Saulnier : « Remonter en Fédérale 1 en étant deux fois champions »

  • Alors qu'il ambitionnait le Pro D2, le Stade Nantais a été rétrogradé administrativement en Fédérale 3
    Alors qu'il ambitionnait le Pro D2, le Stade Nantais a été rétrogradé administrativement en Fédérale 3 Stade Nantais / Stade Nantais
Publié le / Mis à jour le

Malgré la rétrogradation en Fédérale 3, le président du Stade Nantais, Philippe Saulnier, entend conserver la structure professionnelle fraîchement montée et poursuivre la restructuration de son club, pour reprendre son projet où il a - temporairement - dû être abandonné. Sans aucune langue de bois...

La rétrogradation en Fédérale 3 est donc officielle depuis le 3 juillet…

...et c’est une immense déception. On espérait que le fait qu’un nouvel investisseur arrive puisse changer la donne par rapport aux erreurs qui avaient été commises sous la mandature précédente mais ça n’a pas été le cas… Il faut maintenant l’accepter et se relever. L’objectif, à court terme, il est clair et il consiste à restructurer le club rapidement, en remontant au plus vite en Fédérale 2, puis en Fédérale 1, et reprendre le projet là où nous l’avions laissé, c’est-à-dire préparer le club à la division Nationale, et bien sûr au Pro D2. Le constat étant que Nantes se situe dans une agglomération de 600 000 habitants qui a pleinement la capacité de supporter financièrement cet objectif.

Pour sauver le club, vous aviez entrepris de monter une SAS. Conserverez-vous cette structure professionnelle malgré la rétrogradation ?

J’ai effectivement créé, avec trois associés, une SAS dont je suis l’actionnaire majoritaire, avec un capital de 600 000 €. Cette structure, oui, nous allons la conserver. Nous serons la seule équipe de Fédérale 3 à avoir cette organisation c’est bien le signe de notre ambition. Laquelle ne se borne pas à retrouver au plus vite la Fédérale 1… Le contrat que j’ai passé avec les joueurs, c’est de remporter au passage des titres, à savoir celui de Fédérale 3 dès cette saison, puis celui de Fédérale 2 la saison suivante. Ce sera notre objectif.

Quel sera votre budget pour cela ?

Il sera d’un million d’euros la saison prochaine. En termes de formation, on doit avoir des réunions avec la FFR car la quasi-totalité de nos équipes de jeunes évolue au meilleur niveau français et on veut les y maintenir. Et au niveau de l’équipe première, nous allons fusionner nos espoirs avec les joueurs de l’ancienne structure pro, afin de constituer un effectif de soixante joueurs le plus homogène possible. On ne veut pas non plus que les joueurs qui évoluaient en espoirs la saison dernière se sentent lésés par la situation…

Quid du staff, où l’on annonçait Vincent Etcheto en cas de maintien en Fédérale 1 ?

Il n’était évidemment pas possible de conserver en Fédérale 3 quelqu’un comme Vincent Etcheto qui semble d’ailleurs très proche d’un engagement par ailleurs mais ce n’est pas à moi de m’exprimer sur le sujet. Les bonnes relations que nous avons tissées avec lui font qu’il restera disponible pour nous donner un coup de main à distance mais c’est tout. J’ai toute confiance en le staff actuel qui sera d’un très bon niveau pour la Fédérale 3, avec Bertrand Guilloux qui s’occupera des lignes arrière, Romain Frou qui coachera les avants, Alexis Pageault qui chapeautera le secteur performance et Yann Rimbault qui sera notre manager. On va également se faire aider par la FFR qui va exceptionnellement nous mettre à disposition Tangy Kerdrain, un CTC, pour maintenir un niveau d’entraînement le plus élevé possible.

À opposer des professionnels à des amateurs, le Stade nantais ne sera-t-il pas taxé de mettre en danger ses adversaires ?

Notre projet de jeu sera fondé sur le mouvement et le déplacement du ballon, il ne s’agira pas d’aller sur le terrain avec l’idée de faire un carnage. Au contraire… D’ailleurs, on a bien conscience que la saison prochaine sera difficile pour nous, avec certains changements de règles auxquels nos joueurs ne sont pas habitués : la poussée limitée en mêlée, les double plaquages interdits, l’absence de juges de touche… Tout ça, il faudra s’y habituer.

Pensez-vous conserver l’ossature de l’équipe ?

Ce que nous sommes en train de négocier avec les joueurs, ce sont des contrats de deux ans pour qu’ils nous ramènent en Fédérale 1. Et paradoxalement, j’ai presque trop de joueurs à l’heure où je vous parle…

Expliquez-vous…

En Fédérale 1, notre budget aurait été de 1,7 million. En Fédérale 3, on doit donc procéder à une coupe de 750 000 €. À ce titre, j’ai vu une première fois les joueurs lundi, en leur disant que s’ils souhaitaient partir, nous étions disposés à les aider. Et au sujet de ceux qui veulent rester, nous allons malheureusement avoir des arbitrages à faire car on ne pourra pas garder tout le monde. Nous avons commencé à travailler là-dessus dans le week-end et on espère régler tout ça dans les jours à venir. Vis-à-vis des joueurs, on veut être le plus honnête possible. C’est aussi pour cela qu’on ne recrutera personne. Avant notre relégation, nous étions en contacts avancés avec un ailier fidjien découvert par Vincent Etcheto aux États-Unis et un jeune ouvreur du Stade français. Mais nous avons tout arrêté.

Comment ces joueurs seront-ils rémunérés ?

Vous faites bien de poser la question ! Le club a été épinglé au sujet des indemnités kilométriques ces dernières saisons… Il y aurait largement moyen de manœuvrer en Fédérale 3 mais on fait le choix de rester dans les clous à ce sujet et même bien en deça. L’objectif à moyen terme est tout simplement de supprimer ces indemnités kilométriques car si on devait rapidement atteindre nos objectifs, on se retrouverait dans une situation problématique. Du coup, on réfléchit à mettre en place un nouveau système de primes de match, afin d’être le plus transparent possible par rapport à ça.

Vous semblez plus déterminé que jamais, pour quelqu’un qui avait clamé qu’il se désengagerait du club si celui-ci n’était pas maintenu en Fédérale 1…

(amusé) Je ne lâche rien ! Pour être honnête, il était convenu avec mes associés que dès lors que nous avions pris la décision de reprendre le club, nous irions jusqu’au bout, quoi qu’il arrive. La prise de position dont vous parlez était publique, j’espérais que cela contribuerait à mettre un peu de pression à la FFR… Mais bon, celle-ci nous a un peu baladés, sachant qu’ils avaient pris la décision de nous rétrograder depuis le début.

Reprochez-vous à la FFR de vous avoir laissé des espoirs qui n’existaient pas ?

Je ne reproche rien, j’ai juste un peu d’amertume… Je vous rappelle que je suis entré dans le système au mois de mars, lorsque le Stade nantais a lancé une souscription dans le but officiel, à l’époque, d’aider le club à prétendre au Pro D2. Puis le coronavirus est arrivé et je me suis retrouvé seul à avoir souscrit… (sourire) Là, on a découvert une situation financière terrible : les comptes de l’association étaient catastrophiques, avec des fonds propres négatifs… J’ai demandé un audit, qui a été réalisé mais dont je n’ai toujours pas les résultats. Je crains de ne jamais les recevoir, d’ailleurs… Pire, on a découvert à ce moment-là que le club était déjà en appel au CNOSF. J’ai bien essayé de prendre la main mais dans ce contexte, tout était déjà allé trop loin.

C’est là que vous êtes entré directement en contact avec la Fédération…

Tout le monde nous disait que nous ne gagerions rien en allant au Tribunal arbitral du sport, c’est pourquoi j’ai effectivement fait en sorte de me rapprocher directement de la FFR… C’est là qu’on m’a laissé entendre qu’il y avait peut-être un espoir ! J’ai travaillé sur notre projet pendant deux mois, j’ai même obtenu des petits trucs, avec un astérisque au-dessus du nom de notre club dans la promulgation des premières poules, en Fédérale 3 puis en Fédérale 1… ça laissait espérer. Et le 3 juillet, boum, le couperet est tombé. Cela a été dur à admettre mais il faut bien tourner la page. Désormais, nous sommes tournés vers l’avenir.

Voir les commentaires
Réagir