Saga Nevers - Une chute amortie

  • David Lolohea, le solide pilier tonguien, sera un des rares joueurs étrnagers de l’effectif neversois cette saison.
    David Lolohea, le solide pilier tonguien, sera un des rares joueurs étrnagers de l’effectif neversois cette saison. Icon Sport / Manuel Blondeau / Icon Sport
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Sévèrement touché par la crise, Nevers a dû revoir son fonctionnement et sa politique sportive pour aborder la saison qui se présente dans des conditions décentes. On vous explique ici pourquoi...

Le club de Nevers a ceci de particulier que son président, Régis Dumange, représente à lui seul 50 % du budget du club. Patron de l’entreprise Textilot, qui distribue du prêt-à-porter et emploie plus de 6 000 salariés, ce dernier a néanmoins beaucoup souffert de la crise sanitaire et a dû réajuster le budget du club en conséquence. « J’ai lancé un appel à l’aide aux petits partenaires, explique-t-il en préambule. Je leur ai dit que le gros moteur était fatigué, qu’il avait besoin que les autres poussent davantage à ses côtés pour éviter la catastrophe. » Dans la Nièvre, Dumange fut écouté, suivi et, parmi les cent quatre-vingt-dix partenaires dont dispose à ce jour l’Uson, aucun n’a baissé le montant de son sponsoring. « Nous avons malgré tout baissé le budget de 14,7 millions d’euros à 11,6 millions d’euros. Les trois millions manquant par rapport à l’an passé, c’est moi qui ne peux plus les donner. » Afin d’amortir au mieux la crise sanitaire et l’arrêt total des recettes, l’Uson a également dû passer par une baisse des salaires significative. Régis Dumange, encore : « Les joueurs ont été exemplaires. Ils ont quasiment tous accepté de revoir leurs revenus à la baisse sans poser de questions et ça m’a beaucoup touché. » Tous, sans exception ? « J’en compte deux qui ont fait des histoires. Ces mecs n’étaient à Nevers que pour le chèque. Nous nous sommes engueulés, déchirés et, finalement, ils ont quitté le club. Celui-ci ne s’en portera que mieux. »

Baisse des salaires et recrutement modeste (seuls deux joueurs, le Sud-Africain Shaun Reynolds et le Racingman Issam Hamel se sont engagés à l’intersaison) ont pour l’instant permis à Nevers, cinquième du dernier Pro D2, de limiter la casse. Ce n’est pas tout. « J’ai décidé de revoir ma politique de recrutement, enchaîne Régis Dumange. J’ai constaté l’an passé que certains étrangers n’étaient pas du tout concernés par le club. à leur retour du Mondial au Japon, cette attitude m’a d’ailleurs beaucoup agacé. J’ai donc changé de regard. » à tel point qu’au moment de débuter la saison 2020-2021, Nevers ne compte plus que sept joueurs non-Jiff dans son effectif : « J’en aurais moins, je ne serais pas plus malheureux. Nous avons trouvé des jeunes Français, talentueux, déterminés, des mecs qui aiment le club et n’avaient pas beaucoup de temps de jeu jusqu’ici. Je n’oublierai jamais qu’un jour, l’arrière du XV de France, Thomas Ramos, est venu me voir en me disant : « Faites jouer Lucas Blanc (ailier de l’Uson, N.D.L.R.), c’est une machine ! Donnez-lui enfin sa chance, président ! » J’ai décidé d’écouter ce genre discours. » Un « discours » qui, on le jurerait, va aussi dans le sens de l’histoire.

Une dernière saison maudite

Cinquième du dernier championnat, Nevers veut désormais poursuivre sa phase ascendante et accrocher, dès cette saison, la quatrième place et la qualification en demi-finale. Régis Dumange poursuit : « Je regrette que la saison dernière se soit si vite arrêtée. Lors de la phase retour, nous avions gagné sept matchs sur neuf, nous étions en place. En phase finale, on aurait eu notre mot à dire et, surtout, nous aurions pu tirer un trait sur une saison qui ne nous avait fait le moindre cadeau avant le Covid-19. » Comprenez par là qu’en septembre, alors que l’Uson se déplaçait à Montauban pour la 4e journée du championnat, douze joueurs de la Nièvre avaient contracté un staphylocoque doré, contraignant les individus infectés à observer quarante jours de mise à l’écart du groupe. « Nous avons donc connu le confinement avant le confinement, conclut Dumange. Aujourd’hui, j’espère que la roue va tourner et que la saison prochaine, les cieux seront plus cléments avec nous… »

Marc DUZAN
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