Saga Clermont - Azéma : « J’avais un peu l’impression de me disperser »

  • Franck Azéma - Manager ASM.
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S’il a subi comme tout le monde les aléas du confinement, il en a également profité pour mûrir une réflexion qui l’a incité à s’éloigner quelque peu du terrain et réorganiser son staff, avec le retour au club de Benson Stanley en tant qu’entraîneur de la défense.

Après une semaine de repos, vous allez enfin rattaquer la préparation à effectif complet, avec votre dernière recrue Kotaro Matsushima. Comment avez-vous vécu ces dernières semaines, avec leurs contraintes ?

C’était très particulier, évidemment. Après, il faut souligner l’excellent travail qui avait été réalisé en amont par nos médecins et nos préparateurs physiques, qui nous ont permis de bien anticiper la reprise. Ils avaient réalisé entre eux un groupe de travail pendant le confinement, qui leur a permis d’organiser une reprise dans de bonnes conditions sanitaires, en respectant les protocoles de la LNR. En outre, le fait de travailler en petits groupes nous a permis d’aller plus loin dans le détail au sujet du travail de prévention.

En termes de management, une fin de saison de la sorte était une grande première, et donc un gros défi… Comment l’avez-vous gérée ?

On a essayé de rester au maximum au contact des joueurs, à qui nous avons forcément laissé beaucoup d’autonomie pour se maintenir en forme. Parallèlement, le président et le club ont tâché de travailler avec énormément de transparence pour gérer à la fois l’urgence sanitaire et le social, avec tout le volet concernant les baisses de salaires. J’insiste sur ce sujet, mais la transparence était importante pour impliquer les joueurs dans la réflexion. On a aussi mis à profit ce temps pour réaliser le meilleur bilan possible de la saison dernière et y apporter des solutions, notamment au travers de l’arrivée de Benson Stanley pour s’occuper de notre défense. Cela nous a laissé le temps de nous projeter sur nos prochains défis, à partir du moment où on a eu un peu plus de visibilité sur la reprise de la saison.

À ce titre, faut-il parler de prise de recul en ce qui vous concerne, par rapport au terrain ?

J’ai toujours eu pour philosophe de déléguer au maximum et de faire confiance à mes collaborateurs. Et puis, il faut rester dans les standards du haut niveau, on voit bien comment toutes les sélections et tous les gros clubs fonctionnent. Aujourd’hui, une équipe de rugby, c’est une cinquantaine de joueurs et un staff d’une vingtaine de personnes à gérer. Disons que l’an dernier, j’avais un peu l’impression de me disperser entre le terrain et le reste. Or, on ne peut pas demander aux joueurs une certaine qualité de travail si on n’est pas soi-même en mesure de donner le meilleur dans son domaine.

Quelle sera la nouvelle organisation du staff ?

Bernard Goutta va s’occuper des avants, de la touche et des zones de ruck, Didier Bès de la mêlée et des lanceurs en touche, Xavier Sadourny de l’attaque et Benson Stanley de la défense. Et en ce qui me concerne, même si je resterai sur le terrain, je prendrai un peu de recul avec l’aspect technique en me souciant davantage des comportements, des attitudes, avec l’idée d’aide les joueurs en leur effectuant plus de retours personnalisés que ces dernières années. En ce moment, tout le monde est un peu en train de chercher sa place, mais on sent aussi une très bonne dynamique.

Pour être honnête, on ne vous imagine pas ne pas mettre votre grain de sel sur le terrain, notamment au niveau des lancements de jeu derrière…

Bien sûr que je garderai un œil sur tout ! Mais j’aurai aussi toute confiance en Xavier Sadourny, qui a toutes les qualités requises pour faire du bon travail. Je pense que ma prise de recul peut et doit amener un peu de pep’s, apporter une vision différente des choses, un vocabulaire différent. Cela ne peut qu’être bénéfique pour les joueurs. 

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