Carter, le retour à Southbridge

  • En attendant d’être en parfaite condition physique pour honorer son contrat avec les Auckland Blues, Dan Carter prête main-forte à son club formateur de Southbridge. Ici face à West Melton, il a montré qu’il en avait encore sous la semelle.
    En attendant d’être en parfaite condition physique pour honorer son contrat avec les Auckland Blues, Dan Carter prête main-forte à son club formateur de Southbridge. Ici face à West Melton, il a montré qu’il en avait encore sous la semelle. Steve Haag / Icon Sport / Steve Haag / Icon Sport / Steve Haag / Icon Sport
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Dan Carter est increvable. À 38 ans, le meilleur ouvreur de l’histoire a rechaussé les crampons avec le club de ses débuts, Southbridge. Arrêtera-t-il un jour ?

Où qu’il aille, Dan Carter n’est jamais loin du centre du monde. « Je suis pourtant originaire de Southbridge, un village de 800 habitants perdu au fond de la Nouvelle-Zélande, nous confiait-il, il y a peu. Quand j’étais môme, mon idole s’appelait Albert Anderson, mon premier voisin. » Anderson comptait alors une poignée de sélections avec les All Blacks. Des bouts de match, des rapines de gloire que l’histoire a depuis longtemps digérées. « Il était un modèle à Southbridge et moi aussi, je voulais devenir une figure du quartier ; je voulais être un All Black. »

Southbridge ? C’est un de ces lieux dont on pourrait dire que pour y vivre, il faut y être né. Au vrai, ce village semble avoir été posé là par hasard ; au beau milieu de nulle part, à une quarantaine de kilomètres au sud de Christchurch ; entre les pâturages de Leeston et la rivière Rakaia. Le dernier recensement a comptabilisé 783 habitants, des fermiers, leurs épouses et leurs enfants, pour la plupart. Southbridge est sillonné par une départementale, la « Main Road », elle-même transpercée, en angle droit, par des chaussées d’asphalte taillées à la serpe et menant aux maisons alentour. D’un côté de la route, il y a une épicerie, un arrêt de bus et un concessionnaire de machines agricoles. De l’autre, un hôtel, qui fait aussi bar. On trouve au Southbridge Hotel, puisque c’est ainsi qu’il s’appelle, la Carter’s Draught, une bière à l’effigie de l’idole.

De retour face aux Crusaders ?

Le week-end dernier, Dan Carter a réalisé le rêve de tout rugbyman, jouer une ultime rencontre avec le club des débuts, l’entité qu’il avait quittée vingt ans plus tôt. Encore trop juste pour participer au Super Rugby Aotearoa (il vient de s’engager avec les Blues d’Auckland, son dernier contrat), le meilleur ouvreur de tous les temps a donc parfait sa condition physique au milieu des pâturages de son enfance, rechaussant les crampons avec la modeste équipe de Southbridge, marquant douze points et permettant in fine à son équipe de dominer largement la poussive formation de West Melton (54-14). « Les trois dernières semaines d’entraînement ont été assez intenses, a expliqué Carter après la rencontre, disputée devant plus de 1 000 personnes. Mais je reprends progressivement confiance en moi ; ce retour à la compétition m’a fait du bien. »

D’ici peu, et peut-être même ce week-end, Dan Carter pourrait reprendre le Super Rugby et affronter, sous son maillot des Blues, l’équipe de l’île du Sud qui l’a fait roi : les Crusaders de Christchurch. Franchement ? Convenez que ce serait merveilleux pour un homme que l’on avait un temps cru perdu pour le rugby, soit à l’époque où il était annoncé comme possible remplaçant de Pat Lambie au Racing. Une fois le transfert échoué, le patron du Racing, Jacky Lorenzetti, avait alors confié au Parisien : « Quand nous avons découvert ses radios des cervicales, on s’est dit que ce retour n’était pas possible. Le moment de surprise passé, il nous a remerciés et s’est fait opérer. Aujourd’hui, je crois qu’il peut nous dire un grand merci. Parce que, sans dévoiler le secret médical, il aurait pu être paralysé à la première action. C’était très très chaud. »

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