, au-delà, dénote de la popularité de ce monument.

Le Stade est un club à part, tel qu’il aime à se revendiquer et, quand la crise du coronavirus l’a placé en danger (et même si sa situation financière restera précaire durant un certain temps), il a une nouvelle fois prouvé qu’il possédait nombre de ressources diverses et variées. "On ne sera peut-être pas sur le même régime mais, quelles que soient les difficultés, je ne suis pas persuadé que le Stade toulousain soit voué à disparaître, clamait déjà Lacroix dans ces colonnes fin avril. Je peux vous dire qu’on n’ira pas au tribunal de commerce demain matin pour déposer le bilan et que nous allons tout faire pour construire un budget en phase avec l’avenir du club. […] Ouvrez les journaux de 2017, quand on se demandait si le Stade toulousain était invité dans le concert du rugby moderne après la douzième place en Top 14 : c’était la fin du monde annoncée pour nous. Qui misait alors sur un titre deux ans plus tard ? Toulouse est certainement un club différent. Chaque fois qu’on lui démontre qu’il est à la traîne et inscrit dans le passé, il sait aller chercher de la créativité, issue de sa politique de formation."

"Les internationaux ? On veut en être heureux"

Effectivement, depuis trois ans, Toulouse a entamé et réussi une formidable reconstruction, symbolisée par l’exceptionnel cru 2018-2019 avec le vingtième Brennus à la clé, pour se réinventer. Un retour sur le devant de la scène à tous les niveaux, du terrain aux coulisses, qui a permis au club de renforcer ses revenus et aussi de redevenir le principal pourvoyeur du XV de France. Avec tous les soucis que cela a pu générer la saison passée, dans une année de Coupe du monde… Lacroix veut assumer : "Notre réflexion n’est pas de comparer le temps de jeu d’Antoine Dupont en club et en sélection mais de savoir comment on fait naître le Dupont de demain. Nous sommes fiers d’avoir formé les Cros, Baille, Aldegheri, Ntamack, Ramos ou le dernier, Tolofua, j’en passe et des meilleurs, qui sont appelés pour la première fois, comme Médard et d’autres auparavant, en étant joueur du Stade toulousain. On ne veut pas être victimes d’avoir des internationaux mais en être heureux."

Même si leur absence a ébranlé cette équipe, le club a misé sur le futur pour solidifier ses fondations et bâtir autour de la génération dorée, engagée dans ce projet pour sa grande majorité jusqu’à la Coupe du monde 2023. "Joueurs et entraîneurs ont fait le choix de se donner les moyens d’évoluer avec l’effectif qui était prévu cette saison", s’est d’ailleurs récemment réjoui Lacroix en référence aux baisses de salaire. "S’ils n’avaient pas fait d’efforts, nous aurions pu être obligés de nous séparer d’un certain nombre d’entre eux." Aussi car, tel Ntamack qui déclarait dans Midi Olympique ne pas s’imaginer "porter un autre maillot", ils sont conscients de l’histoire qui reste à écrire. Le Bouclier, voilà un an, n’était que la première pierre et les derniers champions de France ne cachent plus leur envie de conquête européenne. Cela tombe d’ailleurs bien pour eux vu que l’EPCR compte finir l’édition 2019-2020, qui les a vus se qualifier brillamment pour un quart de finale à domicile. Et si c’était celle-là la prochaine brique ?

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