Revue de l'élite - Baille, premier de cordée

  • Cyril Baille.
    Cyril Baille. Icon Sport / Icon Sport
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Le pilier toulousain s’est imposé comme titulaire à gauche chez les Bleus. Avec Toulouse, il a plus été utilisé en Coupe d’Europe qu’en championnat, un vrai rythme de "taulier" de niveau international.

À ce poste si particulier, les hiérarchies ne sont pas aisées à déterminer. Il y a les droitiers, les gauchers, ceux qui sortent tôt, ceux qui font les 80 minutes. Ceux qui touchent beaucoup le ballon, ceux qui se contentent du travail obscur. Il faut aussi tenir compte des internationaux patentés économisés par leur club. Au gré de nos recherches, on a longtemps hésité entre trois hommes, un leader du Top 14 Vadim Cobilas (UBB), un… dernier du Top 14, Paul Alo-émile (Stade français), et un classé au milieu, au septième rang, le Toulousain Clément Castets, vraie révélation de la saison. Mais pour la première place, on a finalement voté pour celui qui est devenu un taulier en équipe de France, Cyril Baille. C’est vrai, le "gaucher" du Stade toulousain n’a pas joué beaucoup en Top 14, il n’a fait que deux matchs (face à Clermont et face à Toulon). Une misère pour un premier au classement de Midi Olympique, on en convient. (Chez les demis de mêlée, Antoine Dupont a aussi été couronné avec peu de présence en championnat). Mais Baille a vécu cinq matchs de Champions Cup (dont quatre titularisations). Sur ces sept matchs avec Toulouse, il n’a pas une seule fois connu la défaite. Ça doit bien vouloir dire quelque chose. Et à la réflexion, son invincibilité va plus loin encore, jusque sur la scène internationale.

Car Cyril Baille s’est installé à la gauche de la première ligne tricolore pour débuter les trois premiers matchs du Tournoi, tous gagnés et comme par hasard, il était forfait pour le déplacement malheureux en écosse à cause d’une luxation de l’épaule. Ses statistiques sont éloquentes : zéro défaite (neuf victoires et un match nul) depuis son retour du Mondial. Chez les Bleus, il a relégué Jefferson Poirot, qui venait de frôler le capitanat, sur le banc, une vraie performance car le pilier de l’UBB avait lui aussi creusé son sillon en sélection. La première place de Cyril Baille vient aussi récompenser sa dernière ligne droite de l’été 2019. Qui se souvient qu’il n’était pas dans le groupe initial et qu’il ne s’est retrouvé dans le groupe qu’après le forfait d’étienne Falgoux qui était lui-même censé être réserviste. Ça signifie que Baille a quand même remonté deux places pour prendre l’avion pour le Japon au détriment du Rochelais Dany Priso. Baille a fait la Coupe du monde avec le statut officiel de doublure de Jefferson Poirot. Il a donc participé aux quatre rendez-vous des Bleus, jusqu’au quart perdu de justesse face aux Gallois. Il a eu le plaisir de débuter face aux états-Unis.

Un retour en grâce

Il faut aussi se souvenir que Cyril Baille n’a pas été épargné par les coups du sort car il a subi une méchante rupture du tendon rotulien en avril 2017, le genre de pathologie qui peut peser lourdement sur une carrière. Il mit huit mois à s’en remettre, puis en août 2018, il s’est opéré des ischio-jambiers, nouveau coup dur. Sa carrière fut donc mis en parenthèse durant presque deux ans. Il n’en a visiblement gardé aucune séquelle. Après le titre toulousain de 2019, on se disait bien qu’il finirait par retrouver les étoiles, tant son bagage est complet, fruit de l’école toulousaine qui a fourni tant de joueurs de première ligne de talent ces dernières années : les Mauvaka, Marchand, Baille, Aldegheri, tous internationaux. On peut y ajouter Castets, convoqué dans le groupe élargi de Fabien Galthié l’hiver dernier. Il devrait décrocher ses premières capes sous peu, peut-être en doublure de Cyril Baille désormais parmi les vraies têtes d’affiche.

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